Mme du Châtelet, les ressources pédagogiques pour le bac de français, commentaire littéraire, Discours sur le bonheur, biographie

Inconnu portrait de madame du chatelet a sa table de travail detail chateau de breteuil 001

Petite biographie 



Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet, communément appelée Émilie du Châtelet, née à Paris le 17 décembre 1706 et morte à Lunéville le 10 septembre 1749, est une mathématicienne et physicienne.

Elle est aussi restée célèbre pour être l'auteur de la traduction française des Principia Mathematica de Newton qui fait toujours autorité aujourd'hui, et également pour avoir été la maitresse de Voltaire.



Institutions de Physique, Paris, 1740, in-8°
Analyse de la philosophie de Leibniz, 1740
Réponse à la lettre de Mairan sur la question des forces vives, Bruxelles, 1741, in-8°
Dissertation sur la nature et la propagation du feu, Paris, 1744, in-8°
Trad. des Principes de Newton, publiée par Clairaut, 1756, avec son éloge par Voltaire.
Principes mathématiques de la philosophie naturelle traduction de Newton, Paris, 1766, vol. 1, vol. 2
Discours sur le bonheur, 1779
Doutes sur les religions révélées, adressés à Voltaire (Paris, 1792, in-8°)
Opuscules philosophiques et littéraires, 1796
De l’Existence de Dieu, (imprimé à la suite de l’édition de ses lettres de 1806, chez N. Xhrouet) et un certain nombre de lettres inédites au comte d’Argental, Paris, 1782 ; Paris, 1806, in-12 ; Paris, 1818, in-8, éditées par Eugène Asse, Paris, 1878, in 12.

Etude litteraire

 

Discours sur le Bonheur

Il faut, pour être heureux, s'être défait des préjugés, être vertueux, se bien porter, avoir des goûts & des passions, être susceptible d'illusions, car nous devons la plupart de nos plaisirs à l'illusion, & malheureux est celui qui la perd. Loin donc de chercher à la faire disparaître par le flambeau de la raison, tâchons d'épaissir le vernis qu'elle met sur la plupart des objets; il leur est encore plus nécessaire que ne le sont à nos corps les soins & la parure.

Il faut commencer par se bien dire à soi-même & par se bien convaincre que nous n'avons rien à faire dans ce monde qu'à nous y procurer des sensations & des sentiments agréables. Les moralistes qui disent aux hommes: réprimez vos passions, & maîtrisez vos désirs, si vous voulez être heureux, ne connoissent pas le chemin du bonheur. On n'est heureux que par des goûts & des passions satisfaites; [je dis des goûts], parce qu'on n'est pas toujours assez heureux pour avoir des passions, & qu'au défaut des passions, il faut bien se contenter des goûts. Ce seroit donc des passions qu'il faudroit demander à! Dieu, si on osoit lui demander quelque chose; & Le Nôtre avoit grande raison de demander au pape des tentations au lieu d'indulgences.

Mais, me dira-t-on, les passions ne font-elles pas plus de malheureux que d'heureux? Je n'ai! pas la balance nécessaire pour peser en général le bien & le mal qu'elles ont faits aux hommes; mais il faut remarquer que les malheureux sont connus parce qu'ils ont besoin des autres, qu'ils aiment à raconter leurs malheurs, qu'ils y cherchent des remèdes & du soulagement. Les gens heureux ne cherchent rien, & ne vont point avertir les autres de leur bonheur; les malheureux sont intéressants, les gens heureux sont inconnus.

Voilà pourquoi lorsque deux amants sont raccommodes, lorsque leur jalousie est finie, lorsque les obstacles qui les séparoient sont surmontés, ils ne sont plus propres au théâtre; la pièce est finie pour les spectateurs, & la scène de Renaud à d'Armide n'intéresseroit pas autant qu'elle fait, si le spectateur ne s'attendoit pas que l'amour de Renaud est l'effet d'un enchantement qui doit se dissiper, & que la passion qu'Armide fait voir dans cette scène rendra son malheur plus intéressant. Ce sont les mêmes ressorts qui agissent sur notre ame pour l'émouvoir aux représentations théâtrales & dans les événements de la vie. On connoît donc bien plus l'amour par les malheurs qu'il cause, que par le bonheur souvent obscur qu'il répand sur la vie des hommes. Mais supposons pour un moment, que les passions fassent plus de malheureux que d'heureux, je dis qu'elles seraient encore à désirer, parce que c'est la condition sans laquelle on ne peut avoir de grands plaisirs; or, ce n'est la peine de vivre que pour avoir des sensations & des sentiments agréables; & plus les sentiments agréables sont vifs, plus on est heureux. Il est donc à désirer d'être susceptible de passions, à je le répète encore: n'en a pas qui veut.

C'est à nous à les faire servir à notre bonheur, & cela dépend souvent de nous.

Problématiques possibles:

En quoi ce discours fait-il l'apologie des passions?

En quoi reflète t'-il l'idéal des lumières?

Plan de l'étude :

I - Apologie des passions 

L'argumentation

L'énonciation et l'adhésion de l'auteur

A qui s'adresse Mme du Chatelet? 

II. L'idéal des lumières et le discours sur le bonheur

Se libérer par l'esprit

Se libérer de la religion et des stéréotypes moralistes

la  philosophie de L’épicurisme

Consulter le commentaire littéraire 

 

 

Les fiches auteurs

 

Date de dernière mise à jour : 25/02/2021

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