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Les annales du bac de français, Liban 2019, série L. Consultez les corrections de la question, du commentaire, de l'écriture et de la dissertation

Bac

 

Corrigés du bac de français 2019

Sujets  Liban, série L 

 

 

 

Objet d'étude :

Le sujet comprend 

Sujet bac l 2019 liban francais 1129877Sujet bac l 2019 liban francais 1129877 (1.55 Mo)

 

 

A lire également

Au bac 2018, les bacheliers des séries L ont travaillé sur la poésie 

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CORRECTION PROPOSEE

E.A.F. - SESSION 2019, Liban

Correction de la question de corpus

Question

Qu’apporte la musique, ou le spectacle dans son ensemble, aux différents personnages dans les textes de ce corpus ? 

Au sein de ce corpus constitué de quatre textes, nous pouvons voir que le thème de l'art est très présent. Ainsi il nous est présenté quatre personnages sur qui l'art effectue différents effets. En effet, dans les textes de Gustave Flaubert, Madame Bovary (texte B), et d' André Gide, La Symphonie Pastorale (texte C), nous sommes face à des personnages en proie au « ravissement », Emma (texte B) « s'emplissait le cœur » devant le spectacle auquel elle assiste et se retrouve en la chanteuse, tandis que la petite fille (texte C) ressent « un ravissement intérieur » aux descriptions du concert par le pasteur. A contrario, dans la Lettre XXIII de Rousseau (texte A), le personnage éprouve un sentiment d'horreur et de dégout à l'encontre des chanteurs d'opéra, tandis que le personnage écrit par Pascal Quignard, Tous les matins du monde (texte D) est en proie à la nostalgie et à la tristesse lorsqu'il joue du viole. 

On peut par conséquent conclure que la musique, ou le spectacle dans son ensemble à un apport différent aux personnages, selon leur histoire et leur caractère.

Correction du commentaire

Commentaire 

Vous proposerez un commentaire du texte de Rousseau (Texte A)

 

I/ Le genre épistolaire...

a) … comme moyen d'expression

• Le genre épistolaire permet une grande liberté d'expression : la lettre sous-entend un lien privilégié entre les deux correspondants : ici Saint-Preux et sa cousine

• Le narrateur peut alors se permettre d'exprimer ses opinions, même si elles sont à l'encontre de celles de la société : ici perceptible à travers le sentiment de non-appartenance du narrateur à cette société qui s'extasie devant cet opéra. 

• Présence de nombreuses descriptions des sentiments du narrateur « la sensation en est déplaisante et pénible »

b) Une écriture ancrée dans le réel

• Dès l'en-tête : lieu réel : « Paris »

• Référence à Quinault, dramaturge du XVIIe siècle

• Descriptions très détaillées de la salle et des spectateurs = influence réaliste, permet au lecteur d'être plongé dans la situation et dans l'ambiance de l'époque.

Il semble que le genre épistolaire permette au narrateur d'exprimer ses sentiments envers ce qu'il voit, ici un opéra, et à la fois à l'auteur d'émettre son propre jugement, à travers ce personnage fictif.

II/ Un texte satirique

a) L'avis du narrateur

• Avis du narrateur est un moyen pour glisser vers la satire, à travers les descriptions, on devine la dimension péjorative désirée par Saint-Preux « On voit les actrices, presque en convulsion, arracher avec violence ces glapissements de leurs poumons »

• L'écriture de Saint-Preux : permet de discerner son avis : beaucoup de juxtapositions, d'effets de relance (hyperbates)

• Champs lexical de la souffrance « affreux » / redondance des termes de « souffrir » avec des dérivations : « souffrir », « souffre » etc : renforce et justifie l'avis de Saint-Preux

b) Une critique de la société

• Principe de récit enchâssé : Rousseau écrit ce que Saint-Preux écrit à sa cousine. Donc à travers l'avis de Saint-Preux, on peut distinguer l'avis de Rousseau.

• Chanteuses vues comme des animaux : « longs mugissements », « glapissements » etc

• Spectateurs vus comme des êtres sans goûts, face à ce « charivari », les spectateurs applaudissent, et « ce qu’il y a de plus inconcevable est que ces hurlements sont presque la seule chose qu’applaudissent les spectateurs. »

 
 

Correction de l'écriture d'invention

Invention

Vous sortez d’un spectacle ou d’une exposition, vous réagissez à la parole de votre camarade qui affirme : « C’était vraiment sans intérêt ! ». 
Vous rapporterez cet échange dans un texte qui mêlera narration, dialogue entre les personnages et description. Il s’agira de faire comprendre à votre lecteur ce que vous attendez de l’art en tant que spectateur. 


Conseils d'écriture :

Bien utiliser les codes du récit, et du dialogue
Ne pas tomber dans le piège des répliques courtes et sans intérêts 
Utiliser de nombreuses descriptions détaillées
Bien développer son avis
Utiliser un point de vue interne
Varier vos verbes, et multiplier vos arguments accompagnés d'exemples

Idées possibles :

Aborder des thèmes adéquats tels que : le renouvellement de l'art, l'originalité, le désir de transmettre un message 
Situer et décrire l'exposition/spectacle dont vous venez de sortir, vous y appuyer pour justifier votre point de vue
Mettre en avant le désir du peintre de rompre avec le conformisme 
S'appuyer sur un exemple réel, théâtre, peinture etc, et expliquer l’intérêt pour la société 
Par exemple, Brecht, La résistible ascension d'Arturo Ui = dénonce le nazisme et prévient des moyens de l'ascension au pouvoir 

Correction de la dissertation

Dissertation

Le lecteur peut-il trouver un intérêt à l’évocation d’une œuvre d’art dans un roman ? 

A définir : lecteur – art – roman 

L'art, dans sa globalité est par définition subjectif. Par conséquent, une œuvre d'art n'aura pas le même effet sur différentes personnes. Il est alors délicat de juger sur l'intérêt que peut avoir l'évocation d'une œuvre d'art dans un roman. En effet, tout dépend également du genre du roman, qu'il s'agisse d'un roman épistolaire, réaliste ou philosophique, l'effet serait encore différent. Par convention, le roman et l'art sont souvent associés selon le mode suivant : dans un roman, nous trouvons des références à une œuvre d'art afin de justifier un argument ou servir comme exemple, quand elles ne sont pas purement esthétiques ou descriptives. L'évocation d'une œuvre d'art dans un roman semble devoir répondre à de nombreux critères.

Nous pouvons alors nous demander dans quelle mesure le lecteur trouverait un intérêt à l'évocation d'une œuvre d'art dans un roman.

Pour répondre à ce questionnement, nous verrons tout d'abord que l'évocation d'une œuvre d'art peut s'inscrire dans un désir de réalisme rassurant pour le lecteur, puis nous verrons que le lecteur peut aussi y être insensible.

Dans un premier temps, nous pouvons dire que l'évocation d'une œuvre d'art s'inscrit souvent dans une description réaliste au sein d'un roman. Elle sert alors de justification ou d'emprise sur le réel. Le lecteur, s'il est amateur d'art, peut faire le lien  avec le récit du roman. Il pourrait y voir un intérêt que d'autres lecteurs pourraient occulter. Par ailleurs l'évocation à une œuvre d'art donne au roman une dimension de réel, ce qui peut rassurer le lecteur, et aussi lui permettre une identification au personnage, à l'instar d'Emma (texte B) qui s'identifie à la chanteuse, le lecteur peut s'y identifier. 

De plus, si l'oeuvre d'art peut aussi présenter un intérêt pour le lecteur dans la manière dont elle est introduite. Si elle n'est que partiellement décrite, l'imagination du lecteur peut rentrer en ligne de compte, et étoffer son point de vue sur le roman, selon sa subjectivité. A contrario, si elle est introduite de manière développée, sa description peut apporter au lecteur une nouvelle vision de l'oeuvre d'art. Pour cela, le lecteur doit avoir l'esprit suffisamment ouvert et apte à se laisser guider par le roman.

Il est alors possible de penser qu'un lecteur qui ne serait pas sensible à l'art, puisse ne pas trouver d'intérêt à l'évocation d'une œuvre d'art.

Dans un second temps, nous pouvons alors voir que le lecteur peut y être insensible. En effet le lecteur peut aussi faire le choix d'occulter l'évocation d'une œuvre d'art dans un roman, et y être insensible. Pour plusieurs raisons, le lecteur peut trouver l'évocation d'une œuvre d'art peu utile à la progression du roman. Par exemple, si l'évocation à une œuvre d'art ne constitue qu'un exemple, ou qu'une justification au propos, le lecteur peut la juger comme inutile. Par conséquent le lecteur peut ne pas voir le lien, ni comprendre l'importance de cette évocation.

Cependant, même s'il y est insensible, sa lecture sera impactée par la présence d'une description, ou d'une simple évocation à une œuvre d'art. En effet, si l'on pense au texte de Rousseau, le lecteur peut être insensible à l'opéra en lui-même, mais la situation autour qui est décrite l'impactera, et donc par conséquent l'oeuvre d'art également.  Il est également possible de dire que le lecteur, selon sa vie, sa situation, ressente inconsciemment un intérêt à l'évocation d'une œuvre d'art. Par conséquent, si le lecteur est jeune il n'aura que peu d'intérêt à cette évocation, mais un lecteur d'âge plus avancé sera davantage impacté, car sa lecture et sa connaissance serviront à la compréhension de l'évocation.

Pour conclure, nous pouvons rappeler que nous nous sommes demandés dans quelle mesure le lecteur trouverait un intérêt à l'évocation d'une œuvre dans un roman. Ainsi nous avons vu que le lecteur pouvait y trouver un intérêt s'il était initialement amateur d'art, s'il était suffisamment averti pour la voir et la comprendre, mais que le lecteur pouvait également ne pas y porter attention s'il ne comprenait pas sa présence, bien que sa lecture en soit impactée par la suite.

Nous pourrions nous demander si l'oeuvre d'art en elle-même ne pourrait pas constituer le thème d'un roman, et si l'intérêt pour le lecteur n'en serait pas plus prononcé.

 
 

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