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Corrigés des sujets du bac de français 2019 Washington, série L. Ecriture poétique. Corpus la Fontaine, Hérédia, Chateaubriand et Supervielle

BAC

 

Corrigés du bac de français 2019

Sujets  Washington, série L 

 

 

 

Objet d'étude :

Le sujet comprend 

Ecriture poétique et quête de sens du Moyen Age à nos jours.

A) Jean de La Fontaine, "La forêt et le bûcheron, Fables, 1694.
B) François-René de Chateaubriand, "La Forêt", Tableaux de la nature, 1789.
C) José-Maria de Heredia, "Le Dieu hêtre". Les Trophées, "Rome et les barbares", 1893.
D) Supervielle, "Feuille à feuille", 1946.
 

 

 

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ÉCRITURE

I. Vous répondrez d'abord à la question suivante (4 points) :


Que représentent l'arbre ou la forêt pour les poètes du corpus ?
 

II. Vous traiterez ensuite, au choix, l'un des sujets suivants (16 points) :

Commentaire :
L'extrait de Chateaubriand (texte B).

Dissertation :
Le poète se donne-t-il pour but de changer notre regard sur la nature ?

Ecriture d'invention :
Dans la lignée des poètes du corpus, vous présenterez un élément de la nature qu'il vous semble important de mettre en valeur ou de défendre en 2019. Votre texte, à caractère poétique, pourra être en vers ou en prose.
 

 

 

 

 
 

CORRECTION PROPOSEE

E.A.F. - SESSION 2019, Washington

Correction de la question de corpus

 

I. Vous répondrez d'abord à la question suivante (4 points) :
Que représentent l'arbre ou la forêt pour les poètes du corpus ?

Au sein de ce corpus, nous découvrons le thème de la nature, et plus particulièrement la forêt, et l'arbre. Ainsi dans « La forêt et le bûcheron » de Jean de La Fontaine (texte A), « La Forêt » de Chateaubriand (texte B), « Le Dieu hêtre » d'Heredia (texte C) et « Feuille à feuille » de Supervielle (texte D) nous voyons que les poètes vouent une fascination pour l'arbre, ou la forêt elle-même. Ainsi dans les textes C et D, les poètes font l'éloge d'un arbre, qu'ils personnifient en un être « familier » (texte C) au mouvement « serein » (texte D). Au sein des textes A et B, c'est la forêt toute entière qui est glorifiée. Elle apparaît « innocente » (texte A) et victime des hommes qui ne font que la « dépouiller », et d'où provient « une douce tristesse » (texte B). Ainsi Chateaubriand et Jean de La Fontaine semblent dénoncer les actes des humains, et vouloir pour la forêt une vie paisible. Pour l'ensemble de ces poètes, il semble que l'arbre ou la forêt apparaissent comme des entités qui poussent au respect des hommes et à la paix, mais également un lieu synonyme de refuge paisible « loin des humains » (texte B).

Correction du commentaire

La nature est le thème par excellence de la poésie romantique. Elle est souvent synonyme de paix, de beauté et de grandeur. La poésie, de par ses nombreux moyens, permet au poète d'extérioriser ses états d'âmes, qu'il transpose généralement. Ainsi Chateaubriand, dans le texte B de notre corpus nous offre à découvrir la forêt où il aime se retrouver. Comme de nombreux poètes romantiques, Chateaubriand se sent seul et incompris, ce n'est qu'en la nature, et ici la forêt qu'il se sent à sa place et serein.

Nous pouvons alors nous demander comment le poète transmet sa solitude à travers ce poème.

Pour répondre à ce questionnement, nous verrons tout d'abord qu'il s'agit d'un poème élogieux envers la nature et que celle-ci apparaît comme le reflet des sentiments du poète.

 

I/ Un poème dédié à la nature

a) La nature comme être...

Chateaubriand s'adresse directement à la forêt personnifiée « votre ombrage », ce qui sous-entend une certaine intimité

Champs lexical de la nature, « ombrages », « arbres », « gazons » etc, donne à croire que la nature ne peut être décrite totalement, raison pour laquelle le poète utilise la juxtaposition des termes : ex « Sur un tapis de fleurs, sur l’herbe printanière » = permet de mettre l'accent sur le sujet réel du poème

b)... et comme refuge

allitération en « r » : « Dans vos sombres détours, en rêvant égaré, J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude1 ! » = la sonorité désagréable suggère que le poète peine à trouver sa place dans la société, seule la forêt semble pouvoir lui convenir

rejet vers 9/10 = traduit la volonté du poète d'être seul « loin des humains »

ce poème est un éloge à la nature, et plus particulièrement à la forêt, mais il semble qu'à travers cet éloge se dissimule le « moi » du poète.

 

II/ La nature, le miroir de l'âme du poète

a) Une fusion

termes de « voeux », « amours », « charmes » étranges : suggèrent une union, un mariage = le poète semble s'unir à la forêt, comme il s’unirait à une femme

la « douce tristesse » que le poète croit voir dans la forêt n'est autre que sa propre tristesse = reflet de ses états-d'âme

b) La poésie, moyen de cette description

vers 5 : ponctuation forte + « coeur » est l’acmé du vers et est placé à la césure à l'hémistiche : traduit le sentiment qu'éprouve le poète pour la forêt

« Dans vos sombres détours, en rêvant égaré, J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude1 ! » = cf romantisme : l'eau est symbolique et traduit l'apaisement, donc suggère la sérénité engendrée chez le poète lorsqu'il entend l'eau s'écouler doucement.

 

Pour conclure, nous pouvons dire que ce poème, bien qu'il apparaisse comme une simple description de la forêt par Chateaubriand, est en réalité un poème où transparaît le désir de solitude du poète. Il semble que ce n'est qu'au sein de cette forêt que Chateaubriand se retrouve et retrouve la paix. Son désir de solitude est comblé par cette forêt qui semble ressentir les mêmes sentiments, et refléter son « moi ».

Nous pourrions nous demander dans le texte de Jean de La Fontaine, quel est le sentiment véhiculé.

 

 
 

Correction de l'écriture d'invention

Conseils d'écriture :

  •  

Utiliser un registre adapté à la poésie

  • Bien mettre en évidence l'élément choisi

  • S'inspirer des poèmes du corpus pour la forme

  • Utiliser une écriture lyrique et utiliser correctement les codes poétiques choisis (en vers, en prose etc)

  • Multiplier les arguments

  • Ne pas hésiter à donner des exemples concrets, savamment mis en exergue par une figure de style

  • Utiliser un point de vue interne

     

Idées possibles :

  •  

Aborder un élément d'actualité, afin d'avoir diverses ressources : disparition d'une espèce (ex : l'ours blanc)

  • Aborder l'invention avec une interjection, afin d'attirer l'attention du lecteur

  • Utiliser de nombreuses descriptions métaphoriques

  • Utiliser les champs lexicaux de la tristesse, de la nostalgie, de l'urgence etc

 

 

Correction de la dissertation

Le poète se donne-t-il pour but de changer notre regard sur la nature ?

 

A définir : poésie – nature

 

La poésie est depuis toujours le moyen le plus fort quand il s'agit d'émouvoir le lecteur. En effet elle permet au poète d'user de divers procédés stylistiques afin de véhiculer un message fort. De plus, le poète entretient une relation particulière avec la nature, notamment les romantiques. Par conséquent ils en ont souvent une vision idéalisée et mystifiée, ce qui n'est pas le cas de la plupart des êtres humains qui ne la voit que comme leur environnement.

Pouvons-nous dire que le poète, à travers la poésie, cherche à imposer sa vision de la nature au lecteur ?

Pour répondre à ce questionnement, nous verrons tout d'abord que la poésie comporte une dimension subjective, propre à chaque lecteur, et qu'elle peut également n'être que le moyen pour le poète d'exprimer sa vision de la nature.

 

 

Dans un premier temps, nous pouvons dire que la poésie n'aura pas le même effet sur différentes personnes. Ainsi, bien qu'une poésie soit remarquable, telle que celle d'Heredia, le lecteur peut rester insensible au message délivré par le poète. Il est alors compliqué de dire que le poète cherche à changer notre vision de la nature, quand on sait que chaque être humain réagit différemment. Même s'il fait le choix d'une poésie lyrique, marquée par un rythme soutenu qui entraîne le lecteur, il ne peut avoir la certitude de faire changer la vision du lecteur quant à la nature.
Cependant, certains poètes, comme Jean de La Fontaine, affichent clairement leur volonté de changer la vision du lecteur vis-à-vis d'un sujet, ici envers la nature. Pour le fabuliste, cette volonté se lit à travers la morale, présente dans chacune de ses fables, de manière implicite ou non. Mais d'autres poètes engagés n'hésitent pas à afficher clairement leur volonté, ce qui peut également avoir pour fin de réussir, puisque le lecteur est averti. La forme s'en trouve changée, plus directe, comportant souvent des vers qui résonnent comme des sentences, par exemple « L'ingratitude et les abus/N'en seront pas moins à la mode » (texte A).

 

Le poète peut alors prétendre à changer la vision du lecteur envers la nature, mais il semble que le but premier de la poésie soit d'être un moyen d'expression.

 

Dans un second temps, nous pouvons rappeler que la poésie est le genre idéal pour un homme se sentant exclu de sa société, incompris. Ainsi il lui est permis de s'exprimer, par écrit, et d'extérioriser ses émotions. Par exemple à travers la poésie lyrique, les poètes peuvent véhiculer leurs sentiments débordants. Il semble que la poésie soit davantage dans ce cas un moyen de soulager les poètes, et de leur permettre de trouver leur place au sein d'une société qui ne les comprend pas.

Ils expriment avant tout leur propre vision et ressenti vis-à-vis de la nature. C'est alors à travers leur perception que le lecteur doit chercher à changer la sienne, en se l'appropriant. Au sein du texte C de notre corpus, nous trouvons cette situation, où le poète cherche à faire changer la vision de l'homme, en s'adressant directement à lui (« Longtemps il a... »), mais il ne faut pas oublier que c'est à travers Heredia qu'est véhiculée cette vision de la nature, ici de la forêt, et donc de sa vie, son expérience, sa culture. Il semble important de dire que la poète peut avoir pour but de changer la vision de l'homme envers la nature, mais que c'est avant tout par lui, que commence ce changement, car s'il ne possède pas quelques similarités avec celui qui le lit, celui-ci ne se retrouvera pas dans le « moi » du poète, et donc ne changera pas de vision.

 

Pour conclure, nous pouvons rappeler que nous nous sommes demandés si le poète, à travers la poésie, cherche à imposer sa vision de la nature au lecteur. Il semble que ce ne soit pas le cas, le poète ne peut imposer sa vision, car le lecteur est libre de poursuivre sa lecture du poème, d'y adhérer, ou de la rejeter. Cependant la poésie peut permettre au poète de faire passer un message, bien que la poésie ne soit avant tout un moyen pour le poète lui-même de s'exprimer.

Nous pourrions nous demander si le poète est restreint au seul genre de la poésie, ou s'il peut s'exprimer d'autres manières.

 
 

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