Es-tu prêt pour le commentaire bac d'un texte théâtral? Analyser un texte théâtral : les premiers repérages. Cours et exercices

Commentaire d'un texte théâtral

La méthode à suivre pour réussir un commentaire

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Les procédés littéraires   Cours / Quiz 

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  • Métaphore
  • Oxymore   
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  • Anaphore  
  • Paronomase
  • Métonymie
  • Chiasme
  • Enumération
  • Gradation 
  • Personnification
  • Litote
  • Périphrase
  • Assonance
  • Ellipse 

Réussir un commentaire : lier le fond et la forme

 L ecrit eaf– le fond et la forme

Le fond = le thème

La forme = les procédés d’écriture

Il faut pour réussir son commentaire, mêler le fond et la forme

  • Ne pas faire une liste des figures de style, des registres, des champs lexicaux…
  • Montrer que ces figures de style, ces registres, ces champs lexicaux… sont évocateurs du thème

Comment  faire un bon commentaire de texte théâtral ?

Les premiers repères à faire au brouillon

Méthodologie

Le texte théâtral n’est pas un texte de roman, il faut donc en dégager les particularités de l’écriture pour réussir le commentaire littéraire

Les premiers repères à faire au brouillon

QUOI ?

Que me dit le paratexte ? Quel est le contexte historique ? Artistique ? Le mouvement littéraire ? La place de l’extrait dans la pièce ?

Quel est le genre ? Comédie, tragédie, drame romantique ?

Quelle est la forme du texte ? Prose, vers ? Y a t’-il des didascalies (indications scéniques qui renseignent sur le jeu des personnages, l’éclairage, le décor)

Quels sont les thèmes ?

Le théâtre repose sur le discours : Est-ce un monologue ? Un dialogue (si plusieurs personnages parlent ? Stichomythies, tirades ou répliques) ? Aparté ? Comment la prise de parole est-elle organisée dans le dialogue ?

COMMENT ?

Comment l’intrigue est-elle mise en place ? Où et quand l’action se déroule t’-elle ?

Intrigue (le théâtre classique impose trois règles d’unités, une seule intrigue qui se déroule en un jour, en un seul lieu)

Exposition, nœud, péripéties, coup de théâtre, dénouement

Aveu, dilemme, conflit, quiproquo

Quels sont les registres ? Pathétique, exemple la compassion est provoquée chez le lecteur, comique, si le rire est provoqué (quel comique, caractère, situation, gestes, mots, répétition ? Tragique…

Double énonciation : lorsqu’un personnage parle, il s’adresse à un ou plusieurs personnages en même temps qu’au public, le message a donc deux destinataires, c’est la double énonciation

Illusion théâtrale

Les figures de style

Les personnages : leur statut social, familial ? Leurs relations ? Traits de caractère ?

POURQUOI ?

Quel est l’intérêt de ce texte ? Quelle est l’intention de l’auteur ? Sa fonction ?

Si malgré tous ces conseils, vous avez du mal à trouver un plan, utilisez la méthode suivante :

I – partie première : répondre à la question quoi ? C’est-à-dire, analyser l’objet du texte, son thème, les champs lexicaux, éventuellement le genre, la composition, la place dans l'œuvre, le contexte historique, artistique. Comment la prise de parole est-elle organisée dans le dialogue ? Ou monologue ?

II – partie deuxième : répondre à la question comment ? C’est-à-dire, étudiez les procédés littéraires, les figures de style,  les personnages, la double énonciation, la mise en place de l’intrigue, les registres…

III – partie troisième : répondre à la question Pourquoi ? C’est-à-dire, interpréter le texte, dire quel en est le but (critique, éloge… ), quel est l’intérêt de cette scène ? Quelle est l’intention de l’auteur ?

Situer l'action dans l’espace et le temps

  • Repérer le lieu et le moment de l'action permet de préciser le sens de l'intrigue : lieu officiel/lieu privé, moment de la journée…
  • Étudier le décor, grâce aux didascalies (indications de mise en scène), apporte des renseignements sur l'époque de l'intrigue et sur la fonction sociale des personnages.
  • Analyser les indices de temps, dans les répliques et les didascalies, permet de préciser le rythme de l'action. La tragédie classique se déroule sur vingt-quatre heures (unité de temps).

Repérer la situation de la scène

  • L'exposition : au début d'une pièce l'auteur apporte des informations qui permettent de comprendre l'intrigue (le lieu, le rappel du passé, le moment de l'action, les personnages et leurs objectifs…).
  • Le nœud dramatique : il est constitué des obstacles à la volonté des personnages.
  • Le dénouement : il élimine le nœud dramatique ; il est souvent provoqué par un événement inattendu (le coup de théâtre).

Analyser les caractéristiques des personnages

  • Étudier les personnages permet de décrire leur caractère, leur apparence physique, le niveau de langue et les thèmes de leurs propos (analyse des champs lexicaux).
  • Le caractère d'un personnage peut se résumer à quelques traits particuliers et peu nombreux (personnage-type) ou être plus complexe.
  • Rechercher les associations et les oppositions entre les personnages permet de saisir la dynamique de l'intrigue.

Étudier les paroles des personnages

  • Le dialogue : échange entre deux ou plusieurs personnages (comparez la longueur des répliques, repérez les formes interrogatives et impératives pour saisir des rapports de force).
  • La tirade : longue réplique d'un dialogue, qui cherche à convaincre ou à écraser l'adversaire.
  • La stichomythie : succession rapide de courtes répliques traduisant un affrontement.
  • Le monologue : discours d'un personnage seul sur scène ; il exprime souvent un conflit intérieur.
  • L'aparté : parole prononcée en présence d'un autre personnage et à son insu.

La tragédie déroule une crise dont l'issue est presque toujours sanglante. La fatalité, les dieux ou les passions conduisent les personnages à leur perte.

Personnages

Illustres, légendaires ou réels : héros antiques ou bibliques, princes, rois et reines…

Époque

Antérieure à celle de l'écriture, en général lointaine, comme l'Antiquité.

Lieu

Un pays lointain, souvent sur les bords de la Méditerranée, dans un palais.

Dénouement

Les héros, soumis à des forces qui les dépassent, sont voués à la mort.

Effet sur le spectateur

La tragédie inspire la terreur et la pitié pour purifier le spectateur de ses passions : c'est la catharsis.

Exemples

Corneille, Cinna ; Racine, Andromaque ; Voltaire, Zaïre.

À l'opposé de la tragédie, la comédie recherche d'abord le rire du spectateur. Elle doit « corriger les hommes en les divertissant ».

Personnages

De condition sociale modeste, ce sont des bourgeois, des valets ou des paysans.

Époque

Elle est celle dans laquelle vit l'auteur, qui peut ainsi en critiquer les défauts.

Lieu

Il s’agit souvent d'un intérieur bourgeois (salon), familier du spectateur.

Dénouement

La fin de la comédie est heureuse (mariage, retrouvailles, réconciliation). Elle intervient parfois grâce à une intervention extérieure.

Effet sur le spectateur

La comédie provoque le sourire, le rire, mais aussi la réflexion, à travers sa dimension critique ou satirique.

Exemples

Molière, Tartuffe ; Marivaux, L'Île des esclaves ; Beaumarchais, Le Mariage de Figaro.

Exercices de repérage

Exercice 1 Le Mariage de Figaro Acte III, scène 16

Le mariage de Figaro, Beaumarchais

BARTHOLO. Des fautes si connues ! une jeunesse déplorable.
MARCELINEs’échauffant par degrés. Oui, déplorable, et plus qu’on ne croit ! Je n’entends pas nier mes fautes ; ce jour les a trop bien prouvées ! mais qu’il est dur de les expier après trente ans d’une vie modeste ! J’étais née, moi, pour être sage, et je la suis devenue sitôt qu’on m’a permis d’user de ma raison. Mais dans l’âge des illusions, de l’inexpérience et des besoins, où les séducteurs nous assiègent pendant que la misère nous poignarde, que peut opposer une enfant à tant d’ennemis rassemblés ? Tel nous juge ici sévèrement, qui, peut-être, en sa vie a perdu dix infortunées !
FIGARO. Les plus coupables sont les moins généreux ; c’est la règle.
MARCELINEvivement. Hommes plus qu’ingrats, qui flétrissez par le mépris les jouets de vos passions, vos victimes ! C’est vous qu’il faut punir des erreurs de notre jeunesse ; vous et vos magistrats, si vains du droit de nous juger, et qui nous laissent enlever, par leur coupable négligence, tout honnête moyen de subsister. Est-il un seul état pour les malheureuses filles ? Elles avaient un droit naturel à toute la parure des femmes : on y laisse former mille ouvriers de l’autre sexe.
FIGAROen colère. Ils font broder jusqu’aux soldats !
MARCELINEexaltée. Dans les rangs même plus élevés, les femmes n’obtiennent de vous qu’une considération dérisoire ; leurrées de respects apparents, dans une servitude réelle ; traitées en mineures pour nos biens, punies en majeures pour nos fautes ! Ah ! sous tous les aspects, votre conduite avec nous fait horreur ou pitié !
FIGARO. Elle a raison !
LE COMTEà part. Que trop raison !
BRID’OISON. Elle a, mon-on Dieu, raison !
MARCELINE. Mais que nous font, mon fils, les refus d’un homme injuste ? Ne regarde pas d’où tu viens, vois où tu vas : cela seul importe à chacun. Dans quelques mois ta fiancée ne dépendra plus que d’elle-même ; elle t’acceptera, j’en réponds. Vis entre une épouse, une mère tendre qui te chériront à qui mieux mieux. Sois indulgent pour elles, heureux pour toi, mon fils ; gai, libre et bon pour tout le monde ; il ne manquera rien à ta mère.

 

Le mariage de Figaro, Beaumarchais (acte III, scène 16)

Ce passage de l’acte III, scène 16 du Mariage de Figaro  en date de 1778  de Beaumarchais est une scène de rencontre, typique de la comédie traditionnelle qui interroge sur la question sociale de la femme

  • (l.1) Le médecin Bartholo se refuse à épouser Marceline pour des raisons morales :  deux phrases exclamatives averbales. (« des fautes si connues ! Une jeunesse déplorable ! »)
  • (l.2-3)Marceline semble être une femme honnête qui reconnaît  ses erreurs : « Je n’entends pas nier mes fautes ». Cette périphrase  rappelle la relation illégitime 30 ans plus tôt avec Bartholo, qui a donné naissance à Figaro.
  • Marceline est agacée face au refus de Bartholo de tenir sa parole et de l’épouser s’ils retrouvaient leur fils ainsi que le suggèrent les didascalies et la ponctuation
  • elle répond d’abord aux accusations de Bartholo concernant son manque de vertu. Puis, à son tour, elle met les hommes en accusation « mais », « les séducteurs », « assiègent, poignarde, … ennemis » = métaphore guerrière. Elle termine par une question rhétorique
  • Elle met en avant la condition sociale des femmes victimes des séducteurs, « vie modeste », « misère », « infortunées ».
  • La réplique de Figaro valorisée par le pluriel, le présent de vérité générale et les superlatifs « les plus », « les moins » dans la phrase « les plus coupables sont les moins généreux », fait comprendre au lecteur spectateur qu’il justifie la faiblesse morale des hommes
  • nouvel argument : la condition juridique des femmes au XVIIIème siècle, champ lexical du droit : « victimes, punir, magistrats, droit, coupables, droit naturel ». Toute la société est gérée par des hommes
  • La didascalie « exaltée » fait suite à la réponse  de Figaro, « ils font broder jusqu’aux soldates ». Marceline défend son argumentation et étend le sujet aux femmes des sphères sociales supérieures pour montrer qu’elles sont toutes traitées avec la plus grande hypocrisie,  « leurrées », « apparents ». Elles sont toujours sous la coupe des hommes, « traitées en mineures pour nos biens, punies en majeures pour nos fautes »,  « votre conduite avec nous fait horreur et pitié ! ».
  • La dernière réplique de Marceline s’adresse à Figaro,  « ne regarde pas d’où tu viens, vois où tu vas ». Notons l’allitération en « V » et la tournure injonctive pour donner plus d’importance à l’idée d’une révolution sociale de la femme. C’est une leçon de vie donnée à son fils « Mon fils », comme le suggère l’usage de l’impératif. « Sois indulgent » signifie, respecte également l’homme et la femme dans le cadre  d’une justice sociale.
  • Echo à l’Idéal des lumières valorisé par Beaumarchais, une nouvelle philosophie du bonheur « gai, libre et bon pour tout le monde « mise en évidence par l’énumération en rythme ternaire.

Exercice 2 Marivaux, La Double inconstance Acte I, scène première

Le conflit est un thème récurrent dans le théâtre. En effet les dramaturges usent de ce thème pour diverses raisons, tant pour soulever des situations réelles, que pour illustrer sur scène des actes peu corrects. Ici, dans le texte B, nous pouvons voir la scène d'exposition de La Double inconstance, une pièce de théâtre écrite en 1723 par Marivaux. Nous pouvons remarquer que le dramaturge a utilisé les règles du classicisme, qui imprègnent encore à cette époque le genre théâtral, mais qu'il use de son art afin d'introduire une thématique tragique, qui est l'enlèvement d'une jeune femme, dès le début de sa pièce.

Nous pouvons alors nous demander quelles sont les relations qui unissent le théâtre avec le thème du conflit dans cette pièce.

Pour répondre à ce questionnement, nous verrons tout d'abord qu'il s'agit d'une scène de conflit, puis qu'elle oppose deux personnages, symbolisant deux mondes.

I/ Une scène de conflit

a) Un début « in medias res »

• Champ lexical de la colère : « fâchée », « hais », « folle », qui plonge le lecteur dans l'ambiance de la scène et lui permet de situer les deux camps : Sylvia qui est en colère contre Trivelin

• Redondance du terme haine, par dérivation « hais », « haïr »

• La présence des didascalies « avec colère », « « plus en colère », « impatiente » précise l'état d'esprit de Sylvia, nous pouvons comprendre qu'elle n'aime pas Trivelin, et que le thème du conflit vient de son amour impossible avec Arlequin « Arlequin, dont on m'a séparée »

b) Une forme au service du fond

• Le théâtre, un genre qui permet l'expression du conflit

• Le conflit est accentué et nourri par la ponctuation et les stichomythies, donnant un rythme et simulant une réelle dispute

• Question rhétorique qui donne un aspect comique au texte « ne faut-il pas être raisonnable ? » qui donne à ne pas avoir de réponses, mais davantage à desservir Trivelin

Cette scène de conflit, qui commence « in medias res » et plonge le lecteur au cœur de la dispute, tend à nous faire dire que Sylvia est en colère envers Trivelin, qui l'a séparée de son amant Arlequin. Par conséquent elle oppose sa conception à celle de son « souverain », et semble prendre le dessus sur ce dernier.

II/ Deux personnages, deux mondes

a) Un amour impossible

• Sylvia : en colère : son langage le traduit : onomatopées

• Trivelin est un « souverain », tandis que Sylvia est une servante et est amoureuse d'un autre, mais Trivelin justifie son enlèvement par l'honneur et la raison. « Voyez les honneurs », «voyez votre fortune, et profitez de ses faveurs ».

• Amour impossible entre Sylvia et Arlequin à cause de Trivelin, mais amour impossible entre Sylvia et Trivelin car elle ne l'aime pas « Non, Seigneur, il faut qu'une honnête femme aime son mari, et je ne pourrais vous aimer »

b) Sylvia, gagnante de la joute verbale

• Sylvia semble prendre le dessus sur Trivelin, il est en manque d'arguments = cf longueur des répliques de Sylvia + elle mène le dialogue

• Argument du bon sens et de l'amour = surpasse l'argument de Trivelin

• S'appuie sur la réalité : rappel les faits concrets et montre l'absurdité de la situation : on ne peut pas acheter l'amour d'une femme qui en aime un autre

Pour conclure, nous pouvons dire que Marivaux créé avec cette scène d'exposition une sensation de malaise chez les spectateurs, qui se retrouvent au cœur d'une dispute. Ainsi le conflit se révèle à plusieurs niveaux, que ce soit sur la forme ou sur le fond. Par conséquent, les deux sont intrinsèquement liés.

De même que dans les autres textes du corpus, le thème du conflit apparaît comme le moteur de ces pièces.

Exercices français 1ère parcours bac roman, théâtre, poésie, littérature d'idées - Progressez avec les quiz, questionnaires, QCM corrigés

Exercices 2 2

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Exercices français 1ère parcours bac roman, théâtre, poésie, littérature d'idées - Progressez avec les quiz, questionnaires, QCM corrigés Révisions pour l'oral et l'écrit EAF

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