Etude linéaire et quiz " Elle était déchaussée", livre I, les Contemplations

Objet d'étude : La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle Victor Hugo, "Les Contemplations", livres I à IV / parcours : Les Mémoires d'une âme. Bac de l'EAF 2023

Mémoires d'une âme

Objet d'étude : La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle

Victor Hugo, "Les Contemplations"

livres I à IV / parcours : Les Mémoires d'une âme.

Bac de l'EAF 2023

Etude linéaire

Elle était déchaussée, livre I, les Contemplations

"Elle était déchaussée, elle était décoiffée", lecture de la poésie, livre I, Aurore, les Contemplations Victor Hugo

Lecture de la poésie

Livre I, Aurore 


Elle était déchaussée, elle était décoiffée, 

Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ; 

Moi qui passais par là, je crus voir une fée, 

Et je lui dis : Veux-tu t’en venir dans les champs ? 



Elle me regarda de ce regard suprême 

Qui reste à la beauté quand nous en triomphons, 

Et je lui dis : Veux-tu, c’est le mois où l’on aime, 

Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ? 



Elle essuya ses pieds à l’herbe de la rive ; 

Elle me regarda pour la seconde fois, 

Et la belle folâtre devint alors pensive. 

Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois ! 

 

Comme l’eau caressait doucement le rivage ! 

Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts, 

La belle fille heureuse, effarée et sauvage, 

Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers. 

Problématique En quoi la rencontre amoureuse est-elle une célébration de la nature ?

Introduction

« Les Contemplations » est un recueil de poésies en date de 1856 de Victor Hugo, chef de file du mouvement romantique. Dans ce recueil, le poète présente les Contemplations comme « Les Mémoires d’une âme » dès sa préface car c’est une autobiographie poétique sous le signe de la mémoire où chaque évènement est l’occasion pour le poète d’associer un mouvement de l’âme (révolte, souvenirs, émerveillement…).

Le recueil est un diptyque, « Autrefois » et « Aujourd’hui », c’est le décès de sa fille Léopoldine en 1843 qui marquera la coupure des Contemplations en deux parties.

« Elle était déchaussée » est une poésie tirée de la première partie des Contemplations « Autrefois », livre premier, « Aurore ».

Elle est constituée de quatre quatrains en alexandrins avec des rimes croisées. Le thème est la rencontre amoureuse

Problématique

En quoi la rencontre amoureuse est-elle une célébration de la nature ?

Plan pour l’étude linéaire

Première partie : les deux premiers quatrains

La rencontre et l’invitation amoureuse du poète à une jeune femme dans un cadre bucolique

Deuxième partie : les deux derniers quatrains

Acceptation de l’invitation par la jeune femme

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Victor hugo

Quiz sur l'étude linéaire "Elle était déchaussée" Contemplations Hugo

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Premier mouvement : La rencontre et l’invitation amoureuse

Premier quatrain

Les ContemplationsLe vers 1 s’ouvre sur le pronom personnel « elle » utilisé à deux reprises. Cela crée un effet d’attente chez le lecteur. Le premier vers « Elle était déchaussée, elle était décoiffée » est un parallélisme avec une structure lexicale identique « déchaussée », « décoiffée » avec un préfixe en « dé » qui signifie « qui enlève ». C’est un alexandrin avec une coupure à l’hémistiche. Les deux premiers vers évoquent le portrait d’une femme. La description se poursuit au vers 2 « Assise pies nus, parmi les joncs penchants ». La jeune femme est en harmonie avec la nature, l’élément végétal renforce l’image positive du tableau et l’effet d’attente du lecteur.

Au vers 3, le pronom « je » après la césure indique la présence d’un narrateur, il s’agit du poète, le lecteur le sait après la lecture de la préface dans laquelle Hugo dévoile le caractère autobiographique du recueil. On retrouve les caractéristiques du poème lyrique avec la présence de marques de la subjectivité « je », « moi » et la ponctuation excessive. Le poète se promène dans la campagne. Le lecteur découvre cette scène par les yeux du promeneur.

La jeune femme est perçue comme une créature merveilleuse, surnaturelle, « une fée » assimilant ainsi la poésie au conte et ses temps du récit, l’imparfait « passais » et le passé simple « je crus’.

Le premier quatrain se termine sur une question du poète adressée à la jeune femme « Et je lui dis = veux-tu t’en venir dans les champs ? » Cette interrogation trahit le souhait, le désir du poète ainsi que le suggère l’allitération en « V », « Veux-tu », « venir ».  L’effet d’attente se poursuit encore chez le lecteur à la fin du premier quatrain. La nature est en harmonie avec les pensées du poète, écho entre la nature et le désir du poète comme confirme la question. On retrouve ainsi les caractéristiques du poème lyrique.

Deuxième quatrain 

« Elle me regarda de ce regard suprême », le premier vers du second quatrain s’ouvre sur une polyptote (répétition d’un mot sous des formes différentes). Le sublime regard de la jeune fille est une réponse à la question du poète. Sa splendeur semble se confondre avec celle de la nature jusqu’à sa beauté « qui reste à la beauté quand nous en triomphons », l’inexprimable beauté de la nature et la splendeur de son regard s’accordent, se répondent, se correspondent.

L’anaphore « veux-tu » répétée à deux reprises dans les vers 7 et 8 permet au poète de poser à nouveau la question :

« Veux-tu, c’est le mois où l’on aime,

Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ? »

Une question qui est en fait une invitation renouvelée évoquant ainsi la persistance de son désir et son insistance pour obtenir un moment d’intimité avec cette jeune femme. Cette dernière sort de son immobilité.

Deuxième mouvement = Acceptation de l’invitation par la jeune femme

Troisième quatrain

Les ContemplationsEn effet, l’osmose de la jeune femme avec la nature se traduit dès les vers 9, « Elle essuya ses pieds à l’herbe de la rive ; «  elle s’anime et s’apprête à répondre au poète. Le lecteur est toujours dans l’attente de sa réponse.

Puis, elle redevient immobile se contentant de regarder et de penser, vers 10 et 11,

« Elle me regarda pour la seconde fois,

Et la belle folâtre alors devint pensive ».

Nous pouvons souligner l’importance du thème du regard déjà présent au vers 5. La jeune femme charme le poète par son accord parfait avec la nature qu’elle célèbre tant par ses mouvements que par son immobilité. Ses gestes traduisent en effet sa relation d’harmonie et sa proximité avec la nature. La tournure exclamative du vers 12 « Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois ! » insiste encore sur l’idée d’harmonie, d’osmose et de célébration par cette femme fascinante, cette « fée » obsédante pour le poète.

Le champ lexical de la nature « oiseaux », « chantaient », « fond des bois » reflète le havre de paix tant recherché par les poètes romantiques. L’imparfait du verbe « chantaient » traduit l’éternité de cet instant magique, de cette célébration de la nature.

Quatrième quatrain

Au vers 13, les « bois » et  le chant des oiseaux laissent place à l’eau, la jeune femme vient au poète ruisselante comme l’eau de la rivière : « Comme l’eau caressait doucement le rivage ». Cette nouvelle osmose avec la nature personnifiée, sacralisée se traduit dans la tournure exclamative et l’anaphore en « comme » des vers 12 et 13.

« Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts » : le lecteur comprend enfin que la jeune femme accepte l’invitation du poète ainsi que le suggère le vers 14 mis en avant par le complément circonstanciel de lieu « dans les grands roseaux » associant encore la femme à son milieu naturel, à la pureté de la nature tant recherchée par les poètes romantiques. 

Les vœux du poète sont exaucés ainsi que le suggère l’allitération en « V » et en « T » du vers « Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts ». Les deux derniers vers mettent en lumière le bonheur à venir du poète et de la jeune femme. La nature est propre à l’épanouissement des sens, à l’amour.  Elle s’approche et ce premier contact avec le poète se traduit par l’énumération en rythme ternaire « La belle jeune fille heureuse, effarée et sauvage ». Belle, sauvage, riante et sensuelle, elle s’approche « ses cheveux dans ses yeux et riant au travers ».

Conclusion

Ainsi, cette rencontre amoureuse est bien une célébration de la nature. Cette thématique est récurrente chez les romantiques et en particulier dans « Aurore » des Contemplations, première partie sacrée aux souvenirs heureux. C’est un poème romantique registre lyrique. 

Ouverture

La nature est le théâtre de la rencontre amoureuse, on retrouve également ce  thème dans « La Coccinelle », livre premier des Contemplations.

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Date de dernière mise à jour : 21/09/2022

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