HLP 2024. Le logos et cité. L'homme un animal politique? cité/Logos La Politique, Aristote- La parole en démocratie- Rhétorique/ logos Gorgias Platon.

Humanités, littérature, philosophie, nouveau programme bac 2024 Semestre 1 de 1ère : Les pouvoirs de la parole-

Platon

Les pouvoirs de la parole

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Ressources académiques, HLP = problématisation, séquences

 La théorie platonicienne de la parole dans Phèdre   - Parcours HLP de l'académie de Nancy   -  Problématisation et documents numériques, académie de Bordeaux

Problématisation sur les pouvoirs de la parole, académie de Strasbourg   -  Académie de Lille, ressources les pouvoirs de la parole et les représentations du monde  

Propositions de séquences élaborées par des professeurs de philosophie et de Lettres de l’académie de Versailles 

Philosophie et poésie d’hier à aujourd’hui    -   -Entre Ulysse et Shéhérazade : la parole et le pouvoir

Accords et désaccords : à quelle condition la parole peut-elle créer du lien ? 

Quelle valeur accorder à la parole qui séduit ?   -   - L’exercice de la parole en démocratie

Propositions de séquences élaborées par les professeurs de l’académie de Dijon

- Projet 1
Un premier axe de travail : comment la parole est constitutive d’une identite?. The?me aborde? : l’autorite? de la parole
Un deuxie?me axe de travail : comment les formes essentielles de la parole (chant, rhe?torique, dialogue) correspondent au conflit entre se?duction et re?flexion, entre de?sir et raison.
The?mes aborde?s : l’art de la parole, les se?ductions de la parole

- Projet 2
Proposition d’entrée dans le thème des "pouvoirs de la parole " par une réflexion en deux temps : d’abord sur l’amour, puis sur la justice.

Logos et Cité. Aristote - L'homme, un animal politique

L’homme est un animal politique / peut-on être homme sans être citoyen / la politique est-elle naturelle à l’homme ou est-ce une construction artificielle 
 

L'homme est-il un animal politique ?

"Et la communauté achevée formée de plusieurs villages est une cité dès alors qu'elle a atteint le niveau de l’autarcie pour ainsi dire complète ; s’étant donc constituée pour permettre de vivre, elle permet, une fois qu'elle existe, de mener une vie heureuse. Voilà pourquoi toute cité est naturelle : c’est parce que les communautés antérieures dont elle procède le sont aussi. Car elle est leur fin, et la nature est fin : ce que chaque chose, en effet, est une fois que sa genèse est complètement achevée, c’est cela que nous disons être la nature de cette chose, par exemple la nature d’un homme, d’un cheval, d’une famille.
De plus le ce en vue de quoi, c'est-à-dire la fin, c'est le meilleur, et l'autarcie est à la fois une fin et quelque chose d'excellent. Il est manifeste, à partir de cela, que la cité fait partie des choses naturelles, et que l'homme est par nature un animal politique, et que celui qui est hors cité, naturellement bien sûr et non par le hasard des circonstances, est soit un être dégradé soit un être surhumain, et il est comme celui qui est injurié en ces termes par Homère : « sans lignage, sans loi, sans foyer ».
Car un tel homme est du même coup naturellement passionné de guerre, étant comme un pion isolé au jeu de trictrac. C'est pourquoi il est évident que l'homme est un animal politique plus que n’importe quelle abeille et que n'importe quel animal grégaire. Car, comme nous le disons, la nature ne fait rien en vain ; or seul parmi les animaux l'homme a un langage. Certes la voix est le signe du douloureux et de l'agréable, aussi la rencontre-t-on chez les animaux ; leur nature, en effet, est parvenue jusqu'au point d'éprouver la sensation du douloureux et de l'agréable et de se les signifier mutuellement. Mais le langage existe en vue de manifester l'avantageux et le nuisible, et par suite aussi le juste et l'injuste. Il n'y a en effet qu'une chose qui soit propre aux hommes par rapport aux autres animaux : le fait que seuls ils aient la perception du bien, du mal, du juste, de l'injuste et des autres notions de ce genre. Or, avoir de telles notions en commun, c'est ce qui fait une famille et une cité.
De plus, une cité est par nature antérieure à une famille et à chacun de nous. Le tout, en effet, est nécessairement antérieur à la partie, car le corps une fois détruit, il n'y a plus ni pied ni main. [...]. S'il est vrai, en effet, que chacun pris séparément n'est pas autosuffisant, il sera dans la même situation que les autres parties vis-à-vis du tout, alors que celui qui n'est pas capable d'appartenir à une communauté ou qui n'en a pas besoin parce qu'il se suffit à lui-même n'est en rien une partie d'une cité, si bien que c'est soit une bête soit un dieu."

Aristote, Les Politiques, I, 2, 1252 a-1253 a, Flammarion, GF, tr. Pellegrin, 1990, pp. 87, 89, 90-92.

L'homme est un animal politique 

La finalité de la parole est politique. Parole et existence politique sont le propre de l’homme.

La parole permet de débattre des valeurs  de la communauté, ce qui est le but de l’activité politique.

La parole est d’essence politique et la politique requiert par nature le langage. La parole est publique et le lieu de l’ordonnancement de la parole = espace politique dans lequel chacune s’échange sur l’utile, le juste et le bien.

Aristote est le premier philosophe à réfléchir sur ce qu’est la citoyenneté.

La sociabilité n’est pas seulement un attribut de l’homme mais son essence.

gage existe en vue de manifester l’avantageux et le nuisible, et par la suite le juste et l’injuste?».

Fondé sur la raison, le langage humain permet à l’homme de se donner les valeurs, des lois et des règles de vie pour s’orienter en actions.

Lois + règles = justice.

La justice permet aux hommes de construire les communautés (familles, villages… )

Justice = droit+Lois+ l’ensemble des institutions qui organisent la cité + les qualités morales à faire le bien et le juste.

Homme = animal politique. Il est au principe même de l’action politique car il a le langage lui permettant de se donner les buts pour réaliser une vie heureuse commune avec les autres hommes.

La cité est «?une communauté achevée?», c’est-à-dire, l’organisation sociale la plus aboutie, elle permet la vie en autarcie visant la finalité suprême : la vie heureuse, une vie selon la justice. 

«?Toute cité est naturelle puisque les communautés antérieures dont elle procède le sont aussi?» : par opposition aux sophistes pour qui les institutions qui font la cité ne sont que des conventions humaines, selon Aristote, la cité est  naturelle. 

«?Il est manifeste à partir de cela que la cité fait partie des choses naturelles et que l’homme est un animal politique et que celui qui est hors cité naturellement bien sûr et non par le hasard des circonstances est soit un être dégradé, soit un être surhumain?»

L’homme est par nature un animal politique. Il a la capacité de vivre selon les institutions, il peut réaliser pleinement son humanité. L’homme vivant hors d’une cité est un sauvage ou un Dieu. Il se distingue donc de l’animal pour se réaliser en tant qu’homme en cité épanouie dans son humanité.

L’activité politique qui réalise les conditions de possibilité de la vie heureuse est donc le propre de l’homme.

Par opposition

  -  à Freud

: Nature insociable de l’homme. La vie civile pour Freud suppose des frustrations, des refoulements, des pulsions : elle n’est pas  naturelle à l’homme

  -  Rousseau

= la sociabilité n’est pas naturelle à l’homme.  L’association ne vient pas d’un mouvement naturel mais d’un artifice permettant à l’homme de résoudre le problème de leur survie.

Thèse conventionnaliste : Rousseau + Hobbes

Hobbes :

L’homme n’est pas politique, il le devient

«?L’homme est un loup pour l’homme «? : conflit : «?guerre de tous contre tous?» : jalousie, crimes, rapports de force : état de nature.

Il faut donc imposer un pouvoir artificiellement, pouvoir appartenant à un seul homme, un souverain obligeant les hommes à se dessaisir de leur puissance naturelle. Dans ce cas une vie politique est possible. 

= L’homme par nature n’est pas citoyen. La politique est donc une construction artificielle à imposer aux hommes naturellement asociaux. 

 

Texte de Platon : le mythe de Prométhée dans le Protagoras

Le mythe de prométhée

Protagoras de Platon, 320, 321c

" Le jour fixé par le destin pour que l'homme sorte de la terre et paraisse à la lumière étant venu, Prométhée voit tous les autres vivants bien pourvus à tous égards, et l'homme nu, sans chaussures, sans vêtements, sans armes. Ne sachant trop que trouver pour assurer la sauvegarde de l'homme, il vole à Héphaïstos et Athéna l'habilité technique ainsi que le feu, car sans feu, impossible d'acquérir ni d'user de cette habilité, et c'est ainsi qu'il en fait don à l'homme. L'homme acquit ainsi l'art qui permet de vivre, mais non pas l'art politique. Car celui-ci était chez Zeus, et Prométhée n'avait plus le temps de pénétrer dans l'acropole où Zeus demeure, et dont au surplus les gardes étaient redoutables. Mais il pénètre sans être vu dans l'atelier où Héphaïstos et Athéna s'adonnent ensemble à leur amour de l'art, et après avoir volé l'art du feu au premier et le reste de l'art à la seconde, il en fait don à l'homme, qui en tire la commodité de la vie... Ayant part au lot divin, d'abord l'homme fut le seul vivant à croire aux dieux, et il se mit à leur dresser des autels et des statues ; ensuite il ne tarda pas à articuler ingénieusement sa voix et les vocables, et il inventa maisons, vêtements, chaussures, lits et la nourriture qu'on tire du sol. Ainsi pourvus, ils commencèrent par vivre dispersés et les cités n'existaient pas ; aussi étaient-ils détruits par les bêtes sauvages, en face desquelles ils étaient partout en état d'infériorité leur technique artisanale, suffisante pour assurer leur subsistance, ne leur donnait pas le moyen de faire la guerre aux animaux. C'est qu'ils ne possédaient pas encore l'art politique, dont fait partie l'art de la guerre. Aussi cherchaient-ils à se rassembler et à se mettre en sûreté en fondant des cités; mais à peine assemblés, faute de posséder l'art politique, ils se livraient entre eux aux injustices, de sorte qu'ils recommençaient à se disperser et à périr. Craignant une disparition totale de notre espèce, Zeus envoie Hermès porter aux hommes le sentiment du respect et du droit, pour qu'ils soient " les parures des cités et les liens qui unissent d'amitié ". Hermès demande à Zeus comment il doit procéder à ce don : " dois-je les répartir comme l'ont été les autres arts : un homme de l'art médical suffit pour nombre de profanes, et ainsi des autres arts ? Faut-il installer ainsi les sentiments du respect et du droit chez les hommes, ou bien les répartir entre tous ? " - " Entre tous, répondit Zeus, et que chacun y ait part ; car il n'y aurait pas de cités si seule une minorité y avait part, comme c'est le cas pour les autres arts ; et décrète en mon nom cette loi : tout homme incapable d'avoir part au respect et au droit sera mis à mort comme un fléau pour la cité ". Voilà comment et pourquoi, Socrate, les Athéniens entre autres, quand il s'agit de technique de construction ou d'une autre technique artisanale, n'accordent qu'à peu de gens le droit de donner leur avis et ne tolèrent le conseil d'aucun autre hormis ceux-là, comme tu dis ; et pour de bonnes raisons, à mon sens. Mais quand on en vient à une consultation qui met en cause la valeur politique, consultation qui relève uniquement de la justice et de la sagesse pratique, ils ont raison d'admettre tout le monde, avec l'idée qu'à cette valeur du moins, il convient que quiconque participe, faute de quoi il n'y a pas d'Etat. "

l'homme de la technique, désigné comme "prométhéen".

En philosophie, le mythe de Prométhée est admis comme métaphore de l'apport de la connaissance aux hommes.
Chez Platon : le sophiste Protagoras en fait le récit dans son dialogue avec Socrate pour défendre l'idée que la vertu peut s'enseigner

la technique sans la sagesse représente un pouvoir extrêmement dangereux 

  • la technique?
  • —> Une adaptation à la nature
  • utilité et efficacité ==> outil = prolongement de nos facultés naturelles =  évolution dans la démarche naturelle

 

La technique est humaine, elle fait partie de l'essence de l'homme et lui permet de survivre =" l'homme est en continuité avec la vie par la technique" Ganguilhem
La technique est surhumaine parce qu'elle provient des dieux

Mais la technique peut-être dangereuse si elle est mal utilisée = Excès du technique sur le politique, usage incontrôlé

Cf. Aristote, Les Parties des animaux : la main, outil polyvalent; l'outil prolonge l'organe.

Ce n’est pas parce qu’il a des mains que l’homme est le plus  intelligent des êtres, mais parce qu’il est le plus intelligent des êtres qu’il a des mains. En effet, l’être le plus intelligent est celui qui est capable de bien utiliser le plus grand nombre d’outils : or, la main semble bien être non pas  un outil, mais plusieurs. Car elle est pour ainsi dire un outil qui tient lieu des autres. C’est donc à l’être capable d’acquérir le plus grand nombre de techniques  que la nature a donné de loin l’outil le plus utile, la main. Aussi ceux qui disent  que l’homme n’est pas bien constitué et qu’il est le moins bien partagé des animaux (parce que dit-on, il est sans chaussures, il est nu et n’a pas d’armes pour combattre) sont dans l’erreur. Car les autres animaux n’ont chacun qu’un seul moyen de défense et il ne leur est pas possible de le changer pour un autre, mais ils sont forcés, pour ainsi dire, de garder leurs chaussures pour dormir  et pour faire n’importe quoi d’autre, et ne doivent jamais déposer l’armure qu’ils ont autour de leur corps ni changer l’arme qu’ils ont reçue en partage. L’homme au contraire, possède de nombreux moyens de défense, et il lui est toujours loisible d’en changer et même d’avoir l’arme qu’il veut quand il veut. Car la main devient griffe, serre, corne ou lance ou épée ou toute autre arme ou outil. Elle peut être tout cela, parce qu’elle est capable de tout saisir et de tout tenir.

Aristote, Les parties des animaux

Thème : les techniques

Thèse : les mains sont le meilleur outil de l’Homme, “c’est parce qu’il est le plus intelligent qu’il a des mains”

Plan :

1- définition de l’intelligence

2- animaux et leurs limites

3- L'homme fabrique de manière illimitée

Nouvelle définition de main : elle incarne l’intelligence humaine, actualisation de la puissance, capacité humaine,

L’intelligence s’actualise dans les mains, l'homme s’empare du monde par les mains

puissance —> acte

intelligence —> mains

—> plus intelligent = utiliser plus d’outils

mains (outil technique par excellence) : les mains fabriquent tous les outils

la technique dépasse l’inconvénient de l’Homme à ne pas avoir de qualités : les animaux sont forcés, déterminés, l’Homme peut inventer, créer avec ses mains

intelligence= liberté

l’intelligence c’est la main, elle est capable d’être un outil matériel et intellectuel

—> l’intelligence est dans la main .Elle est l’actualisation de l’intelligence

 

 

 

Comment s’exerce le pouvoir de la parole dans les principaux lieux de la parole ?

 

Prolongement - Le compte-rendu d’audience comme défi littéraire, comment raconter l’expérience de la parole dans une enceinte judiciaire ?

Manipulation de la parole. Le savoir-faire-rhétorique, la parole démagoqique et la démocratie, le Gorgias de Platon

Pour Platon, dans le Gorgias, le savoir-faire rhétorique est une partie de la flatterie et une contrefaçon de l’art politique. 

La rhétorique est un simulacre d’une espèce de l’art politique; la rhétorique est cette partie de la flatterie qui contrefait la politique, elle est cette espèce d’imitation.

Platon

Autorité,séductions de la parole = HLP . La Fontaine"Le Corbeau et le renard" et le Gorgias de Platon. Le Phèdre, bien penser pour bien parler 

l’art de bien dire pour arriver à ses fins- Humanités, littérature, philosophie, nouveau programme bac. HLP 2021 Semestre 1 1ère : pouvoirs de la parole-LE CORBEAU ET LE RENARD-persuasion, la flatterie. Arguments, mensonges, sophistique- La rhétorique, le Gorgias- le Phèdre  -  Faut-il bien penser pour bien parler

Lien entre Parole et pouvoir La Fontaine, le Pouvoir des fables

 

La fontaine

Commentaire littéraire, le Pouvoir des fables, VIII, 4. A l'ambassadeur de Louis XIV et d'Angleterre. EAF 

Commentaire littéraire, le Pouvoir des fables, VIII, 4. A l'ambassadeur de Louis XIV et d'Angleterre. EAF 2020-commentaires linéaires, le Rat et l'huître, les deux coqs, Les obsèques de la lionne, Livres VII et VIII des Fables de La Fontaine-Littérature d'idées, bac de français 


 

Date de dernière mise à jour : 01/08/2023

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