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Elle était déchaussée, livre I, les Contemplations, trois commentaires littéraires

Objet d'étude : La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle Victor Hugo, "Les Contemplations", livres I à IV / parcours : Les Mémoires d'une âme. Bac de l'EAF 2020

Victor hugo

 
 
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Elle était déchaussée, livre I, les Contemplations, trois commentaires littéraires - Objet d'étude : La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle Victor Hugo, "Les Contemplations", livres I à IV / parcours : Les Mémoires d'une âme. Bac de l'EAF 2020

 

V. Hugo, Elle était déchaussée, Les Contemplations

 

A consulter 

Questionnaires sur Victor Hugo et le romantisme 

 

 

Livre I, Aurore 


Elle était déchaussée, elle était décoiffée, 

Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ; 

Moi qui passais par là, je crus voir une fée, 

Et je lui dis : Veux-tu t’en venir dans les champs ? 



Elle me regarda de ce regard suprême 

Qui reste à la beauté quand nous en triomphons, 

Et je lui dis : Veux-tu, c’est le mois où l’on aime, 

Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ? 



Elle essuya ses pieds à l’herbe de la rive ; 

Elle me regarda pour la seconde fois, 

Et la belle folâtre devint alors pensive. 

Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois ! 



Comme l’eau caressait doucement le rivage ! 

Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts, 

La belle fille heureuse, effarée et sauvage, 

Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers. 





V.Hugo, Les contemplations (1855). 

Commentaire littéraire pour l'EAF, épreuve écrite du bac 2020

Le romantisme est le principal mouvement littéraire de la première moitié du XIXème siècle. Ses principaux thèmes sont l’exploration des sentiments et l’amour de la nature et de l’exotisme. Victor Hugo est généralement considéré comme le plus grand auteur romantique et a écrit Les Contemplations, recueil publié en 1855 d’où est extrait le poème proposé. « Elle était déchaussée… » narre la rencontre amoureuse entre le poète et une jeune et belle fille. Le texte est axé sur l’expression d’un lyrisme heureux et amoureux, proche de la nature et projeté sur elle, qu’elle soit féminine ou végétale. 



Tout d’abord, le poème exprime des sentiments de bonheur et d’amour intenses, notamment au sujet du personnage de la jeune fille. Celle-ci est apparemment magnifique, comme le montre l’adjectif qualificatif « belle » répété aux vers 11 et 15. La « beauté » (v.6) est incluse dans une tournure qui fait de ce personnage une allégorie de la beauté, une égérie. L’hyperbole « regard suprême » (v.5) renforce cette impression et donne à cette femme un caractère surhumain, complété par une seconde hyperbole, « fée » (v.3), référence légendaire qui crée une aura de mystère et de beauté autour de la jeune fille, propice au développement du lyrisme amoureux. 

Ce personnage est de plus caractérisé par une joie de vivre qui renforce l’attirance du poète. Les qualificatifs « folâtre » (v.11) et « heureux » (v.15), créent en effet une impression de bonheur, de jeu et de liberté. Le participe présent « riant » participe aussi à l’élaboration de cet aspect enjoué du personnage féminin. Ce champ lexical du bonheur est l’expressssion du lyrisme heureux, qui est renforcé par l’interjection « Oh ! » (v.12) et la ponctuation forte : les points d’interrogation (v.4 et Cool et d’exclamation (v.12 et 13) sont autant d’éléments qui mettent en relief le lyrisme du texte. 

L’amour réciproque est enfin la dernière incursion dans les sentiments des personnages. L’anaphore d’ « Et je lui dis : Veux-tu » aux vers 4 et 7, puis « Veux-tu » de nouveau au vers 8, montrent le désir des personnages, dont la réciprocité est illustrée par les pronoms sujets « je » et « tu » et le verbe « vouloir ». L’amour est évidemment repérable par la forme verbale « on aime » au vers 9. Le pronom sujet « Elle » mis en anaphore aux vers 1, 5, 9 et 10, traduisant l’obsession passionnelle du poète pour la jeune fille. Cette passion est un exemple frappant du lyrisme qui imprègne ce poème. 



Cependant, ce lyrisme amoureux est profondément ancré dans un contexte exclusivement naturel, et ce par plusieurs aspects. D’une part, ce personnage féminin est, comme on l’a dit, particulièrement mystérieux, et semble quelque peu hors de l’humanité, donnant une impression très naturelle. Le balancement binaire « Elle était déchaussée, elle était décoiffée » (v.1), et le rythme ternaire « heureuse, effarée et sauvage » (v.15) contribuent à définir cet aspect du personnage. La mention des pieds, « nus » au vers 2 et qu’ « Elle essuya à l’herbe de la rive » au vers 9 semble inscrire la jeune femme dans la nature qui l’environne. Enfin, « Ses cheveux dans ses yeux » (v.16) montre la décontraction et la sérénité naturelles qu’affecte le personnage, personnification de la nature. 

D’autre part, la nature est ici le cadre spatio-temporel de l’aventure sentimentale. Le champ lexical de la nature est particulièrement abondant : « les joncs penchants » (v.2), « les champs » (v.4), « les arbres profonds » (v.Cool, « l’herbe de la rive » (v.9), « les grands roseaux verts » (v.14) sont autant d’éléments du cadre naturel. Le bonheur est illustré par « les oiseaux qui chantaient au fond des bois » (v.12) et la liquidité, présente dans « Comme l’eau caressait doucement le rivage » et l’allitération en [v] et [f] dans la dernière strophe (« rivage » (v.13), « vis venir » (v.14), « verts » (v.14), « fille », « effarée » et « sauvage » (v.15), « cheveux » et « travers » enfin (v.16)), semble faire écho au lyrisme amoureux et tendre. De plus, le poète donne à cette rencontre un cadre temporel, grâce à « le mois où l’on aime » (v.7), cadre qui renforce le sentiment amoureux. La nature, cadre superbe de ce poème, « [chante] » et « [caresse] » (v.12 et 13), verbes qui illustrent parfaitement la projection faite par le poète des sentiments et du lyrisme sur une nature également agréable, tendre et heureuse. 



« Elle était déchaussée… » reprend les grands thèmes du romantisme, c’est-à-dire le lyrisme et sa projection sur la nature. Ce poème est un hymne à la joie de vivre et à l’amour au travers d’une rencontre sentimentale. D’autres auteurs romantiques, comme Lamartine ou Gérard de Nerval, utiliseront dans leurs œuvres des rencontres amoureuses, au dénouement heureux ou malheureux, souvent personnelles et faisant également appel aux sentiments et à l’amour de la nature. 

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Deuxième commentaire littéraire

 

        Le romantisme, mouvement littéraire dominant dans la première moitié du XIXème siècle, est caractérisé par l'expression des sentiments, une forte idéalisation de l'être aimé, et par l'amour de la nature.Victor Hugo, chef de file incontesté des auteurs romantiques, a su briller dans les trois genres littéraires et il s'est notamment grandement illustré en poésie grâce au célèbre recueil des Contemplations. Cette oeuvre, dont est extrait le poème, a été composée en 1855 et est divisée en deux parties, marquées par le drame de la vie d'Hugo : la mort de sa fille. Ainsi, le texte, appartenant à la première partie du recueil, révèle une certaine joie de vivre et un amour de la vie et de la nature. Le premier axe de lecture concerne donc le poète, amateur de promenades et grand passionné de la nature; le second axe, quant à lui, révèle sa rencontre avec une jeune fille, belle et sauvage; enfin le dernier axe de lecture illustre les sentiments du narrateur envers la jeune fille.

        C'est l'importance de la nature qui frappe le lecteur au premier abord. On peut remarquer, dans un premier temps, un champ lexical de la forêt et de la végétation intense. Dès le début du poème apparaît le groupe nominal " les joncs penchants " (V.2) qui est suivi de près par le nom commun " champs "(V.4). Dans la deuxième strophe, le seul vocabulaire en rapport avec la nature est le groupe nominal " les arbres profonds " (V.8). On sait donc d'ores et déjà que la scène se déroule dans une forêt mais l'on apprend ensuite que les personnages sont proches d'un cours d'eau puisque le groupe nominal " l'herbe de la rive" (V.9) apparaît. Ensuite, " les oiseaux " (V.12) viennent apporter un peu de gaieté aux " bois " (V.12). « L'eau » (V.13) vient couler le long du "rivage" (V.13) où poussent de " grands roseaux verts " (V.14). Cette grande étendue du champ lexical de la nature montre la réelle importance de la forêt dans le poème.

        En second lieu, des figures de style plus élaborées font leur apparition. L'allitération en [p], aux vers 2 et 3 ("pieds", "parmi", "penchants", "passait" et "par"), évoque le clapotis de l'eau de la rivière. De même, il y a une sorte de chiasme à distance avec le groupe nominal " les arbres profonds " (V.8) et   « fond des bois » (V.12). Il y a d'abord "arbres" puis "profonds" , suivi de "fond" et enfin "bois".Ce chiasme révèle l'amour réciproque que ressentent les deux personnes au bord de la rive. C'est donc dans un paysage favorisant les relations amoureuses et dans un cadre idyllique que le poète rencontre cette jeune fille.

Enfin, les exclamations du poète, " Oh! Comme les oiseaux chantaient au fond des bois! "et « Comme l'eau caressait doucement le rivage ! » achèvent d'exprimer l'enthousiasme du narrateur, de même que le printemps, car les " oiseaux chantent " (V.12) et la périphrase " c'est le mois où l'on aime " (V.7) ne fait aucun doute sur la saison. De plus, l'amour du poète pour la jeune fille est métaphorique de la personnification de l'eau " qui caresse doucement le rivage " (V.13) révélant une grande tendresse affective et un fort amour pour la nature.

        Néanmoins, ce paysage naturel a une liaison avec l'humanité, grâce à cette femme qui semble appartenir à la forêt. Tout d'abord, on peut relever un champ lexical assez important concernant cette femme inconnue et "sauvage" (V.15). Elle apparaît « déchaussé » et "décoiffée" (V.1), ce qui n'enlève rien à sa "beauté" (V.6). Elle est " assise parmi les joncs penchants " comme si elle faisait partie d'eux, comme si ces joncs étaient ses amis ou sa famille, elle a "les pieds nus" (V.2). Elle reste silencieuse mais paraît en symbiose avec la nature car " elle essu(ie) ses pieds à l'herbe de la rive "(V.9). Cette fille est donc tout à fait adaptée à la forêt et semble faire partie d'elle, comme lorsqu'elle sort des "grands roseaux verts" (V.13).

C'est d'autant plus vrai qu'elle a "les cheveux dans les yeux", qui reflètent un aspect sauvage et métaphorique d'un arbre, avec ses branches identiques à la chevelure de la jeune femme. Le poète utilise la métaphore "fée" (V.3) pour la décrire, lui donnant par la même occasion un aspect supérieur, de divinité, renforcé par l'hyperbole "suprême" (V.5). Cette "nymphe" semble donc réellement appartenir à la forêt, et non au commun des mortels.

        En fin de compte, la description de cette femme s'achève par les différents rythmes du poème. Le rythme binaire " elle était déchaussée, elle était décoiffée " révèle son insouciance et son naturel de même que le rythme ternaire " la belle fille heureuse, effarée et sauvage "(V.15) révèle ses sentiments et sa beauté. C'est donc une sorte de nymphe attachée à la forêt que rencontre le narrateur lors de sa promenade.

        Malgré toutun texte romantique peut exprimer un amour pour la nature, mais il doit révéler un amour pour une personne, comme c'est le cas ici. Tout d'abord, les vers du poème, des alexandrins, sont l'image de la demande d'amour du poète à cette inconnue. Ce rythme long est renforcé par les exclamations du poète, "Oh! Comme les oiseaux chantaient au fond des bois!" (V.12) et "Oh! Comme l'eau caressait doucement le rivage!" et qui marquent aussi, renforcées par une forte ponctuation, l'enthousiasme et la gaieté du poète.

Ce sont ensuite les rythmes binaires et ternaires qui expriment l'exaltation du narrateur. Comme le montre le rythme ternaire "Elle...Elle...Elle" au début des trois premières strophes, le poète est obsédé par cette jeune femme assise dans les roseaux et il n'a d'yeux que pour elle ; toutes ses pensées sont concentrées sur cette inconnue.

        De même, le rythme binaire " comme les oiseaux chantaient au fond des bois... comme l'eau caressait doucement le rivage " montre la gaieté qui emplit son coeur car il est doublement heureux. Le second rythme binaire, "et je lui dis" (V.4 et 7) exprime l'insistance avec laquelle il aborde la jeune femme pour qu'elle l'accompagne, comme l'illustre le rythme ternaire " Veux-tu [...] ?" (V.4, 5 et 6) qui exprime aussi son empressement de se retrouver avec elle, seuls, " au fond des bois " (V.12). Le narrateur est donc fou amoureux de cette jeune fille vu la manière dont il s'empresse de l'aborder, vu son emportement, et il semble que son insistance ait fini par porter ses fruits .Il a contemplé depuis le début cette belle femme et le recueil porte donc bien son nom.

        L'amour pour la nature, la beauté sauvage, l'idéalisation et l'amour pour une personne sont donc des caractéristiques typiques du romantisme. Comme le montre si bien le poème, Victor Hugo était incontestablement le plus grand auteur romantique ayant jamais existé. Il a toujours fait preuve d'une grande maîtrise des oeuvres romantiques mais aussi d'une grande beauté dans leur rédaction.

Troisième commentaire littéraire

 

        Le romantisme est un mouvement littéraire cherchant à exprimer les sentiments intenses du personnage, à valoriser l’introspection et souvent à démontrer une certaine adoration pour la nature et la vie à l’état sauvage, libre et douloureux. Il naquit dans le courant de la première moitié du XIXème siècle, en France. Victor HUGO fut l’un des écrivains fondateurs de cette tendance. Ce dernier publia de nombreux romans, poèmes et pièces de théâtre. Elle était déchaussée, Elle était décoiffée est un poème romantique, de registre lyrique, à travers lequel le poète décrit la beauté sauvage, vierge et éternelle d’une femme dont il est amoureux, et la compare métaphoriquement à l’environnement naturel qui l’entoure.

        Tout d’abord, le poète contemple et admire la beauté du personnage. « Elle » (v. 1) est belle, jeune, vive, secrète, et sauvage. Son apparence physique se traduit par le champ lexical de la beauté et de l’éternelle jeunesse. Puis, nous avons aux vers 7 et 8 la preuve d’un désir d’union ou de fusion entre les deux êtres. Le « on » du vers 7 se transforme en « nous » au vers suivant. Le passage d’un pronom indéfini à celui d’un pronom personnel pluriel montre à quel point le poète aime rêve de conquérir la jeune fille.

        Ensuite, l’anaphore d’ « Elle » au vers 1, 5, 9 et 10 confère l’importance du personnage féminin. Notons également qu’elle est reprise à chaque début de vers sauf dans l’ultime. La première personne du singulier revient également très souvent. « Je » parle toujours au passé simple, alors qu’ « elle » ne s’exprime qu’à l’imparfait (qui est en soi un temps inachevé, tout comme sa beauté qui est éternelle).

        De plus, dans la deuxième strophe, le poète souhaite attirer l’attention du lecteur sur la puissance des yeux. En créant une répétition autour d’elle et de son regard, cela indique un contraste entre ce que l’on perçoit, ce que l’on ressent et ce que l’on voit. « Elle » [le] regarda de ce « regard suprême » (v.5). Immédiatement après, le second « regard », nous trouvons un adjectif mélioratif et également hyperbolique : « suprême ». Cette femme est présentée comme une entité extraordinaire, comme une « fée » (v. 3).

        Par ailleurs, ce poème est composé d’alexandrins. Le poème compte quatre strophes. Cette structure est ‘classique’ mais s’adapte bien dans le cadre d’une œuvre romantique, et d’un amour tout sauf traditionnel. Les vers riment en croisés, et sont supposés expliciter le désir d’union ou de liaison du narrateur avec « Elle ». En outre les allitérations de sons fluides en [s] et [f] sont très fréquentes dans Elle était déchaussée, Elle était décoiffée. Elles miment le mouvement de l’eau dans les roseaux, le sifflement du vent dans les herbes et la nature humide autour d’eux. Le poète invite la jeune fille à venir le rejoindre, il l’attire vers un monde d’amour mais la créature jeune et naïve hésite encore entre la vie sauvage, ou l’amour fou. Son charme et le côté secret qu’elle incarne sont projetés sur l’environnement. Cela rappelle les procédés utilisés par d’autres auteurs, comme dans « Ondine » d’Aloysius BERTRAND, lorsque la sirène tente d’emporter avec elle son amant, au fond des lacs (de nouveau, la présence d’eau symbolise le temps qui passe, c'est un élément favorable au lyrisme). La question est reposée à deux reprises, sous formes légèrement différentes. Cela est suivi d’une courte allitération en [p] avec «  les pieds nus, parmi les joncs penchants ; Moi qui passais par la ». Elle illustre le clapotement des eaux le long du « rivage » (v.13) sur lequel la créature divine est accroupie.

        En outre, deux périphrases décrivent la jeune fille sauvage : « belle folâtre » (v.11) et « belle fille » (v.15). Ces périphrases ont pour but la ‘décentralisation’ du personnage féminin dont il est question et ainsi la rendre accessible à n’importe quelle interprétation que le lecteur pourrait en faire. Peut être n’est elle-même pas humaine. Une « fée » ? Un rêve ? Ou simplement une envie de fraîcheur, de vie, de mystère, qu’incarnerait une telle femme ? HUGO s’est sans doute inspiré du charme de sa fille, et du corps de sa femme, afin d’écrire des sentiments qui appartiennent à sa propre histoire.

        Cependant, malgré sa beauté éblouissante, l’héroïne est sauvage. « Elle » est libre comme le vent qui déchaîne ses cheveux, et insaisissable comme l’eau qui caresse ses pieds nus. Ses pieds sont « nus » (v.2), elle est « folâtre » (v.11) et ses « cheveux [sont] dans ses yeux » (v.16). Elle est clairement proche de la nature. La scène est comparable à un tableau sur lequel le poète peint ses sentiments, tout comme le soleil dessine les nuages dans le ciel. Les deux, la femme et le poète, sont en un sens, liés à la nature.

        En second lieu, la description de la liberté de cette femme et de la nature qui entoure les deux personnages passe par le champ lexical de tout ce qui est sauvage. Sa tenue vestimentaire est incorrecte pour les mœurs de l’époque. Elle a des pieds nus, elle joue dans les herbes, elle s’avance d’un air « effaré ». Ensuite, on a le champ lexical de la nature avec les « arbres » (v.8), « l’eau » (v.13) et les « champs » (v.4). La bordure de la rive est décorée par une végétation particulière : des « joncs » (v. 2), de l’ « herbe » (v.9) et de « grands roseaux verts » (v.14). Derrière ce paysage humide se cachent des champs et des « bois » dans lesquels vivent des « oiseaux » (v.12). La nature symbolise aussi la joie et le bonheur. Les oiseaux explicitent leur contentement, et la « belle », « heureuse », rit.

        Par la suite, une antithèse confronte la première moitié avant l’hémistiche à celle qui est située après l’hémistiche. Au début du poème, le poète invite la belle fille vers les champs. Il s’agit d’un lieu ouvert, aéré et lumineux. Contrairement à cela, dans la partie suivante, le personnage masculin propose à la femme de le rejoindre parmi les arbres, dans les bois. Il ne s’agit plus du même endroit. Ce dernier est sombre, et plus intime. La ponctuation forte de la fin de certains vers (comme les vers 4, 8, 12, 13) indiquent le ton et prouvent le lyrisme. L’interjection du vers 12, « Oh ! Comme les oiseaux chantaient au fond des bois ! », complète cette idée de béatitude, et d’étonnement devant une si belle personne, ce qui évoque l’étude de la description de la nature.

        De même , le temps joue un rôle relativement important dans Elle était déchaussée, Elle était décoiffée, comme dans beaucoup de poèmes romantiques, l’amour étant étroitement lié au temps qui s’écoule. Le temps, les saisons et les jours rythment la vie des plantes, ainsi que celle des hommes. Dans ce poème, le beauté surprenante de la femme ne semble pas atteinte par cette inexorable progression d’une entité qu’on ne contrôle pas. La nature voyage à part, et les deux amoureux sont dans une sphère de ‘rêve’. L’eau (élément essentiel a la vie) qui coule aux pieds de la fille sauvage rappelle la fuite du temps.

        Enfin, la notion du secret et de l’imaginaire est clairement imprimée dans ce poème. Le milieu reflète la personnalité de la jeune fille… le poète parle des « arbres profonds » (v.8) ainsi que du « fond des bois » (v.12), ce qui fait penser à une cachette. L’environnement est confondu avec le personnage décrit, et devient un outil stylistique que le poète va employer allègrement pour décrire la femme aimée.

        Finalement, Elle était déchaussée, Elle était décoiffée est un poème romantique, de registre lyrique dans lequel il est question d’une jeune fille à la beauté extraordinaire, de son caractère sauvage, et de la nature qui l’entoure. HUGO était un poète remarquable, poète de sa propre histoire, qui sut marier la description fine d’un lieu, d’un personnage ou d’un événement à un style unique. Le mouvement du réalisme suivi du naturalisme succédèrent au romantisme, révélant des auteurs tels que ZOLA, BALZAC et FLAUBERT. Comme dirait l’auteur du poème commenté, Aimons toujours ! Aimons encore !*.

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Date de dernière mise à jour : 28/10/2019