Le sujet, le désir philosophie 2020. -Est-il absurde de désirer l'impossible?Changer ses désirs plutôt que l'ordre du monde?Désirer sans souffrir?

Bac philosophie 2020 perspective 2021-Le désir comme besoin non nécessaire, source d'accomplissement-puissance de dépossession à contrôler-puissance d'affirmation,source de bonheur

Descartes

 
 

Le désir, besoin non nécessaire source d'accomplissement. Accomplir ses désirs : un idéal de vie heureuse-Une dépense improductive-Un manque à combler

Au premier abord le désir peut être saisi dans sa relation avec le besoin. Quelle différence entre avoir soif et désirer un verre d'eau ? Le besoin se comprendrait comme nécessité naturelle alors que le désir serait un besoin culturel, artificiel, superflu (choix de la boisson, façon de la boire, boire sans soif pour le plaisir). Accomplir tous ses désirs serait un idéal de vie heureuse. Un désir non réalisé serait à l'origine d'un manque et d'une souffrance qu'il nous faudrait par tous les moyens essayer d'éviter. Et pourtant le désir n'est-il qu'un prolongement du besoin ou recèle-t-il une différence irréductible (continuité ou discontinuité ?)? N'aurait-il pas une puissance qui peut nous déposséder de toute maîtrise de nous-mêmes ? Il est une humiliation pour la volonté qui reste impuissante. C'est la puissance du désir qui apparaît comme une menace qui a conduit les philosophes et les théologiens à élaborer des méthodes censées préserver ou restaurer la souveraineté de l'esprit sur le corps (conversion platonicienne des désirs, impassibilité du sage stoïcien, neutralisation de la puissance du désir par Epicure, ascétisme). Toutefois comme le fait remarquer Spinoza "le désir est l'essence de l'homme". On ne combat un désir que pour en satisfaire un autre (d'où l'importance de l'orientation du désir, plus le désir est élevé, plus le plaisir est de qualité). En outre, le désir est paradoxal, il veut à la fois se satisfaire et ne pas mourir en tant que désir d'où l'insatiabilité des désirs, comme si le fait de désirer était plus important que l'objet du désir qui n'est qu'un prétexte. Désirer l'impossible, l'inaccessible n'est-ce pas manifester cette "disposition, dont nous parle Kant, à n'être jamais satisfait par rien de temporel" ? N'est-ce pas dans l'espace créé par cette tension que se situe la créativité et dans l'acte de désirer que se situe le bonheur ? 

 

A consulter 

Lexique de philosophie, de A à Z. Bac 2020 perspective examen du bac 2021
 

 

I - Le désir comme besoin non nécessaire source d'accomplissement

1. Accomplir ses désirs : un idéal de vie heureuse (thèse de Calliclès dans le Gorgias de Platon).

Pour Calliclès, c'est un idéal impossible à réaliser (certains désirs sont irréalisables) mais qui doit servir de norme régulatrice à toute vie heureuse. Respecter cette norme nécessite d'avoir le courage de laisser la puissance du désir nous donner la force de conquérir au lieu de rechercher frileusement le retrait dans la modération (à rapprocher de la philosophie de Don Juan).


2. Le désir comme dépense improductive.

La société de consommation confond désir et besoin artificiellement créé. On appelle désir ce qui n'est pas un besoin nécessaire à la conservation de la vie et à la continuation de l'activité productive (cf Bataille, La Part maudite). Le désir est une dépense qui a sa finalité en elle-même.


3. Le désir crée un manque à combler

Le désir est le signe d'un manque, si la plénitude était nôtre nous n'aurions rien à désirer (cf mythe d'Aristophane et Platon, Le Banquet)


Transition : Réaliser tous ses désirs représente un idéal impossible, source de souffrances, qui peut entraîner la dépossession de soi. L'homme qui est incapable de maitriser ses désirs n'est-il pas condamné à remplir sans fin un tonneau percé comme les Danaïdes et à devenir l'esclave de lui-même ?

Le désir comme puissance de dépossession à contrôler - Le désir comme puissance de dépossession- Le désir doit être contrôlé- désir et l'ascétisme

II - Le désir comme puissance de dépossession à contrôler 

1. Le désir comme puissance de dépossession
Cf texte de St Augustin sur les jeux du cirque dans Les Confessions Le désir est impétueux, irrationnel au point d'apparaître comme une dépossession de soi pour celui qui l'éprouve.


2. Le désir doit être contrôlé
** Contrôler nos désirs : une règle de vie sage Une bonne règle de vie consisterait à établir des règles qui permettent à notre existence de nous appartenir. Platon va dans ce sens, dans le Phèdre il nous explique qu'il y a dans l'âme trois parties : les deux premières sont assimilées à des chevaux et la troisième à un cocher. Des deux chevaux l'un est bon et l'autre pas. Le premier symbolise le goût instinctif du plaisir, le second le goût réfléchi du bien : "Quand donc le cocher, apercevant l'objet d'amour, sent toute son âme prendre feu et qu'il est envahi par les chatouillements et les aiguillons du désir, le cheval docile aux rênes, dominé comme toujours par la pudeur, se retient de bondir sur le bien-aimé ; mais l'autre sans souci de l'aiguillon ni du fouet, saute et s'emporte avec violence ; il donne toutes les peines du monde à son compagnon d'attelage et à son cocher, et les contraints d'aborder le jeune garçon et de l'entretenir des plaisirs". Par contre : "Si les éléments supérieurs de l'âme ont la victoire et réduisent les amants à mener une vie réglée et à cultiver la philosophie, ils passent leur existence terrestre dans le bonheur et dans l'union; maîtres d'eux-mêmes et réglés dans leur conduite, ils tiennent en servage la partie où naît le vice, et assurent la liberté à celle où naît la vertu."
** Le stoïcisme : cette philosophie nous invite à changer nos désirs plutôt que l'ordre du monde. Il nous faut apprendre à vouloir ce que l'on peut (cf textes d'Epictète extrait des Entretiens et de Descartes extrait du Discours de la Méthode)
** L'épicurisme : il nous invite à dépouiller le désir de l'intensité qui lui est conférée par la représentation mentale. Par ailleurs il nous incite à faire le départage entre les désirs naturels et vains puis entre les désirs naturels nécessaires et les désirs naturels non nécessaires (cf Epicure, lettre à Ménécée).


3. Le choix du contrôle de la volonté sur la prise de risque désir : l'ascétisme

La souffrance occasionnée par le désir conduit à un ressentiment à son égard, à un renoncement. L'ascétique préfère une volonté de néant qu'un anéantissement de la volonté dans le désir. Comme le fait remarquer Nietzsche : "L'homme préfère encore vouloir le néant plutôt que de ne pas vouloir du tout..." (cf texte de Nietzsche extrait du Crépuscule des idoles).


Transition : Est-ce que l'affaiblissement du désir voire sa destruction n'est pas plus redoutable que la menace constituée par le désir lui-même ?

Le désir comme une puissance d'affirmation et une source de bonheur en lui-même ? L'accomplissement de l'homme est dans l'acte de désirer-Le désir se désire lui-même

III - Le désir comme une puissance d'affirmation et une source de bonheur en lui-même ?

1. L'accomplissement de l'homme est dans l'acte de désirer

Le désir est l'essence même de l'homme à la foi fini et épris d'infini. Nous n'abandonnons un désir que pour un autre plus satisfaisant d'où l'importance d'identifier ce qui est éminemment désirable (l'infini) pour éviter de donner une valeur d'absolu à un être fini ainsi qu'il est fait dans la passion ou le fanatisme ou encore de se perdre dans la multiplicité des désirs finis (cf textes de Spinoza extraits de L'Ethique)

“J’entends donc ici sous le nom de Désir tous les efforts, impulsions, appétits et volitions* de l’homme ; ils sont variables selon l’état variable d’un même homme, et souvent opposés les uns aux autres, au point que l’homme est entraîné en divers sens et ne sait où se tourner.”

Spinoza, Éthique, troisième partie, Définitions des sentiments.

Pour Spinoza, désirer, ce n’est plus seulement aimer ce qui nous manque, ce qui n’est pas, c’est au contraire aimer ce qui existe réellement et de manière effective. Pour lui, si en effet on se condamne à n’aimer que ce qui est absent, c’est parce qu’en réalité on est incapable d’apprendre à aimer ce qui est, ce qui existe réellement. C’est lorsqu’on a perdu la capacité à nous réjouir de ce qui est, ce qui existe, que l’on en vient à désirer ce qui n’est pas, à vivre dans la tension du manque et de l’absence


2. Le désir se désire lui-même

Comme le fait remarquer Rousseau "Malheur à celui qui n'a plus rien à désirer !il perd pour ainsi dire tout ce qu'il possède." extrait de La Nouvelle Héloïse. Nous recherchons "l'amour réalisé du désir demeuré désir" selon la formule de René Char. C'est la raison pour laquelle le désir est insatiable, le fait de désirer importe plus pour nous que l'objet désiré qui, à peine obtenu, est déjà délaissé (à moins que l'objet désiré soit inaccessible d'où le désir de l'impossible). Le désir est désir d'infini pour ne pas mourir en tant que désir.


3. La frustration initiale est source de créativité.

La sublimation (transformation d'une pulsion à l'état brut en pulsion plus raffinée) est source de créativité et de liberté (cf Hegel). Le détour exigé par la censure ou la réalité sollicite l'invention. Le moyen le plus rapide de satisfaire un désir n'est pas le plus intéressant (gastronomie, érotisme, art, ...).


4. Le désir est radicalement différent du besoin.

Il y a une perte de la maîtrise du sujet dans le désir, le sujet désirant ne sait pas où va le mener le désir car il va à la fois le construire et le déstabiliser, c'est pour cela qu'il est source de créativité est d'enrichissement. Alors que le besoin superflu ne menace en rien la maîtrise du sujet ; même si l'objet de la satisfaction manque, le trajet qui mène jusqu'à lui est là dès le début. Sartre explique dans l'Être et le Néant que l'homme est possédé dans le désir, qu'il est submergé alors que ce n'est pas le cas dans le désir du superflu. Il nous est impossible de posséder l'autre.

Conclusion :
Ce n'est pas le désir lui-même qu'il faut contrôler mais les besoins superflus qui n'en sont qu'une expression mutilée et qui nous rendent esclave du besoin de conquérir toujours plus. Cette maîtrise est nécessaire pour être libre de désirer en désirant. S'orienter vers ce qui est éminemment désirable est source d'accomplissement. Le désir nous fait sortir du domaine de la maîtrise et de la possession pour nous faire tendre vers ce qui nous accomplit tout en se refusant (la perfection, la beauté, la vérité, la justice, l'éternité, ...) et c'est dans l'espace de cette tension que se situe la créativité et l'amitié (au sens aristotélicien : partage d'un espace commun), le plaisir qu'il y a à désirer ensemble ce qui nous dépasse. A en croire Aristote le désir est un présent si enviable que nous refuserions la divinité si elle nous était proposée pour ne pas le perdre. Le désir nous donne des ailes et les anges nous l'envient (cf Les ailes du désir de Wim Wenders). Si le désir nous dépossède, c'est pour mieux nous reconstruire contrairement à la course sans in après des besoins superflus qui nous leurre et nous éparpille.

Sade, La philosophie dans le boudoir - Les problèmes essentiels, Désir, bonheur, liberté, le désir et son objet, essence de l'homme

Le désir

Notions également traitées dans ce chapitre :

Le sujet - Le bonheur - La liberté - Autrui - La société et les échanges

Voluptueux de tous les âges et de tous les sexes, c'est à vous seuls que j'offre cet ouvrage: nourrissez-vous de ses principes, ils favorisent vos passions, et ces passions, dont de froids et plats moralistes vous effraient, ne sont que les moyens que la nature emploie pour faire parvenir l'homme aux vues qu'elles a sur lui; n'écoutez que ces passions délicieuses; leur organe est le seul qui doive vous conduire au bonheur. Femmes lubriques, que la voluptueuse Saint-Ange soit votre modèle; méprisez, à son exemple, tout ce qui contrarie les lois divines du plaisir qui l'enchaînèrent toute sa vie. Jeunes filles trop longtemps contenues dans les liens absurdes et dangereux d'une vertu fantastique et d'une religion dégoûtante, imitez l'ardente Eugénie; détruisez, foulez aux pieds, avec autant de rapidité qu'elle, tous les préceptes ridicules inculqués par d'imbéciles parents. Et vous, aimables débauchés, vous qui, depuis votre jeunesse, n'avez plus d'autres freins que vos désirs et d'autres lois que vos caprices, que le cynique Dolmancé vous serve d'exemple; allez aussi loin que lui, si ,comme lui, vous voulez parcourir toutes les routes de fleurs que la lubricité vous prépare; convainquez-vous à son école que ce n'est qu'en étendant la sphère de vos goûts et de ses fantaisies, que ce n'est qu'en sacrifiant tout à la volupté, que le malheureux individu connu sous le nom d'homme, et jeté malgré lui sur ce triste univers, peut réussir à semer quelques roses sur les épines de la vie.

Sade, La philosophie dans le boudoir, 1795.

Problèmes essentiels

Désir et bonheur :

Pour être heureux, faut-il chercher à satisfaire tous ses désirs ?

Au contraire, n'est-on heureux que si on renonce ou si on est libéré des désirs ?

Désir et liberté :

Être libre, est-ce faire ce que l'on désire ?

Les désirs sont-ils aliénants ou libérateurs ?

Peut-on les maîtriser ? Si oui, comment ?

Le désir et son objet :

Notre désir est-il toujours transparent et conscient ?

Autrement dit, savons-nous toujours pourquoi nous désirons tel ou tel objet et ce que nous désirons réellement dans ou à travers cet objet ?

Le désir, essence de l'homme :

Peut-on définir l'homme par le désir ?

Peut-on imaginer un homme sans désirs ?

Désir et morale :

Pour agir moralement, faut-il réprimer ses désirs ? 

Intro. : Petit exercice :

réfléchir aux nuances entre ces termes :

Envie - Besoin - Désir - Volonté

Présenter votre travail sous la forme d'un tableau comparatif.

Pour être heureux faut-il libérer les désirs ou s'en libérer ?

Calliclès : Eloge de l'intempérance.

Platon met en scène dans le Gorgias le personnage de Calliclès qui défend la thèse selon laquelle c'est en assouvissant sans freins tous nos désirs que nous parvenons au bonheur et à la liberté. Mais si, comme dit Freud, pour parvenir au bonheur "La satisfaction illimitée de tous les besoins se propose à nous avec insistance comme le mode de vie le plus séduisant" (Malaise dans la culture, 1929), il n'est pas certain que ce choix de vie soit bon à moyen ou à long terme : dans la même phrase Freud lui-même poursuit en disant "mais l'adopter serait faire passer le plaisir avant la prudence, et la punition suivrait de près cette tentative". C'était déjà la thèse que développait Socrate dialoguant avec Calliclès et qui dénonçait la naïveté ou l'inconscience de celle du sophiste. 

Épicure : La classification des désirs.

L'objet de la Lettre à Ménécée dans son ensemble est d'enseigner comment parvenir au bonheur. Cela signifie qu'il faut d'abord apprendre à vaincre les maux qui troublent les hommes, à savoir la crainte des dieux, de la mort, l'illimitation des désirs et la douleur. Pour ce qui est des désirs, il faut avant tout distinguer ceux qui sont compatibles avec le dessein d'être heureux et ceux qui le contrarient. Pour une approche rapide de l'épicurisme sur ce point, voir passage sur la mort et le désir d'éternité; la classification des désirs évidemment et ceux sur le plaisir et la vie simple du sage

Epictète : Voir le Manuel, en particulier I, " Distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous";

cette citation on ne peut plus claire : "Ne demande pas que ce qui arrive arrive comme tu désires ; mais désire que les choses arrivent comme elles arrivent, et tu seras heureux" (Manuel, VIII).

 

Désirer est-ce nécessairement souffrir ? Désirs et société de consommation - Le désir, essence de l'homme

 

Désirer est-ce nécessairement souffrir ?

Rousseau, Malheur à qui n'a plus rien à désirer !

Schopenhauer : Désir et satisfaction. Connait-on le véritable objet de nos désirs ? Sommes nous libres de désirer ?

Rappel :

Deux références vues précédemment peuvent servir ici : - Nous pouvons d'abord nous souvenir de la critique que fait Spinoza du libre-arbitre : Il dénonce le fait que nous croyons la plupart du temps désirer librement, mais que cette impression ne provient que de l'ignorance où nous sommes des causes qui déterminent nos désirs. - Le texte de Rousseau lu dans la partie II ci-dessus : au final Rousseau y affirme que le véritable objet du désir, c'est le désir lui-même : on désire désirer ! René Girard et la théorie du désir mimétique développée dans Mensonge romantique et vérité romanesque (1961) : Voir ce texte et cette page

Désirs et société de consommation :

- Jean Baudrillard, Désir et consommation.

- Annie Ernaux, Les Années (Roman de 2008). Sur la dictature de la consommation.

Le désir, essence de l'homme

Spinoza : "Le désir est l'essence même de l'homme, en tant qu'elle est conçue comme déterminée, par une quelconque affection d'elle-même, à faire quelque chose." (L’Éthique, III, Définitions des sentiments, I)

Sartre : Le désir révèle le manque d'être fondamental de l'homme, il est désir d'être. Pour en savoir plus : écouter cette émission.

Complément :

Désir et morale

Sur cette relation voir le cours sur La morale et la différence entre les doctrines morales pour lesquelles les sentiments (ou plutôt certains d'entre eux) peuvent déterminer des actions morales, et celles pour lesquelles l'intervention d'un sentiment quel qu'il soit comme mobile d'une action ruine sa dimension purement morale.

Le désir, conscience malheureuse d'un état de manque -Maîtriser ses désirs pour guérir de la souffrance-Une souffrance acceptée est elle encore vraiment une souffrance?

Peut-on désirer sans souffrir? Dissertation.

L'homme peut il désirer sans souffrir? Doit il oublier ou souffrir, est ce la seule dialectique dans laquelle il puisse s'enfermer? Qu'en est il du besoin? Ne pas le satisfaire fait souffrir, on sait aussi le plaisir lié à la satisfaction du besoin, voire la disparition de la douleur. Cependant le désir est bien plus paradoxale car ce qui manque fait souffrir alors même que nous sommes tournés vers des objets dont on pourrait se passer. Pourtant l'homme peut s'avouer malheureux alors même que ses besoins sont satisfaits. Comment comprendre ce paradoxe? Si le désir est inhérent à la nature humaine, nous devrions évaluer à sa juste mesure la souffrance qui lui est propre. Comment admettre que l'homme puisse continuer de désirer en pleine lucidité et conscience de la souffrance que le désir entraîne? Il semblerait qu'il soit bien trop simple d'évoquer le désir comme un simple manque douloureux. Il faudrait plutôt parler en terme d'évaluation du plaisir qu'il peut procurer pour vois s'il faut raisonnablement s'y livrer ou y renoncer pour éviter les souffrances.

I – Le désir comme conscience malheureuse d'un état de manque :

1 – le désir réalisable

Le désir nous pousse vers les objets que nous désirons avoir, un mouvement se développe ainsi de manière spontanée. Comment expliquer ce dernier? Il ne cherche en fait que le plaisir, le mouvement par lequel nous sommes poussés à vouloir tel objet est essentiellement animé par le plaisir que l'objet lui même pourrait nous procurer. Personne ne désire souffrir même pas le masochiste, car il nous faut distinguer la douleur et la souffrance, la première a une dimension spirituelle, la seconde est plus physique. Le masochiste rechercherait ainsi une forum de plaisir à travers la douleur, il ne désire donc pas souffrir.

2 – Les cyrénaiques

Le disciple de Socrate, Aristippe fonda l'école des cyrénaiques qui vantait le bonheur associé aux plaisirs sensibles contrairement à un élévation spirituelle. Le bonheur serait ainsi défini comme l'absence de tout manque et identifié au plaisir physique. Le désir était ainsi le principe grâce auquel le bonheur pouvait être approché. Nous sommes loin des visées ou promesses de bonheur spirituelles, religieuses, idéalistes, les cyrénaiques identifient au contraire le bonheur à la sensation positive du plaisir physique.

3 – Désir et plaisir chez les cyrénaiques

Nous pouvons nous poser la question de savoir ce que cherche le désir. Que cherche t'il si ce n'est la satisfaction? Le plaisir physique serait selon ces philosophes accessible et si le désir est assimilé à la souffrance , c'est aussi et peut être sur la base d'une définition trop large qui le désigne comme étant tourné vers autre chose que le plaisir matériel. Peut être nous faut il revenir à une conception plus rationnelle du désir qui permettrait de le satisfaire. La volonté de réussir à être satisfait domine dans cette quête du bonheur. Il s'agit de combler un manque

On pourrait ainsi affirmer qu'il n'y aurait pas nécessairement de lien entre le désir et la souffrance si l'on pose le désir au sens d'une satisfaction physique, mais cela ne réduit il pas la problématique du désir, que poursuit l'homme dans le désir, devons nous annihiler toute volonté d'élévation spirituelle?

II - Maitriser ses désirs pour guérir de la souffrance

1 – L'hédonisme cyrénaique

Le bonheur réduit au simple plaisir physique n 'est il pas utopique? C'est Hégésias qui montrera la faille du plaisir physique incapable d'assurer un bonheur stable désormais hors d'atteinte. Nous assistons à une véritable condamnation de l'hédonisme ou de l'identification du bonheur au simple plaisir, l'objet du bonheur semble en effet se tourner vers un autre genre de plaisirs, sa destination n'est donc pas à l'abri de la souffrance de ne pouvoir être satisfait.

2 – L'aspect insatiable du désir

L'homme est par conséquent invité à être prudent face aux désirs toujours insatiables et jamais satisfaits, tous les objets peuvent ainsi devenir désirables sans qu'on ait conscience de la raison pour laquelle on les poursuit. Ils deviennent incontrôlables et font perdre toute maîtrise de soi, ainsi entre les besoins et les désirs, il est préférable de satisfaire les premiers au détriment des seconds. Quelle que soit l’école antique que l’on considère, on constate une même suspicion vis-à-vis du désir : mouvement jamais vraiment achevé, manque jamais vraiment comblé, le désir serait une soif déraisonnable qui conduirait celui qui l’éprouve à souffrir toujours de ne pas voir l’objet poursuivi atteint. On retrouve ainsi Épicure et sa philosophie axée sur la différenciation des besoins et des désirs. Le désir devient par définition un état de manque jamais comblé sans faire la différence entre les bons et les mauvais désirs. Il semblerait donc que tous les désirs soient vains, non nécessaires, insatiables et objet de souffrance infinie. Ainsi la recette du bonheur se simplifie et consiste à éviter de souffrir en se concentrant sur les besoins nécessaires et indispensables à satisfaire. L'épicurisme est en quête d'eudémonisme, une vraie recherche de bonheur au sens d'absence de souffrance. Le bonheur suppose un certain ordre alors que le désir est en soi un désordre qui ne peut en rien susciter l'ataraxie.

3 – Le désir est synonyme de souffrance

Voici une équation posée, on la retrouve dans le Banquet de Platon qui reprend le mythe des androgynes et met en scène le désir propre aux amants jamais satisfaits. Nous comprenons que, relativement à la vraie nature du désir, que ce qui le caractérise est le sentiment de manque et donc de souffrance. Le désir reste impérieux.

Il va donc de soi que tout désir est souffrance et l'amour est l'archétype du désir ainsi que le disait Lamartine dans son poème : «un seul être vous manque et tout est dépeuplé». Mais pouvons nous accepter l'idée d'une souffrance sensée qui ne serait plus tout à fait une souffrance?

III - Une souffrance acceptée est elle encore vraiment une souffrance?

1 – Le désir et la passion

Si nous nous penchons sur l'étymologie du terme «passion», nous dirons qu'il vient du latin «patior» signifiant «souffrir», par conséquent, il porte en lui la douleur et la violence de ce qui fait souffrir. La passion se révèle dérégulatrice, le passionné est celui qui souffre de ne pas être satisfait. On peut la distinguer du désir au niveau de son aptitude à entrer relativement parlant en conformité avec la raison. Dans une certaine mesure, le désir peut s'accorder avec le monde par opposition au passionné.

2 – Le désir, la passion et la dépossession de soi

Le désir est il entièrement subi? Il semblerait que non car celui qui désire n'est pas totalement enfermé dans l'objet de son désir contrairement au passionné devenu obsédé pour avoir projeté sur l'objet désiré tout le sens de sa vie, on peut en parler en terme d'aliénation et de réduction à un objet. On voit la différence essentielle, alors que la passion réduit à l'objet, le désir est un manque qui n'est pas que manque car produit quelque chose qui n'est pas et qui peut parfois trouver des moyens d'accomplissement, le désir est donc plus subtil que la passion. Le désir serait donc ce qui, dans le mouvement, ne se satisfait pas de ce qui est obtenu, mais travaille déjà à ce qui manque encore. Le désir est alors dans le dépassement perpétuel de l’objet, ce qui signifie que connaître son désir, c’est identifier ce qu’on cherche comme nous échappant à l’infini. Et dépasser l’objet, c’est aussi dépasser la souffrance qui serait liée à son absence. C'est dans le désespoir que le désir deviendrait positif au point d'être une absence de souffrance.

3 – Une souffrance lucide et atténuée

Le désir pourrait être ainsi maîtrisé relativement parlant à condition que l'homme ait conscience de ses limites, on retrouve la définition spinoziste du désir au sens d'appétit dont on a conscience. Il suffit d'évaluer son propre appétit pour ne plus en être l'objet. L'acceptation du désir et la prise de conscience qu'elle suppose atténuerait la souffrance, voire la ferait disparaître. l’homme souffre tant qu’il se sent étranger au mouvement de son propre désir

Conclusion.

Il ne nous faut donc pas réduire le désir à un manque au risque d'en faire une souffrance nécessaire. Nous devons prendre conscience de la nécessité du désir pour atténuer, voire faire disparaître toute souffrance inhérente au désir qui nous anime. La conscience lucide de la nécessité du désir serait la solution pour ne plus souffrir. L'homme devrait s'efforcer de rester en conformité le plus possible avec la raison.

 

1 les désirs doivent s’adapter au monde. 2 Le désir comme ce à quoi l’ordre du monde doit se soumettre -3 – Quel est cet ordre que le désir remet en question ?

Vaut-il mieux changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde ?

Vaut-il mieux changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde ? Nous sommes au monde et de ce fait obligés de l’accepter tel qu’il se présente à nous, il est tel qu’il est et pas autrement. Pourtant l’homme est un être toujours en quête d’idéaux divers et il a tendance à projeter l’idéal d’un autre monde sur celui déjà existant. Le monde devient ainsi idéalement parlant tel qu’il voudrait qu’il soit. Ce dernier comblerait de cette façon ses manques et ses désirs. Cette manière de se concevoir au monde ne fait que créer de nouveaux besoins jamais assouvis, jamais satisfaits, puis de nouveaux manques, jusque-là jamais ressentis. Ainsi, chez Descartes, entre la troisième et la sixième partie, le discours semble avoir changé du tout au tout : si dans la troisième partie, Descartes recommande de changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde, dans la sixième, il annonce au contraire que l’homme doit devenir « comme maître et possesseur de la nature ». Nous serions ainsi enfermés dans au paradoxe, nous sommes dans une certaine mesure capable de changer l’ordre du monde pour satisfaire nos désirs mais d’un autre côté, notre ambition reste à un niveau idéal car parfois illégitime. Nous sommes donc amenés à nous poser la question de savoir s’il est bon de se soumettre à la loi du désir, à la loi du monde. Pouvons trouver une forme d’unité et de cohérence ? Nous tenterons pour répondre à notre question de voir dans un premier temps si les désirs doivent s’adapter au monde, dans une seconde partie, nous analyserons le désir comme ce à quoi l’ordre du monde doit se soumettre et enfin, en troisième lieu, nous nous poserons la question de savoir ce qu’est cet ordre que le désir remet en question.

1 les désirs doivent s’adapter au monde.

A – L’homme est un être de désirs qui par opposition aux besoins sont superflus, dispensables. Or l’homme devrait parer au nécessaire et non pas succomber à l’ordre de ses désirs toujours insatisfaits et déraisonnables. Consacrer son temps au désir, c’est alimenter un puits sans fond, investir à fonds perdus et se préparer la déception : on le verra, le désir n’a pas d’objet, et la première conséquence qu’on peut en tirer, c’est qu’il ne faut pas lui accorder de valeur. La raison réclame donc qu’on change nos désirs, en les réduisant tout simplement.

B – Au-delà du charme des désirs non pensés et du manque qu’ils créent ils font espérer en vain, c’est une promesse sans lendemains. C’est pourquoi le stoïcisme ainsi que Descartes dans son Discours de la méthode posent que le désir dépend de l’homme dès l’instant où il sait que l’objet de son désir lui échappe. Ainsi, la liberté vraie devrait pousser l’homme à juger de manière convenable de ce qui dépend de lui et de ce qui ne dépend pas de lui, il ne faudrait vouloir que ce qui est en notre pouvoir. L’ordre du monde ne peut donc pas être changé comme le proclame la philosophie stoïcienne: il existe un ordre de la nature qui produit dans le monde ce qu’on peut appeler une nécessité : les phénomènes n’ont pas lieu par hasard, ni de manière arbitraire, ils sont provoqués par des causes qui agissent selon des lois qui constituent, précisément, l’ordre du monde. Toute action humaine doit s’inscrire dans cet ordre-là. Ainsi, désirer autre chose que le monde tel qu’il est, c’est se condamner soi-même au malheur, puisque le monde est nécessairement tel qu’il est.

C –

Descartes, troisième partie du Discours de la méthode, installe une sorte d’abri de fortune de la pensée, qu’il nomme « morale provisoire qui consiste à changer nos désirs plutôt que l’ordre du monde et il s’agit bien là de trouver une juste place au milieu d’un monde qui possède des lois sur lesquelles on ne peut pas agir. Mais en fait elle ne fait qu’affirmer qu’il nous faut se conformer aux lois du pays dans lequel on vit et à les respecter. On peut lire : « La première était d’obéir aux lois et aux coutumes de mon pays, retenant constamment la religion en laquelle Dieu m’a fait la grâce d’être instruit dès mon enfance, et me gouvernant, en toute autre chose, suivant les opinions les plus modérées, et les plus éloignées de l’excès, qui fussent communément reçues en pratique par les mieux sensés de ceux avec lesquels j’aurais à vivre. Car, commençant dès lors à ne compter pour rien les miennes propres, à cause que je les voulais remettre toutes à l’examen, j’étais assuré de ne pouvoir mieux que de suivre celles des mieux sensés. Et encore qu’il y en ait peut-être d’aussi bien sensés, parmi les Perses ou les Chinois, que parmi nous, il me semblait que le plus utile était de me régler selon ceux avec lesquels j’aurais à vivre ». La loi permet à l’homme de vivre dans un cadre raisonnable alors que le désir nous pousse à vivre de manière arbitraire déréglant nos actions.

Ainsi il semblerait que l’homme soit amené à se plier à l’ordre du monde, mais cela suffit-il à l’homme, peut-il échapper pour autant à ce qui lui est inhérent, à savoir, l’ordre de ses désirs ?

2 Le désir comme ce à quoi l’ordre du monde doit se soumettre

A – Comment l’homme peut-il taire ses désirs, comment peut-il échapper à sa nature profonde ? Est-il souhaitable qu’il taise ce qui lui est propre ? Le désir est superflu et pourtant il se présente comme une exigence très forte et tenace. Il semblerait que l’homme ne puisse pas se soustraire à l’exigence première de sa nature profonde.

B – Comment suivre l’ordre des désirs sans détourner les lois ? Comment se plier aux exigences des lois sans écouter ses désirs ? En effet la loi est du côté de la raison. Aucune loi ne déresponsabilise celui qui y obéit, car ce qui doit régler la loi, c’est la raison. Aussi est-il nécessaire d’évaluer la loi selon le critère de la raison pour, le cas échéant, y désobéir si l’on constate que la loi n’obéit pas, elle-même, à cette exigence. Dans ce cas de figure, l’homme devrait faire appel à quelque chose de plus puissant que la raison elle-même de façon à toujours avoir vis-à-vis de la loi un regard critique et objectif pour la juger de manière équitable pour ce qu’elle vaut vraiment. Il faut à cet effet être bien au-dessus de ses propres désirs. Ceux au contraire qui y sont trop soumis, trop sensibles n’y parviendront pas. Idéalement parlant c’est l’esprit de la loi qu’il serait préférable de suivre plutôt que la loi édictée et c’est cela qui manque à l’homme.

C – Si l’on se réfère à Descartes et à son ouvrage sur la méthode on peut voir qu’il fait preuve d’une grande prudence lorsqu’il affirme : « au lieu de cette philosophie spéculative, qu’on enseigne dans les écoles, on peut en trouver une pratique, par laquelle connaissant la force et les actions du feu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. »

Nous comprenons que la philosophie du doute est à l’origine de cette prise de position. La découverte du cogito en particulier autorise à présent le penseur à reconsidérer l’action humaine. Concrètement, cela signifie qu’on va pouvoir connaître les lois qui sont à l’œuvre dans la nature, et les utiliser pour en obtenir satisfaction.

Contrairement à ce qu’affirmaient les stoïciens, l’homme n’est pas soumis à l’ordre du monde, c’est à lui d’étudier le monde pour le mettre en ordre, ce qui implique qu’on ne respecte pas religieusement le monde comme un ordre déjà installé qu’il faudrait conserver parce qu’il serait sacré. Au contraire : le monde n’est qu’une quantité de matière, qui est à notre disposition, et c’est à nous de la mettre en forme.

Désormais, l’ordre du monde se plierait à nos désirs

L’ordre de nos désirs serait donc premier par rapport à l’ordre du monde. L’homme est devenu peu à peu un plasticien du monde. Mais nos désirs toujours fidèles à eux-mêmes sont de plus en plus intenses et nos manques augmentent, nous sommes dans une perpétuelle insatisfaction. Peut-être nous faut il remettre en question le sens du désir, doit il fatalement entrer en opposition avec l’ordre du monde ?

3 – Quel est cet ordre que le désir remet en question ?

A – Les exemples dans la littérature sont nombreux pour illustrer l’archétype du désir et l’idéal amoureux. Nous le voyons au point que nous pouvons affirmer que par exemple dans Roméo et Juliette, nous sommes en présence de deux êtres qui sont sous l’emprise d’une énergie qui est plus forte que ce que le monde peut leur opposer. C’est leur désir d’amour qui les confronte à eux même et au monde, la confrontation entre les deux ordres, les désirs et le monde est très forte, ils ont intériorisé l’ordre du monde mais il y a combat dans le désir, c’est un désordre intérieur. Le désir devient dérangeant pour l’homme lui-même.

B – Nous voyons que nous ne sommes pas dans une dialectique d’opposition très nette entre le désir et le monde. Le désir n’est pas toujours et simplement en quête de satisfaction. En fait, celui qui désire s’oppose aux uns, comme aux autres. Face au désir, ces deux catégories n’en forment d’ailleurs qu’une seule, particulièrement dans le monde tel que nous l’avons constitué depuis que Descartes nous en a rendus maîtres et possesseurs. Le monde est à présent dominé par la technique et jouir de ce monde est devenu normal, c’est le nouvel ordre du monde. C’est à ce nouvel ordre que le désir se confronte et qu’il remet en question. Le désir constitue notre puissance d’exister, alors il ne peut pas nous maintenir dans l’ordre où nous nous trouvons maintenant, il est cette puissance de reconfiguration qui impose d’écraser ce qui était déjà installé.

C – C’est pour cela que le désir fait toujours référence à ce qui n’existe pas, autrement dit, à un ordre qui relève de l’ordre d’un autre monde que celui dans lequel nous nous trouvons.

Conclusion :

Nous voyons ainsi que si l’ordre du désir s’oppose à l’ordre du monde, l’opposition n’est pas si nette qu’elle le parait. En fait l’homme n’a pas à choisir entre l’un ou l’autre. Le choix ne s’impose pas. Ce qui est surtout en cause, c’est l’homme car c’est au cœur même de l’homme que l’ordre doit se faire, c’est contre l’ordre intérieur que la lutte proposée par le désir a lieu. Le vrai combat n’est donc pas face au monde mais face à nous-mêmes.

 

1 – Le désir est source de désordre et de perdition. 2 – La nécessaire maîtrise du désir - 3 – Une condamnation relative du désir

Sommes nous maîtres de nos désirs?

Sommes nous maîtres de nos désirs? Nous sommes confrontés par cette interrogation à la puissance de nos désirs si nombreux. Nous serions ainsi tentés de dire non, certes il semblerait que nous n’en soyons pas les maîtres mais plutôt les victimes. L’homme aurait en effet tendance à se laisser guider, porter par ses désirs les plus tenaces et les plus secrètement enfouis. Nos comportements sont trop souvent orientés en fonction d’eux et si peu par les choix de la raison. Les désordres sont nombreux de ce fait et pourtant nous ne sommes pas capables de condamner et d’exclure les désirs qui nous font être ce que nous sommes. Notre vie entière est obsédée par la somme de nos désirs enfouis secrètement au plus profond de nous-mêmes.

Le discours qui condamnerait le désir nous semble si abstrait et après tout, on aurait davantage tendance à assimiler le désir au bonheur en particulier dans notre société de consommation où tout est calculé dans l’instant et dans l’acquisition, la propriété, il s’agit d’avoir plutôt que d’être. Renoncer aux désirs serait-il synonyme de renoncement au bonheur? Ne devrions-nous pas préférer la rigueur de la raison? Car en fait en cédant au désir en général, plutôt que de prendre en main et d’organiser notre vie ce serait au contraire cette puissance du désir qui nous dirigerait à notre insu. Nous serions donc victime de son influence au point d’en perdre le contrôle. Nous sommes donc dans l’obligation de nous poser la question de savoir si nous sommes maîtres de nos désirs. Nous devrons donc essayer de comprendre pourquoi le désir serait source des plus grands désordres. Mais dans quelle mesure peut-on le condamner? Se maîtriser, est-ce forcément maîtriser le désir ?

1 – Le désir est source de désordre et de perdition.

Le désir se caractérise comme un manque non vital, inessentiel mais violent et volontaire, il s’impose par tous les moyens et cherche à se satisfaire. Il mobilise notre énergie à cet égard. Ainsi, l’objet désiré ne l’est pas parce qu’il a une quelconque valeur, il a aux yeux du désirant une valeur précisément parce qu’il le désire. On peut parler en ce sens d’un trouble du jugement, il ne vient que de moi-même et s’impose de toute sa force dans le but de trouver satisfaction.

Il semblerait pourtant et paradoxalement que nous ne soyons pas l’auteur du désir qui nous habite, il est généré par nous mais comme si nous n’en n’étions pas l’auteur tellement il s’impose avec toute sa puissance et sa force sans que parfois nous l’ayons décidé. Le désir s’impose à notre propre volonté et nous fait agir malgré nous. On peut à cet effet, citer l’exemple des Confessions de Saint Augustin qui nous explique comme son ami Alypius devient à son insu amateur des jeux de cirque qu’il détestait. D’abord, il les regarde en fermant les yeux et les oreilles puis pris par l’élan de la foule cède à la tentation, il subit la fascination, lui pour qui le désir est déchéance. Le désir devient plus fort que lui

Nous aurions donc tout à fait raison de nous méfier de nos désirs qui font de nous des victimes et d’autant plus que le désir en lui-même reste insatiable, jamais rassasié, il gouverne en maître pour avoir plus et toujours plus contrairement au besoin qui, même s’il se manifeste comme un manque peut se trouver satisfait.

L’homme devient la victime du désir, il domine, cherche insatiablement à être comblé et a parfois besoin d’une instance supérieure pour le cadrer et l’orienter.

2 – La nécessaire maîtrise du désir

Puissance supérieure du désir sur la raison, désordres et conflits du fait du manque de maîtrise, on comprend ainsi l’indispensable nécessité, l’incontournable moyen à trouver pour sortir vainqueur de la tyrannie exercée par nos désirs insatiables. Le satisfaire pourrait-il suffire à le faire taire? Le manque comblé disparaît-il? On rejoindrait ainsi la philosophie du penseur Diogène, contemporain de Platon dont le but de l’existence était de satisfaire immédiatement tout manque. Nous pourrions en effet le concevoir pour des manques assimilés à des besoins, manger satisfait la faim et ainsi le désir de manger disparaît. On a répondu à notre besoin, celui de satisfaire sa faim. Mais qu’en est-il des désirs qui ne sont pas des manques, étant insatiables toujours et encore, l’homme ne peut les combler. On retrouve la philosophie platonicienne à ce niveau de notre réflexion. Le penseur assimilait le désir au « tonneau des Danaïdes », tonneau percé que les filles du roi Danaos étaient condamnées à remplir alors même qu’un trou était percé et le vidait au fur et à mesure. Il semblerait donc très difficile de contrôler les désirs, ils semblent régner en maître.

Dans son Manuel, Epictète, stoïcien effectue une distinction essentielle entre deux types de « choses », dont « les unes dépendent de nous, les autres n’en dépendent pas ». Il ne faudrait selon lui n’accorder de l’importance qu’à ce qui ne dépendrait que de nous et laisser le reste, c’est-à-dire, tout ce qui nous échappe. Toujours selon Epictète, « Celles qui dépendent de nous, ce sont l’opinion, la tendance, le désir, l’aversion: en un mot tout ce qui est notre œuvre. ». Donc, si l’on s’en tient à cette définition des choses sous contrôle, le désir ferait partie de ce dont nous sommes maîtres. « Celles qui ne dépendent pas de nous, ce sont le corps, les biens, la réputation, les dignités: en un mot tout ce qui n’est pas notre œuvre. »

Il nous faut donc nuancer notre propos et affirmer que nous contrôlons le désir sans pour autant être les maîtres des objets sur lesquels le désir porte. On peut en déduire qu’il existe un moyen de contrôler le désir, c’est de le désirer pourvu qu’il appartienne aux choses sous notre maîtrise. Il ne faut désirer que ce qui est en notre pouvoir. Concrètement, il faut soumettre ce que l’on est en mesure de contrôler à la raison.

Après évaluation des dangers et risques du désir, la raison nous autorise à gérer un certain nombre de choses sans pour autant sombrer dans le désordre absolu. On pourrait ainsi échapper à la dictature. Contrôler le désir pour se commander à soi-même, rester maître de soi et de ses appétits. Suivre la morale provisoire de Descartes qui affirme : « changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde ». pour maîtriser les désirs, il faut les remettre à leur juste place et les soumettre à la raison, qui doit être le vrai guide de nos vies. On retrouve cette exigence première de la soumission du désir à l’ordre supérieur de la raison chez Platon dans la tripartition de l’âme. La raison est souveraine, vient ensuite le courage auquel les désirs sont soumis. L’homme dominé par sa raison peut allier la puissance théorique et la volonté pratique dans la polis, ses désirs sont la partie inférieure de son âme toute puissance s’il respecte cet ordre. La justice est respect de cet ordre tandis que l’injustice est le contraire. La nécessité du contrôle et d’une instance supérieure prouvent les difficultés que rencontre l’homme à vivre dans l’harmonie avec ses désirs si tyranniques.

Cependant, l’homme étant aussi doté d’une raison, il peut agir en fonction et anticiper les éventuels désordres. La raison doit toujours rester souveraine et gouverner l’homme. Maîtriser ses désirs signifie t’-il se maîtriser soi même?

3 – Une condamnation relative du désir

La raison jouerait donc un rôle de régulateur incontournable pour faire en sorte que le désir reste à sa place. Il ne faut pas lui céder, il faut donc rester raisonnable, ce qui signifie, obéir aux ordres de la raison. Devons-nous en rester à cette hiérarchie platonicienne des parties de l’âme pour rester maître de soi envers et contre tout? L’homme a t’-il un autre moyen, un autre recours possible pour dominer les désirs si puissants?

Nous faut-il condamner absolument le désir ou ne devons-nous le condamner que relativement?

Devons-nous renoncer absolument? À tout? Toujours? N’y a-t-il pas quelques absurdités à défendre l’idée par exemple, que la raison doive gérer nos désirs en matière de cœur, d’amour. Nous faut-il nous empêcher d’aimer? Faut-il vivre dans ce renoncement? L’amour pour autant qu’on l’assimile à une puissance qui nous révèle à nous-mêmes serait un désir qu’il faudrait laisser vivre en nous jusqu’à l’expression la plus haute et la plus forte du désir amoureux . On en revient à ce que l’on disait dans la partie précédente de notre réflexion, il nous faut donc connaître l’objet de notre désir. Certes l’amour est aussi ce qui a conduit Roméo et Juliette à la mort. Les amants existaient pleinement par leur désir, ils sont l’un et l’autre révélés à eux -mêmes. Ils adhèrent à leur amour comme à leur propre existence. Le désir amoureux les fait être, leur essence est de s’aimer, l’essence de Roméo est d’aimer Juliette et l’essence de Juliette est d’aimer Roméo.

On peut ainsi voir que dans certains cas de figures, le désir, loin de nous perdre nous tourne et nous révèle à nous-mêmes dans l’expression la plus forte possible. L’homme ne doit pas être sourd à ses désirs, il faut savoir les apprivoiser et les diriger comme on se dirige dans la vie par ce qui nous fait exister. IL Est-ce qui nous constitue dans notre essence et nous fait persévérer dans notre être. Le cœur a donc pour reprendre les mots de Pascal, « ses raisons que la raison parfois elle-même ignore », le désir amoureux par exemple se voit légitimer au point que sans lui, l’homme serait dépossédé d’une partie de lui-même.

 

Il semble que l’homme soit trop complexe pour se plier à l’exigence de ne se soumettre qu’à la raison. Sa complexité est telle que l’être de raison doive toujours garder le dessus certes mais sans jamais oublier et perdre de vue que certains désirs sont indomptables et ne souffrent aucune condamnation absolue. L’homme doit persévérer dans son être et suivre ce qui le constitue en propre, la raison en tant qu’être raisonnable et la raison du cœur en tant qu’être capable d’aimer.

 

Est il absurde de désirer l'impossible? N'est il pas déraisonnable de s'en tenir au possible?Le désir étant désir de l'impossible, il est absurde de renoncer au désir de l'impossible

Est il absurde de désirer l'impossible?

Est il absurde de désirer l'impossible? Il semblerait que oui, nous sommes de manière spontanée tentés de répondre ainsi à la question. Cette interrogation paraît absurde et dénuée de sens car un tel désir nous amènerait fatalement au malheur et à l'insatisfaction irrémédiable, au malheur en fait si l'on pose dans un premier temps que le bonheur a à voir avec la satisfaction de nos désirs. Pouvons seulement échapper à cette tendance à vouloir l'impossible? Comment comprendre le désir, n'est ce pas par définition la démesure elle même? Le fait de toujours vouloir plus, l'insatiable n'est il pas ce qui caractérise en propre le désir? Ne nous porte t'il pas toujours et sans cesse vers un au-delà du possible? Est ce propre à l'homme de toujours vouloir désirer?

Pour répondre à ces interrogations, nous verrons en quoi il est absurde de désirer l'impossible, irrationnel, le but du désir étant de parvenir à la satisfaction. En second lieu, nous nous poserons la question de savoir s'il n'est pas déraisonnable de s'en tenir au possible et enfin, le désir étant de l'impossible, nous nous poserons la question de savoir s'il est absurde de renoncer au désir de l'impossible.

1- Il est absurde de désirer l'impossible, irrationnel, le but du désir étant le plaisir de parvenir à la satisfaction.

A)Par définition l'impossible est ce qui n'est pas accessible dans le réel

Par définition l'impossible est ce qui n'est pas accessible dans le réel, il semblerait donc que l'imopssible nous conduise fatalement au malheur. Si nous nous référons à Aristote, nous dirons que "tous les hommes tendent naturellement au bonheur", ainsi vouloir l'impossible est absurde, le bonheur étant assimilable à un état de quiétude et plénitude. Un tel désir nous condamne à une insatisfaction permanente et donc au malheur.

B) il est absurde de se projeter dans un projet irréalisable

Il nous apparaît donc absurde de se lancer dans un projet irréalisable, pourquoi contrarier la tendance au bonheur en poursuivant un but inaccessible par essence? L'homme en quête d'un au-delà de ses limites sombrerait inexorablement dans le malheur. On le voit au niveau moral également, la moralité en effet interdit certains désirs, le droit positif sanctionne aussi certains comportements.

C)l'absurde désiré renvoie à un comportement irrationnel

On voit par conséquent que l'absurde désiré renvoie à un comportement irrationnel. L'homme désirant plus que tout l'impossible se dévoile comme un individu insensé n'obéissant pas à sa raison et refusant de réfléchir à la nature exacte de ses désirs. Son existence devient chimérique, ses idéaux utopiques, inaccessibles.

On peut ainsi reformuler la question et se demander : est on toujours maîtres de nos désirs? N'est ce pas la nature même du désir de nous pousser au delà du possible?

II - N'est il pas déraisonnable de s'en tenir au possible?

A) Une réduction du désir

La question est de savoir si l'homme peut ne pas vouloir l'impossible car en fait et par essence le désir s'éloigne du besoin qui se définit par le manque du nécessaire, il est au contraire un appétit au sens spinoziste du teme, « un appétit accompagné de la conscience de lui même ». On peut donc affirmer sans crainte de se tromper qu'il appartient par essence au monde de l'esprit. Il est ainsi illimité par opposition aux besoins ainsi que l'affirme Platon dans la République, le désir est toujours pluriel, divers, changeant et insatiable, renaissant sans cesse de ses cendres et n'apportant une satisfaction que temporaire.

B) le désir est un moteur

On peut en effet le qualifier de moteur puisqu'il est lié à la faculté de l'imagination, il peut donc porter sur tous les objets même et surtout les objets inaccessibles. La nature humaine est telle que nous sommes tournés irrémédiablement vers l'inaccessible que nous désirons le plus. Le bonheur est il dans ce cas accessible à l'homme? Si l'on pose le bonheur au sens des philosophes eudémonistes de l'antiquité, nous dirons qu'il est le souverain bien et qu'il renvoie aux actions vertueuses. Kant fait du bonheur un idéal de l'imagination, indéfinissable donc, un bien qui pourrait on dire est assimilée à une chimère.

C) le possible renvoie à l'ennui

Selon les stoiciens le désir par nature nous porterait toujours au delà du possible, il nous faudrait donc annihiler nos désirs. En effet, le désir est synonyme de maladie de l'âme qui nous pousserait irrémédiablement à ne jamais nous satisfaire de ce que nous avons. Il nous faudrait ne plus désirer et surtout pas l'impossible. Il nous faudrait simplement « vivre selon la nature » en nous soumettant à l'ordre rationnel du monde. L'homme pour être heureux doit vivre dans un état d'ataraxie. Mais cela semble poser quelques problèmes car il faut bien reconnaître que ce n'est pas inhérent à la nature de l'homme que de ne pas désirer.

Quelle est cette volonté d'éliminer le désir? N'est ce pas la forme que prend le désir de celui qui se sent impouissant à changer l'ordre des choses?

III - Le désir étant désir de l'impossible, il est absurde de renoncer au désir de l'impossible

A)désirer autre chose que l'impossible

Nous savons que le désir de l'impossible est humain, la nature humaine ne serait par conséquent pas en accord avec la philosophie stoicienne qui condamne l'homme à toutes les formes d'acceptation et à l'inaction. La vie n'est elle pas plutôt synonyme d'inquiétude et de trouble? Ne plus vouloir désirer n'est il pas semblable au désir de mourir? De plus ne plus désirer que des biens accessibles seraient bien ennuyeux et cela nous assimilerait aux animaux ne cherchant qu'à satisfaire leurs besoins les plus primaires.

B) le désir repousse les limites du possible

Nous voyons ainsi que désirer l'impossible et l'inaccassible est une manière pour l'homme de se projeter dans l'avenir en restant vivant et en soumettant au temps ses projets les plus fous. L'homme est un être en devenir, on peut ainsi aller jusqu'à affirmer que le désir de l'impossible est le moteur de l'existence humaine.

C)le désir de l'impossible est inhérent à la nature humaine

On pourrait ainsi défendre, faire l'apologie du désir de l'impossible car il est ce vers quoi peut tendre l'homme dans une existence tellement contingente où tout est finalement possible. On peut parler en terme d'idéal inaccessible, comme la paix dans le monde par exemple, on sait tous que les hommes en sont loin mais cela ne signifie pas que nous ne devons plus y croire. L'idéal, l'inaccessible est ce qui donne du sens à la vie de l'homme.

Il faut sans nul doute parfois mettre des limites à nos désirs insatiables au risque de sombrer dans une insatisfaction permanente, mais nous ne devons pas pour autant renoncer à désirer l'impossible car l'idéal est encore et toujours ce qui donne un sens à notre existence.

Vocabulaire - Lecture - Exemples de sujets

Vocabulaire

Désir/Besoin/Volonté - Ataraxie - Aliénation - Tempérance/Intempérance - Erreur/Illusion - Cristallisation - Désir mimétique

A lire -

Épicure, Lettre à Ménécée.

- Epictète, Manuel.

- Descartes, Les Passions de l'âme.

- Spinoza, Éthique, Partie III.

-René Girard, Mensonge romantique et vérité romanesque.

- Molière, Don Juan. - Stendhal, Le rouge et le noir.

- Flaubert, Madame Bovary.

- Proust, "Un amour de Swann" dans Du côté de chez Swann.

- Aldous Huxley, Le meilleur des mondes.

- Michel Houellebecq, Les particules élémentaires.

Exemples de sujets

- Peut-on désirer sans souffrir ?

- Accomplir tous ses désirs est-ce une bonne règle de vie ?

- Faut-il renoncer à ses désirs ?

- Être heureux, est-ce ne rien désirer ?

- Sommes-nous les esclaves de nos désirs ?

- Faut-il libérer le désir ou se libérer du désir?

- Est-on maître de ses désirs ?

- Ne désire-t-on que ce qui a du prix pour autrui ?

- Peut-on satisfaire un désir ?

- Quel est l'objet du désir ?

- Le désir est-il la marque de la misère de l'homme ?

- Est-il absurde de désirer l'impossible ?

- Sommes-nous responsables de nos désirs ?

- Agir moralement, est-ce nécessairement lutter contre ses désirs ? 

 

Strauss
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Date de dernière mise à jour : 06/12/2019