Commentaires littéraire et linéaire du prologue de Gargantua Rabelais. Est-il comique?Parcours : "Rire et savoir" Bac général 2022

Gargantua entre rire et savoir -Analyse littéraire du prologue, I -Un prologue burlesque II -L'intention sérieuse de l'auteur III - L'humanisme du prologue -Cours, fiche bac, questionnaire l'humanisme

Rabelais 1

Gargantua entre rire et savoir

Dans l'étude du prologue, Rabelais invite le lecteur à dépasser le rire pour s'élever à la connaissance, derrière le rire se profile le savoir et l'érudition. Les références philosophiques sont nombreuses, Platon, Socrate... Une soif de connaissance humaniste qui s'exprime dans les choix et les programmes de l'éducation de Gargantua. 

Prologue de Gargantua Rabelais 

Texte:

Buveurs très illustres, et vous vérolés très précieux, car c’est à vous, non aux autres, que je dédie mes écrits, Alcibiade, dans un dialogue de intitulé le Banquet, faisant l’éloge de son précepteur Socrate, sans conteste le prince des philosophes, déclare entre autres choses qu’il est semblable aux silènes. Les Silènes étaient jadis de petites boites, comme celles que nous voyons à présent dans les boutiques des apothicaires, sur lesquelles étaient peintes des figures drôles et frivoles : harpies, satyres, oisons bridés, lièvres cornus, canes batées, boucs volants, cerfs attelés, et autres figures contrefaites à plaisir pour inciter les gens à rire (comme le fut Silène, maitre du Bacchus). Mais à l’intérieur on conservait les drogues fines, comme le baume, l’ambre gris, l’amome, la civette, les pierreries et autres choses de prix. Alcibiade disait que Socrate leur était semblable, parce qu’à le voir du dehors et à l’évaluer par l’aspect extérieur, vous n’en auriez pas donné une pelure l’oignon, tant il était laid de corps et d’un maintien ridicule, le nez pointu, le regard d’un taureau, le visage d’un fou, le comportement simple, les vêtements d’un paysan, de condition modeste, malheureux avec les femmes, inapte à toute fonction dans l’état ; et toujours riant, trinquant avec chacun, toujours se moquant, toujours cachant son divin savoir. Mais en ouvrant cette boite, vous y auriez trouvé une céleste et inappréciable drogue : une intelligence plus qu’humaine, une force d’âme merveilleuse, un courage invincible, une sobriété sans égale, une égalité d’âme sans faille, une assurance parfaite, un détachement incroyable à l’égard de tout ce pour quoi les humains veillent, courent, travaillent, naviguent et bataillent.

A quoi tend, à votre avis, ce prélude et coup d’essai ? C’est que vous, mes bons disciples, et quelques autres fous oisifs, en lisant les joyeux titres de quelques livres de votre invention, comme Gargantua, Pantagruel, Fesse pinte. La dignité des braguettes, des pois au lard avec commentaire, etc., vous pensez trop facilement qu’on n’y traite que de moqueries, folâtreries et joyeux mensonges, puisque l’enseigne extérieure est sans chercher plus loin, habituellement reçue comme moquerie et plaisanterie. Mais il ne faut pas considérer si légèrement les œuvres des hommes. Car vous-mêmes vous dites que l’habit ne fait pas le moine, et tel est vêtu d’un froc qui au-dedans n’est rien moins que moine, et tel est vêtu d’une cape espagnole qui, dans son courage, n’a rien à voir avec l’Espagne. C’est pourquoi il faut ouvrir le livre et soigneusement peser ce qui y est traité. Alors vous reconnaitrez que la drogue qui y est contenue est d’une tout autre valeur que ne le promettait la boite : c'est-à-dire que les matières ici traitées ne sont pas si folâtre que le titre le prétendait.

Et en admettant que le sens littéral vous procure des matières assez joyeuses et correspondant bien au titre, il ne faut pourtant pas s’y arrêter, comme au chant des sirènes, mais interpréter à plus haut ses ce que hasard vous croyiez dit de gaieté de cœur.Avez-vous jamais crocheté une bouteille ? Canaille ! Souvenez-vous de la contenance que vous aviez. Mais n’avez-vous jamais vu un chien rencontrant quelque os à moelle ? C’est, comme dit Platon au livre II de la République, la bête la plus philosophe du monde. Si vous l’avez vu, vous avez pu noter avec quelle dévotion il guette son os, avec quel soin il le garde, avec quelle ferveur il le tient, avec quelle prudence il entame, avec quelle passion il le brise, avec quel zèle il le suce. Qui le pousse à faire cela ? Quel est l’espoir de sa recherche ? Quel bien en attend-il ? Rien de plus qu’un peu de moelle. Il est vrai que ce peu est plus délicieux que le beaucoup d’autres produits, parce que la moelle et un aliment élaboré selon ce que la nature a de plus parfait, comme le dit Galien au livre 3 Des Facultés naturelles et IIe de L’Usage des parties du corps.A son exemple, il vous faut être sages pour humer, sentir et estimer ces beaux livres de haute graisse, légers à la poursuite et hardis à l’attaque. Puis, par une lecture attentive et une méditation assidue, rompre l’os et sucer la substantifique moelle, c’est-à-dire _ ce que je signifie par ces symboles pythagoriciens _ avec l’espoir assuré de devenir avisés et vaillants à cette lecture. Car vous y trouverez une bien autre saveur et une doctrine plus profonde, qui vous révèlera de très hauts sacrements et mystères horrifiques, tant sur notre religion que sur l’état de la cité et la gestion des affaires.

 

Problématique Le prologue est-il comique? 

  • Questionnaire sur François Rabelais
  • 1 -
  • Quelles sont les dates de Rabelais?
  • Né à La Devinière à Seuilly (Touraine) en 1483 ou 1494 selon les sources et mort en 1553
  • 2 -
  • Sous quels pseudonymes est-il connu?
  • Alcofribas Nasier = anagramme de François Rabelais
  • Autre pseudonyme : Seraphin Calobarsy
  • 3 -
  • Qui était-il?
  • Un penseur, chrétien, médecin, bon vivant, anticlérical
  • 4 -
  • De qui Rabelais était-il admirateur?
  • Erasme
  • 5 -
  • Citez une autre œuvre que Gargantua
  • Pantagruel, 1532
  • 6 -
  • Pantagruel et Gargantua sont-ils considérés comme une préfiguration du roman moderne?
  • Oui, ils préfigurent le roman réaliste et satirique mais on y trouve aussi un peu du conte avec le gigantisme, un peu de la parodie, de l’épopée et du roman de chevalerie;

 

Commentaire

Le texte que nous allons étudier est le début du prologue de Gargantua, roman écrit en 1534 par François Rabelais, humaniste de la Renaissance. Avant d'entamer les aventures du géant Gargantua et de son père Grandgousier, roi des Dipodes, l'auteur s'adresse à son lecteur de façon familière et lui fait comprendre qu'il ne faut pas se laisser tromper par les apparences: malgré son titre et le ton comique, l'œuvre qu'il s'apprête à lire contient une sagesse qu'il lui appartient de savoir repérer entre les lignes.

  • Problématique
  • Le prologue est-il comique? 

 

  • Plan possible
  • I - Un prologue burlesque 
  • - Rabelais s'adresse aux lecteurs 
  • - Lire comme on boit, pour s'enivrer
  • - L'ivresse stylistique et littéraire 
  • II - L'intention sérieuse de l'auteur
  • - Le texte est rigoureusement structuré
  • - Deux niveaux de lecture
  • - L'orientation philosophique de Rabelais
  • III -  L'humanisme du prologue 
  • - Vanter la noblesse et la spiritualité de l'homme
  • - Un humanisme socratique 

I - Un prologue burlesque  - Rabelais s'adresse aux lecteurs  - Lire comme on boit, pour s'enivrer - L'ivresse stylistique et littéraire 

I - Un prologue burlesque 

- Rabelais s'adresse aux lecteurs 

Apostrophe aux lecteurs. Quête du rire ainsi que le suggère le champ lexical "se réjouissant", "rire", "le rire", "ridicule", "toujours riant", "joyeux titre", "farces.

 Le lexique est bas et péjoratif "buveurs", "vérolés. 

Le genre est burlesque par les termes comiques, vulgaires.

Un titre pourtant élogieux, "la vie inestimable du grand Gargantua" qui contraste avec le lexique et souligne l'intention burlesque de Rabelais cherchant à rabaisser tout ce qui est noble. 

Autre aspect burlesque = description, présentation grotesque de l'aspect extérieur de Socrate "vous n'en auriez pas donné une pelure d'oignon". Sa laideur transparaît à travers une volonté d'animaliser le philosophe avec les epressions "nez pointu", "regard de taureau". 

Rabelais souhaite que le lecteur se comporte avec son oeuvre comme un chien qui succe son os à moelle. Les réactions de l'animal sont calquées sur celles du lecteur "A son exemple, il vous faut être sages pour humer, sentir et humer ces beaux livres de haute graisse". Le lecteur est ainsi invité à faire une lecture particulière. Il lui faut trouver le sens caché derrière le sens premier. 

- Lire comme on boit, pour s'enivrer

Le lecteur entre dans la lecture de Gargantua sur le mode de la démesure, l'esthétique de l'ivresse car il faut lire "buveurs très illustres" comme on boit du vin pour s'enivrer.. L'ivresse qu'on en retire doit-être joyeuse : amuser, divertir son lecteur.

- L'ivresse stylistique et littéraire 

Toujours rechercher l'ivresse. L'écriture doit inciter à rire, elle respecte la consigne de la quête du rire et de l'ivresse. " harpies, satyres, oisons bridés, lièvres cornus, canes batées, boucs volants, cerfs attelés, et autres figures contrefaites à plaisir pour inciter les gens à rire" = l'énumération est une figure de style qui permet et à l' auteur d'étaler son ivresse stylistique. D'autres énumérations le confirment. On peut citer "Comme Gargantua, Pantagruel, Fesse pinte". Quelques livres avec "de joyeux titres" pour entretenir son ivresse littéraire. 

Mais malgré les apparences burlesques du prologue, Rabelais veut être écouté et l'ivresse littéraire cache une intention très sérieuse 

II - L'intention sérieuse de l'auteur - Le texte est rigoureusement structuré - Deux niveaux de lecture - L'orientation philosophique de Rabelais

II - L'intention sérieuse de l'auteur

- Le texte est rigoureusement structuré

  le chiasme du premier paragraphe permet à l’auteur de comparer Socrate aux Silènes, il revient ensuite à une description du philosophe qui est mise  en avant dans tout le prologue de façon implicite.

  Il établit un rapport d’analogie entre ses œuvres, Socrate et les Silènes. Il s’agit de souligner l’apparence trompeuse  de ces auteurs  et de ces personnages mythologiques, fils d’hermès, précepteur de Bacchus, Dieu du vin très repoussant physiquement;  Enfin nous constatons l’importance de la métaphore filée qui  compare le lecteur à un chien avec son os à moelle.

- Deux niveaux de lecture

"Il faut ouvrir le livre et soigneusement peser ce qui  y est traité". L'oeuvre annonce deux niveaux de lecture, derrière le comique, le sérieux. Derrière la trivialité, l'érudition. On retrouve le champ lexical de la connaissance et de la philosophie "prince des philosophes", "compréhension", "vertu", "la bête la plus philosophique", "sage".

- L'orientation philosophique de Rabelais

La lecture de Gargantua doit-être une ivresse au sens médical, un remède, une médecine, elle est salvatrice, elle guérit les âmes. Pourquoi? Car elle invite et provoque la sagesse et la vérité. On peut remarquer le champ lexical de la médecine (référence aux études de médecine de Rabelais), "ni mal, ni infection", "remèdes", "apothicaire", "baume", "musc", "drogue", "moelle".  Ainsi, lire comme on boit pour s'enivrer prend un autre sens, il s'agit d'un dépassement vers la contemplation. L'ivresse conduit paradoxalement "à la sobriété sans égale" et permet le dépassement de l'âme. C'est une quête de la grandeur de l'homme. 

III -  L'humanisme du prologue  - Vanter la noblesse et la spiritualité de l'homme - Un humanisme socratique 

III -  L'humanisme du prologue 

- Vanter la noblesse et la spiritualité de l'homme

"Une lecture attentive", "une méditation assidue", "rompre l'os et sucer la subtantifique moelle", "Devenir avisés et vaillants", ce champ lexical nous informe qu'une bonne lecture engendre "une intelligence plus qu'humaine", "une force d'âme merveilleuse", "un courage invicible", "une sobriété sans égale", "une égalité d'âme sans faille"

- Un humanisme socratique 

Tout comme pour s'élever à la dialectique socratique, la lecture rabelaisienne suppose de se tourner vers ce qu'il y a à voir = Elle fait appel au regard de l'âme, voir signifie comprendre. La connotation est philosophique. "Les humains veillent, courent, travaillent, naviguent et bataillent" mais ils penvent aussi s'élever à une "intelligence plus qu'humaine" en s'éloignant de la doxa, en dépassant l'opinion, en se débarassant des préjugés. C'est un cheminement philosophique qui correspond à une manière de voir, un savoir, il s'agit de saisir l'essence des choses derrière les manifestions du paraître. 

Un très grand appétit de savoir, un initiateur dialecticien

Il sélectionne ses lecteurs selon leurs façons d'apprécier la vie. Ce texte a un statut paradoxal car, au-delà du rire, le penseur demande à son lecteur de prendre son ouvrage au sérieux. Les figures de rhétorique accentuent cette volonté farouche d’inviter à la réflexion : « Buveurs très illustres et vérolés très précieux », oxymore surprenante à laquelle s’ajoute « la bête la plus philosophique du monde».

Conclusion

Nous avons donc vu que derrière le comique burlesque créé par les comparaisons terre-à-terre, le portrait grotesque de Socrate et les citations farfelues de titres d'œuvres de Rabelais, se cache une intention plus sérieuse de l'auteur.

Rabelais veut éveiller les consciences et tente de faire passer un message à connotation didactique en suscitant le rire. Il nous incite à dépasser les apparences qui si l’on se réfère à Socrate sont bien trompeuses. La périphrase, « le prince des philosophes » pour évoquer Socrate met en avant l’idée selon laquelle on peut-être le meilleur initiateur dialecticien philosophique auprès d’un enseigné qui va au-delà du paraitre. Il faut donc remonter jusqu’à l’essence du savoir.

Rabelais

François Rabelais, Gargantua, L’abbaye de Thélème, une utopie humaniste. L’anti-abbaye de Rabelais

François Rabelais, Gargantua, livre LVII L’abbaye de Thélème, une utopie humaniste. L’anti-abbaye de Rabelais-En quoi peut-on dire que le système décrit ici par Rabelais incarne une utopie basée sur des idéaux humanistes ?I) Une abbaye peu conventionnelle - II) Une utopie humaniste-LA LOGIQUE DU RENVERSEMENT RABELAIS

Questionnaire sur l'humanisme. Questions sur Gargantua

GARGANTUA DE RABELAIS

Quel est le nom des parents de Gargantua ?

Quelle est la particularité physique de Gargantua ?

Résumez en quelques lignes la naissance de Gargantua

Justifiez le nom de Gargantua

Quelles sont les deux couleurs portées par Gargantua dans sa jeunesse ?

A quel personnage historique Gargantua est-il comparé par son père pour rendre compte de son intelligence ?

Où Gargantua va-t-il faire ses études ?

Quelle est la première chose qu’il y fait ?

Selon vous, combien de types d’éducation Gargantua reçoit-il ? Qualifiez-les

Citez deux précepteurs de Gargantua

Contre qui Gargantua et son père mènent-ils une guerre ?

Qui est l’allié de Gargantua lors de la guerre évoquée ?

Pourquoi cette guerre est-elle déclenchée ?

Comment cette guerre s’achève-t-elle ?

Quel est le nom de l’abbaye évoquée à la fin du roman ?

Quelle en est la devise ?

S’agit-il d’une abbaye " classique " ? Justifiez

Quelle langue Rabelais utilise-t-il dans ses fréquentes citations ?

Comment qualifierez-vous le roman de Rabelais ?

Quel passage de Gargantua vous a le plus marqué et pourquoi ?

Questionnaire sur l'humanisme 

1 -

Qu’est-ce que l’humanisme?

C’est un courant culturel qui est apparu à l’époque de la Renaissance.

L’humanisme est une doctrine théorique et pratique qui repose sur la dignité de l’homme et vise son accomplissement. L’homme d’un point de vue philosophique doit s’affranchir de toute croyance religieuse.

Ce mouvement est apparu en Italie dès le XIVème siècle puis en France aux Xvème et XVIème.

C’est une étape importante dans l’histoire de la culture Européenne.

Les trois points importants sont :

- Critique de l’éducation rhétorique

- Recherche d’une éducation équilibrée

- Retour aux textes anciens

Le mot humaniste apparaît en Europe occidentale au XVIe siècle, vers 1539. Il désigne les érudits qui ne se contentent plus de la connaissance du latin, la langue commune à toutes les personnes instruites de leur époque, mais étudient aussi les autres langues prestigieuses de l'Antiquité, le grec et l'hébreu.

2 -

Que manifestent les intellectuels de l’époque?

Un très grand appétit de savoir : étude de diverses disciplines.

3 -

Prônent-ils la vulgarisation des savoirs?

Oui de tous les savoirs. Ils estiment que la parole divine doit-être accessible à tout un chacun. Le savoir religieux est donc important.

4 -

Quel point de vue les humanistes ont-ils sur la liberté de l’homme?

L’homme est libre au sens où il est responsable de ses actes. L’homme a le libre arbitre donc le choix de ses actes dont il est pleinement responsable.

5 -

Citez quelques humanistes

Erasme, Rabelais, Montaigne, Pétrarque

6 -

L’idéal des lumières renoue t’-il avec l’idéal humaniste d’accéder à une sagesse pleinement humaine?

Oui par la confiance que les Lumières mettent en l’homme au détriment de l’obscurantisme politique et religieux.

7 -

Quelles sont les idées des Lumières?

L’autonomie de la raison, rejet des dogmes religieux, défense de la tolérance, de la liberté et de l’égalité, défense de la notion de progrès du savoir et au niveau moral

La philosophie de l’humanisme

1 -

Quelle connotation philosophique peut-on associer à l’humanisme?

La notion d’humanisme est associée aux droits fondamentaux de l’homme. On peut alors parler d’humanisme pratique ou moral relativement à la notion d’interdits éthiques ou de devoirs = ne pas tuer, ne pas voler, ne pas asservir….;

2 -

Quelle est la primauté du courant philosophique humaniste?

La primauté de l’homme, de l’humain et des lois naturelles sur les croyances religieuses et la croyance en un (ou plusieurs) être(s) divin(s) surnaturel(s).

3 -

Contre quoi l’humanisme lutte t’-il?

L’humanisme lutte contre le pouvoir de l’Eglise en tant qu’elle exerce une influence sur l’activité intellectuelle. C’est pourquoi l’humanisme privilégie l’action pratique, la recherche de l’efficacité, le pragmatisme.

l'humanisme moderne

En quel sens peut-on parler d’humanisme moderne?

On peut parler d’humanisme moderne dans le sens où les modernes associent l’humanisme à la Renaissance comme un courant ayant des racines dans l’Antiquité.

On peut citer par exemple la citation universellement connue du sophiste Protagoras «?l’homme est mesure de toutes choses?» = exclusion du divin. En effet, la citation de Protagoras nous renvoie au scepticisme antique à l’égard des divinités. Nous pouvons également mentionner que le bouddhisme n’inclut pas la notion de divinités mais seulement d’âme. Ce qui est mis en avant est l’accomplissement de l’homme. Les divinités ne sont plus indispensables à l’homme pour fonder l’éthique

 

OBJET D’ÉTUDE : L’HUMANISME

Vers un espace culturel européen : Renaissance et humanisme

La Renaissance française

 

Quelques points fondamentaux à retenir :

1- Un monde en découvre un autre.

À partir des grands voyages accomplis par les Espagnols et les Portugais, dès la fin du XVe siècle, de nouveaux espaces sont mis au jour par les Européens. Au moment où Rabelais écrit Gargantua, la colonisation des Amériques se met en place. À l’intérieur de l’Europe, les guerres d’Italie mettent les Français au contact de la Renaissance artistique. En même temps, cette période est celle des progrès techniques : l’imprimerie, a pour conséquence directe la diffusion des textes, le contact direct de ceux-ci avec le lecteur. Les perceptions, les représentations mentales vont donc changer ; le système Copernic, en s’imposant lentement, ouvre une ère nouvelle de la pensée humaine. “A science nouvelle, littérature et esprit nouveau” : la médecine, encore largement dépendante de l’érudition et des conceptions galiéniques, s’ouvre à l’expérimentation scientifique. (Vésale, Paré). Rabelais est lui-même médecin, à la croisée d’une formation traditionaliste fondée sur l’étude des humeurs, et d’une aspiration au renouveau, philologique par l’étude directe des sources (grecques, latines) et déjà expérimentale (il donne des leçons d’anatomie et procède à la dissection de cadavres).

2- La Renaissance culturelle, artistique, littéraire

Le besoin d’idées nouvelles et l’appétit de savoir sont d’autant plus vifs que l’enseignement des Universités s’est englué jusque-là dans la scolastique. À cette absence de sens critique qui règne à l’Université va donc s’opposer le recours aux textes originaux grâce aux humanistes qui vont marquer la formation de Rabelais (Érasme, Budé). C’est l’occasion de rappeler aux élèves l’origine du mot humanisme, qui vient du latin “humanitas”, dont le sens second désigne la culture de l’esprit. De là les “lettres d’humanité”, fondées sur le contact personnel et sensible avec les œuvres. S’y rattache un idéal de sagesse, et une philosophie de la vie libérée du carcan de l’enseignement autoritaire.  cette diffusion des “Belles lettres” est favorisée en France par le pouvoir royal (notamment par la fondation du Collège des lecteurs royaux, indépendant de la Sorbonne) ; il n’est pas inutile également de préciser que cette période est celle de l’édification des châteaux les plus célèbres de la Loire (dont les élèves ont peut-être montré auparavant des images) et que la musique est également en plein renouveau, avec l’introduction de la polyphonie.

3- Le renouveau spirituel.

Cette époque est marquée par les penseurs religieux qui bouleversent la chrétienté en entrant en dissidence. Ce qui est important, c’est que les élèves voient d’emblée ce qui unit l’humanisme et la Réforme : même volonté de retour aux textes originaux (la Bible est lue directement par le fidèle), même vision critique, même appel au développement de la conscience individuelle. Ainsi se forme l’esprit de libre examen, auquel s’oppose la Sorbonne (Noël Béda en tête) au nom du principe d’autorité. Ces rappels ne sont pas inutiles : ils permettent d’introduire l’Affaire des Placards, qui coïncide avec la publication de Gargantua, la question étant de savoir si l’écrivain a publié antérieurement ou postérieurement à cet événement. Pour mémoire : durant la nuit du 17 au 18 octobre 1534, des affiches contre la messe sont placardées dans la France entière, jusque sur la porte de la chambre de François 1er au château d’Amboise, ce qui constitue un affront envers la personne royale. Cet épisode marque dès lors une radicalisation de François 1er contre les Réformés (notamment par l’exil de Calvin, mais aussi celui de Marot, et par de nombreux procès et condamnations).

Date de dernière mise à jour : 19/08/2021

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