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Qu'est-ce que la philosophie? Cours, commentaire Aristote, Métaphysique I,2, questionnaires, citations, définitions. Bac 2020/2021

La question philosophique. Commentaire philosophique Aristote, Métaphysique, I, 2-Le questionnement philosophique part de l’étonnement-Questionnaire pour s’initier aux premières notions

Philosophie

 

 

Qu'est-ce que la philosophie?  

Dans sa fonction spéculative, la philosophie est philo-sophia, quête de la sagesse. Dans sa fonction pratique, elle unit la réflexion sur les valeurs à l'actualisation de ces valeurs.

La philosophie provient du grec philo (amour) et sophia (sagesse), autrement dit amour de la sagesse. 

« Désir de connaître et amour du savoir, ou philosophie, c'est bien une même chose ? »

— Platon, La République, II, 376b

« La philosophie n'est rien d'autre que l'amour de la sagesse. »

— Cicéron

 

Vous pouvez aussi consulter 

 

 

Citations sur la philosophie

Aristote : “C’est à bon droit que la philosophie est appelée science de la vérité” Métaphysique

Epicure : “La philosophie n’est pas une science pure et théorique, c’est une règle pratique d’action; bien plus elle est elle-même une action, une énergie qui procure, par des discours et des raisonnements, la vie bienheureuse” Maximes

 Descartes : “Ce mot de philosophie signifie l’étude de la sagesse et par la sagesse on entend une parfaite connaissance de toutes les choses que l’homme peut savoir, tant pour la conduite de sa vie que pour la conservation de sa santé et l’invention de tous les arts” Discours de la Méthode

 Descartes : “Toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique, et les branches qui en sortent sont toutes les autres sciences, la médecine, la mécanique et la morale” Discours de la méthode

– Schopenhauer : “La philosophie naît de notre étonnement au sujet du monde et de notre existence” Le Monde comme Volonté et comme représentation

La question philosophique

 

Nous savons avec les philosophes grecs que la philosophie est une pédagogie de l'âme et que toute connaissance du corps est une pseudo-connaissance, par conséquent, il nous faut dépasser la vision empirique des choses pour, avec Platon par exemple, accéder à une vérité intelligible, c'est l'initiation du mythe de la caverne qui nous enseigne à dépasser les réalités sensibles pour tourner l'œil de l'âme vers ce qu'il y a à voir, l'essence des choses. La question philosophique est une triple question nous affirme Kant. La première consiste à se demander, que pouvons nous connaître?», la seconde, «que devons nous faire», et la dernière, «que pouvons nous espérer?»
Dans sa fonction spéculative, la philosophie est philo-sophia c'est-à-dire, quête de la sagesse. Dans sa fonction pratique, elle unit la réflexion sur les valeurs à l'actualisation de ces valeurs.
 

 

Pour comprendre la philosophie, dépassons à présent l'aspect kantien ou platonicien de la question. Pour accéder à une compréhension plus globale, c'est de la vie qu'il faut partir. C'est la vie qui impose la question philosophique. C'est du cœur de l'existence que jaillit l'interrogation sur l'existence. L'existence est synonyme de préoccupations métaphysiques comme la vie, la mort, la liberté, le bonheur et bien d'autres questions encore, toutes plus existentielles les unes que les autres. La vie si l'on prend le point de vue des existentialistes comme Jean Paul Sartre ou Camus, est une suite d'interrogations existentielles relatives au rapport de l'homme au monde. Pour Camus, ce rapport est marqué par l'absurde ainsi que nous l'explique Le mythe de Sisyphe. Nous avons une référence au représentant du courant existentialiste athée qui cherche une réponse au sens de la vie sans Dieu. Mais le drame philosophique peut aussi prendre le visage du pari pascalien. Rejeter toutes les préoccupations métaphysiques, c'est tenter de s'étourdir, de se détourner du problème, c'est pourquoi les hommes trouvent des solutions intermédiaires comme le jeu. Nier le drame philosophique de notre existence en se tournant vers le divertissement, c'est refuser de prendre conscience du vide qui hante notre condition et de la misère qui lui est inhérente. Au sens étymologique, le divertissement consiste à se détourner de quelque chose, par le jeu ou l'alcool. Le repos, nous dit Pascal est insupportable pour l'homme car il laisse libre cours aux tourments provoqués par la réflexion.

-vivre c'est philosopher à son insu-

L'homme lucide admet donc que vivre, c'est philosopher à son insu. Vivre, c'est actualiser la vision du monde que l'on porte en soi. Philosopher, c'est chercher le sens de la vie pour prendre conscience qu'il y a pour l'homme une difficulté d'être. L'homme est donc au centre de la réflexion philosophique. La philosophie n'est rien d'autre qu'une mise en question de l'homme par lui-même. L'inquiétude de l'homme transparaît à travers les trois questions fatidiques de Kant.

 

Lexique

Lexique de philosophie, de A à Z. Bac 2020 perspective examen du bac 2021 

Lexique de philosophie, de A à Z. Bac 2020 perspective examen du bac 2021

« C'est, en effet, l'étonnement qui poussa, comme aujourd'hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques." Aristote, Métaphysique, I, 2

« C'est, en effet, l'étonnement qui poussa, comme aujourd'hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques. Au début, leur étonnement porta sur les difficultés qui se présentaient les premières à l'esprit ; puis, s'avançant ainsi peu à peu, ils étendirent leur exploration à des problèmes plus importants, tels que les phénomènes de la Lune, ceux du Soleil et des Étoiles, enfin la genèse de l'Univers. Or apercevoir une difficulté et s'étonner, c'est reconnaître sa propre ignorance (c'est pourquoi même l'amour des mythes est, en quelque manière amour de la Sagesse, car le mythe est un assemblage de merveilleux). Ainsi donc, si ce fut bien pour échapper à l'ignorance que les premiers philosophes se livrèrent à la philosophie, c'est qu'évidemment ils poursuivaient le savoir en vue de la seule connaissance et non pour une fin utilitaire. Et ce qui s'est passé en réalité en fournit la preuve : presque toutes les nécessités de la vie, et les choses qui intéressent son bien-être et son agrément avaient reçu satisfaction, quand on commença à rechercher une discipline de ce genre.

[Je conclus que, manifestement, nous n'avons en vue, dans notre recherche, aucun intérêt étranger. Mais, de même que nous appelons libre celui qui est à lui-même sa fin et n'existe pas pour un autre, ainsi cette science est aussi la seule de toutes les sciences qui soit une discipline libérale, puisque seule elle est à elle-même sa propre fin]. »

Aristote, Métaphysique

 

Commentaire philosophique

 

Dans son ouvrage Métaphysique, Livre I, Aristote s'interroge sur le statut de la philosophie qui d'un point de vue étymologique signifie la recherche du savoir et de la sagesse. Philosophe de l'Antiquité, Aristote dans ce passage tente d'élucider le concept de philosophie, sa spécificité en remontant à ses origines. Quel est le but véritable de l'activité philosophique ? Que recherchent les adeptes de cette discipline ? D'où viennent le désir et l'envie de philosopher ? Est-elle une science comme les autres ? Pour le penseur, elle serait fille de l'étonnement et se distinguerait des autres activités par sa liberté car elle serait à elle-même sa propre fin. Aristote répond donc à certaines critiques sur la philosophie et en particuliers le reproche de l'inutilité de cette science.

Dans cet extrait, Aristote nous montre tout d'abord que c'est l'étonnement qui motive la recherche philosophique, elle a pour fin le savoir et non l'utilité, il démontre qu'elle n'est pas motivée par une utilité pratique mais par sa seule soif désintéressée de connaître, enfin, c'est une science libre, c'est la science libre par excellence.

Comment et dans quelle mesure, le penseur Aristote parvient-il à caractériser la philosophie par son inutilité ?

 

Analyse de l'argumentation

 

Aristote fait une sorte de bilan critique de la philosophie passée, il tente de la caractériser du point de vue de ses motivations avec la philosophie contemporaine. Ainsi, il affirme que « ce qui poussa les hommes aux premières recherches philosophiques, ce fut, comme aujourd'hui, l'étonnement ». L'étonnement est l'origine, «ce fut » et le moteur «comme aujourd'hui » de la philosophie. Aristote aborde ensuite les causes de cet étonnement. Pourquoi les hommes philosophent-ils ?

La philosophie n'est pas de même nature que les autres types de savoir car en effet c'est par la faculté de s'étonner que la faculté de philosopher se caractérise dans un premier temps. Celui qui s'étonne reconnaît son ignorance et se trouve ainsi dans les meilleures conditions pour apprendre et s'élever à un savoir plus critique et plus approfondi. “Etonnement” signifie étymologiquement “frappé par la foudre ». Le chemin vers la philosophie est donc assimilé à un bouleversement intellectuel. Pour les premiers penseurs, le choc est évoqué dans la phrase « les phénomènes de la Lune, ceux du Soleil et les Etoiles, enfin la genèse de l'Univers ». On note une réelle volonté de trouver les réponses aux questions posées à travers les mythes, la religion. Aristote affirme qu'aimer les mythes c'est aussi philosopher car ils manifestent une volonté collective de trouver une explication qui n'est autre qu'une réflexion philosophique. Il y a une progression temporelle et un approfondissement dans les difficultés des objets d'étude, ils sont d'abord apparents, plus « problèmes plus importants » et «enfin la genèse du monde ».

L'aveu d'ignorance est reconnu comme le point de départ d'une connaissance possible ainsi que le suggère déjà l'adage socratique «je sais que je ne sais rien ». L'ignorance appelle le questionnement et c'est par cette ouverture d'esprit que «les premiers philosophes philosophèrent pour échapper à l'ignorance ». Aristote rattache donc l'étonnement à la reconnaissance de sa propre ignorance, il s'agit du mouvement même de la réflexion. L'étonnement tant pour Aristote que pour Platon dans le Théetète sollicitent l'âme, “s’étonner: voilà un sentiment tout à fait d’un philosophe. La philosophie n’a pas d’autre origine”disait Platon.

la philosophie commence avec l'étonnement car il y a d'un côté ce qui étonne et de l'autre mon ignorance qui surgit et me donne envie de chercher et de dépasser. L'étonnement est un moteur, un choc intellectuel incontournable car il permet de prendre conscience de son ignorance. Le savoir est ici assimilé à une prise de conscience de son ignorance, c'est un premier degré, savoir que l'on ne sait pas permet le dépassement de ce degré de conscience vers une autre connaissance : l'ignorance qui s'ignore se découvre. L'ignorance se transforme en savoir. Il faut cependant une reconnaissance de l'ignorance = c'est un passage obligatoire pour s'élever à la connaissance. Le cheminement est socratique, cela signifie qu'il faut affronter l'obstacle de l'ignorance. La connaissance est le fruit de ce dépassement. L'homme à ce niveau a deux possibilités, éviter l'obstacle, tenter de lui échapper, rester sot ou l'affronter et le dépasser pour un savoir véritable. La spéculation philosophique est un cheminement intellectuel qui suppose donc «d'apercevoir une difficulté, de s'étonner », donc de «reconnaître sa propre ignorance ». C'est la thèse du penseur.

Raisonnement de type déductif :
on part d'un cas particulier : la philosophie a pour moteur l'étonnement
" Or ", en règle générale, " s'étonner, c'est reconnaître sa propre ignorance "
" donc ", conclusion sur le cas particulier de la philosophie, les philosophes cherchent à sortir de l'ignorance.
On peut même dire qu'il s'agit d'un syllogisme

Quelle est la spécificité de la philosophie ? Pourquoi les hommes poursuivent-ils la science ? Science au sens de philosophie qui se rapporte à une activité rationnelle qui suppose le logos pour atteindre la connaissance.

Leur motivation est le seul désir de savoir indépendamment de tout besoin ou de toute question d'ordre utilitaire = « il est clair qu'ils poursuivaient la science pour savoir et non en vue de quelque utilité ».

Ce qui fait de la philosophie un savoir différent des autres types de connaissance du fait de sa nature. Elle n'est pas un savoir faire elle a pour seul but la simple connaissance. «Ainsi donc, si ce fut bien pour échapper à l'ignorance que les premiers philosophes se livrèrent à la philosophie, c'est qu'évidemment ils poursuivaient le savoir en vue de la seule connaissance et non pour une fin utilitaire ». Cette déduction est incontestable ainsi que le suggère l'adverbe «évidemment ». Cependant, le philosophe justifie cette évidence par des preuves, par la réalité elle-même, des faits historiques «ce qui s''est passé ».

La philosophie ne relève d'aucune nécessité pratique, elle n'est motivée par aucune utilité pratique. Pour le prouver Aristote fait appel à l'expérience de tout un chacun comme le suggère la phrase «la réalité le prouve ». " Ce qui s'est passé en réalité " introduit une preuve sous la forme d'un constat historique

A cet égard, il nous faut souligner deux remarques : la philosophie est une discipline qui s'oppose aux autres types de savoir car elle ne cible pas le plaisir, le besoin ou le bien-être. Les hommes ont pu et ont su vivre sans s'adonner à cette discipline pendant des siècles. La seconde remarque attire notre attention sur l'idée essentielle que la philosophie ne peut s'épanouir que dans une civilisation déjà constituée, épanouie quant à ses techniques et offrant un certain confort. La spéculation intellectuelle est un exercice auquel seuls les hommes ayant assuré leur bien être matériel peuvent s'adonner. Elle nécessite une certaine liberté d'esprit et une grande libération des besoins d'ordre matériel, elle suppose loisir, temps libre et détachement relativement aux questions du quotidien. D'une manière générale, Aristote affronte deux reproches du sens commun fait à la philosophie. Le reproche d'inutilité et celui d'immobilité. Le penseur fait face à ces deux critiques fondées sur l'idée que seul l'utile a de la valeur, c'est en fait un combat entre le savoir et l'ignorance.

La philosophie est sa propre fin, on ne philosophe que pour philosopher et la thèse d'Aristote s'enrichit d'une analogie avec l'homme libre «de même que nous appelons homme libre celui qui est à lui-même sa fin et n'est pas la fin d'autrui, ainsi cette science est aussi la seule de toutes les sciences qui soit libre, car seule elle est sa propre fin ».

La «science libre » est une manière de qualifier la philosophie de la manière la plus noble qui soit. Le concept de liberté fait naturellement référence au fait d'être son propre maître ainsi que le confirme Platon, seul un homme libre peut se consacrer à la philosophie. La liberté ne se définit pas par rapport à autre chose qu'elle, être libre ici doit se comprendre comme le fait de n'être pas tributaire de quelque chose ou de quelqu'un. Par conséquent la liberté ne se comprend que par elle-même « Est libre celui qui est à lui-même sa propre fin et n'existe pour aucun autre ». La philosophie est «la seule à être à elle-même sa propre fin ». Les autres sciences comme par exemple la biologie ou encore les mathématiques ou la physique recherchent une certaine utilité, elles ont pour but une fonction pratique, une utilité reconnue pratique. Il en est de même des arts ou des savoirs-faire qui visent toujours l'utile. Il n'en est rien pour la philosophie, elle est «à elle-même sa propre fin », elle ne cible pas l'utile mais juste à combler la curiosité, «l'étonnement », tout comme l'homme libre, la philosophie ne sert à rien d'extérieur à son exercice. On la qualifiera de sagesse théorique par opposition aux autres activités et sciences citées plus haut que l'on pourrait nommer, sagesse pratique au sens d'utile.

Mais si la philosophie est dépourvue de cette finalité, si elle ne recherche pas l'utile, cela ne fait pas d'elle, une discipline inutile. Elle ne cherche pas à être utile mais elle n'est pas inutile pour autant car elle «est à elle-même sa propre fin ». Nous avons donc une double conclusion «je conclus », puis, «Mais » : le lecteur comprend qu'en premier point de la conclusion la philosophie ne sert qu'elle-même et en second lieu, elle est la seule science véritablement libérale

Conclusion

Ainsi cet extrait de la Métaphysique donne une définition de la philosophie au sens d'un savoir visant la seule connaissance et non un savoir faire visant l'utile. Elle a pour seul but de satisfaire le besoin de connaissance qu'éprouve celui qui s'y adonne, celui qui recherche la connaissance car il a pris conscience de son ignorance. Elle est une science libre qui n'a comme but que la connaissance théorique ne visant aucune application. L'activité philosophique est en fait déduite de son origine première, elle a pour but de mettre fin à l'ignorance suscitée et révélée par l'étonnement.

 

Les enjeux philosophiques du texte

 

La thèse d'Aristote concernant le but de la philosophie est très clairement exprimée dans ce passage de la Métaphysique. Cette discipline est qualifiée de spéculation intellectuelle et de ce fait est vouée au savoir de manière exclusive sans visée utilitaire par opposition aux autres sciences. C'est ce qui fait l'originalité de la philosophie dénuée de tout intérêt extérieur à elle et n'ayant comme aspiration que le savoir pour le savoir même.

Mais si la philosophie est dépourvue de cette finalité, si elle ne recherche pas l'utile, cela ne fait pas d'elle, une discipline inutile. Elle ne cherche pas à être utile mais elle n'est pas inutile pour autant car elle «est à elle-même sa propre fin ».

Qualifiée de science ou d'activité purement théorique par Aristote sans aucune application pratique, sans visée utilitaire, trouvant en elle même son propre achèvement, nous pouvons toutefois revoir à la critique le statut aristotélicien de la philosophie.

En effet, poser l'équation philosophie = spéculation, n'est-ce pas réducteur ? Platon assimilait déjà le philosophe au politique dans la République conférant ainsi à la discipline une autre dimension, une visée pratique. La philosophie permet d'atteindre le bien commun, elle est au service de la politique et celui qui s'y adonne valorise la partie la plus haute de son âme et se voit apte à mieux servir la polis. Si la philosophie est tout d'abord perçue comme une libération de l'ignorance, le savoir philosophique acquis dans la cité platonicienne est mis au service d'une cause plus noble, la politique, la vie publique, la vie collective en tant qu'elle est capable de justice. L'idée du juste trouve une application concrète dans la cité car comment être juste et respecter la justice si l'homme n'a pas l'idée du juste en soi. Il faut définir l'essence de la justice et démontrer qu'elle a des conséquences bien préférables à l'injustice. Socrate avec le philosophe roi pourra ainsi résoudre la question de l'excellence de la justice et sa mise en œuvre. Bien penser pour bien agir : Il faut par conséquent se libérer de l'ignorance pour s'élever au savoir qui à son tour permet l'action juste. Aucune application concrète ne semble possible sans l'acquisition par la philosophie de l'idée, de l'essence des choses. La philosophie est donc la condition de possibilité de réussite dans l'action. A l'activité théorique succède l'activité pratique. La philosophie n'est pas détachée des interrogations sur le bonheur, la vie heureuse suppose un philosophie de l'éthique et donc une philosophie pratique ainsi que le suggère le bien vivre ensemble. Elle dépasse donc la sphère du privé, elle s'actualise dans la sphère publique. La réflexion sur les valeurs suppose l'actualisation de ces valeurs, c'est la philosophie pratique. Ainsi Descartes affirmait = « Le mot de philosophie signifie l'étude de la sagesse et par la sagesse on entend non seulement la prudence dans les affaires, mais une parfaite connaissance de toutes les choses que l'homme peut savoir tant pour la conduite de la vie que pour la conservation de la santé et l'invention de tous les arts. ». A l'acte de penser succède l'acte d'être comme l'histoire a pu le vérifier à travers les idéologies religieuses comme le christianisme ou encore plus politiques et sociales comme avec le marxisme. On voit renaître la philosophie dans ses fonctions pratiques, utilitaires. S'il faut penser pour agir, il faut bien penser pour bien agir, la philosophie est en marche.

 

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Un cours se déploie dans le temps. La première des règles, c'est donc de prendre le temps de comprendre ce dont il est question.
                                                                             
Le fait de prendre le temps de réfléchir est important. Philosopher c’est cheminer.                 
Le cours est aussi un chemin, qui peut paraître sinueux, mais qui mène quelque part.

Le questionnement philosophique part de l’étonnement, du questionnement sur ce qui nous entoure et semble nous être familier. 

Tu entends le tonnerre dans « étonner ». La philosophie doit réveiller la conscience endormie dans l'habitude, empâtée dans une attitude naïve face au monde.

Platon écrit que la philosophie est fille de Thaumas – l’étonnement – et d’Iris – l’Arc-en-Ciel. 

Ce qui importe, c’est le chemin emprunté par la pensée, son détachement des chemins trop fréquentés et l'éloignement de toute précipitation. Le chemin serpente, suit son cours comme tu suis le cours de ton professeur.
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Questionnaire pour s’initier aux premières notions de philosophie

 

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Questionnaire de connaissances en philosophie

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La parole vivante dans les dialogues philosophiques platoniciens - Un enseignement exclusivement oral, la maïeutique, l'élenctique et l'anatreptique
 

Textes de référence :

les incontournables. Introduction à la philosophie, Platon, Aristote, Alain, Deleuze

La philosophie en musique

La philosophie en musique : Sartre et Maxime le Forestier, Etre né quelque part et la liberté sartrienne
 

 

 

I - Définition de la philosophie

1 -

La philosophie est-elle une matière de connaissances?

Dans toutes les matières, nous avons quelque chose à apprendre, ainsi en mathématique, il s’agit d’étudier les théorèmes, en histoire, un ensemble de faits, mais en philosophie, il n’y a pas d’ensemble de connaissances précises et sûres. Il n’y a que des théories mais aucun système n'a jamais obtenu l'accord unanime des esprits compétents. Il semblerait donc que la philosophie ne soit pas une matière de connaissances.

2 -

Comment définir la philosophie si elle n’est pas une matière de connaissances. Est-elle une science?

Nous dirons que la philosophie n'est pas une science, elle n'existe pas du fait de sa vérité ou de sa fausseté, ni parce qu'elle est prouvée ou démontrée ou réfutée, mais parce qu'elle est conforme à notre propre pensée. Les théories philosophiques ne sont pas précieuses par leur contenu mais par l'exemple qu'elles offrent d'une réflexion.

La philosophie n’est donc ni une matière de connaissances, ni une science

3 -

La philosophie n’est ni une science ni une matière de connaissances, comment la définir? Est-elle un art? Un hybride entre la science et l’art?

Nous pouvons reprendre les mots de Kant pour illustrer cette idée, nous dirons «qu'il n'y a pas de philosophie que l'on puisse apprendre, on ne peut qu'apprendre à philosopher». Si l'on se réfère à l'expression de Jean François Revel, dans son livre, Pourquoi des philosophes, nous affirmerons avec le penseur que «la philosophie n'est ni une science , ni un art mais un hybride des deux». On ne peut donc pas réduire la philosophie à un art purement et simplement mais elle a malgré tout un peu de la subjectivité artistique. Elle n'est pas non plus une science car elle n'existe pas du fait de sa vérité ou de sa fausseté. Elle n'atteint pas l'universelle vérité objective de la science.

4 -

Peut-on refuser à la philosophie le statut de sagesse et lui conférer celui de « recherche de la sagesse et de la vérité »?

Si l'on se réfère à l'étymologie du terme, la philosophie signifie, philo, donc amour et Sophia, c'est-à-dire, sagesse. Littéralement elle est l'amour de la sagesse, les hommes n'étant que des philo-sophos, à savoir, des amants de la sagesse. Par conséquent, la philosophie n'est pas la Sophia, la sagesse mais le désir, l'amour de cette Sophia, sa recherche et sa quête.  Son essence en tant que ce qui constitue une chose, ce qu'est une chose par nature de façon intrinsèque, est donc la recherche du savoir et non sa possession. Faire de la philosophie, c'est être en chemin -hodos- en quête de vérité, cela s'oppose à la base à l'attitude dogmatique.

5 -

Qu’est-ce que le dogmatisme?

Le dogmatisme est une doctrine établie et considérée comme indiscutable dans une école philosophique ou religieuse;

6 -

L’attitude dogmatique s’oppose t’-elle à l’attitude philosophique? Justifiez votre réponse en expliquant

Cette attitude s'oppose de façon absolue à l'attitude philosophique qui suppose le doute au sens cartésien, c'est-à-dire, le doute entendu au sens du fondement premier de toute réflexion philosophique; le regard du philosophe est un regard qui sait douter (Descartes) et s'étonner (Platon) avant de s'élever vers la connaissance claire et distincte (la clarté et la distinction étant les deux critères de vérité chez Descartes).

7 -

L’humilité du philosophe s’oppose t’-elle à l’attitude orgueilleuse du dogmatique?

Nous dirons par conséquent, que le dogmatisme est une mise en formule du savoir considéré comme définitif et complet. Faire de la philosophie suppose une authentique humilité, par opposition à l'attitude orgueilleuse du dogmatique;

8 -

Les questions en philosophie sont-elles plus importantes que les réponses?

Les questions en philosophie sont en effet plus importantes que les réponses. L'humilité philosophique consiste à dire que la vérité est devant nous.

9 -

La philosophie doit-elle socratique? Quel adage socratique illustre le mieux cet aspect de la philosophie?

Elle doit être socratique. C'est pourquoi le philosophe grec affirmait : « Je sais que je ne sais pas».

10 -

Comment définiriez-vous au regard de ces premiers éléments de définition, la conscience philosophique?

La conscience philosophique est une conscience inquiète  à la recherche d'une vérité pour laquelle elle se sent faite, cela rentre en opposition avec la conscience dogmatique qui est une conscience satisfaite d'elle-même qui se dégrade dans l'illusion de la possession d'un savoir, d'une certitude.

11 -

Comment la philosophie se constitue t’-elle?

La philosophie se constitue par atavisme.

12  -

Définissez l’atavisme

Nous entendons par atavisme, l'hérédité. La vérité philosophique n'est pas une vérité du même ordre que la vérité mathématique ou physique. Au cours de l'histoire, les systèmes philosophiques succèdent aux systèmes. Chaque philosophe s'emploie à réfuter ceux qui le précèdent et sera réfuté à son tour. Nous pouvons dès lors réorienter notre définition, la philosophie est la réédition du passé, c'est un réemploi des vieux concepts dans des phraséologies nouvelles.

II - Les modèles de réflexion philosophique

1 -

Définir « réflexion »

Nous entendons par Ré -flexion, le retour de l'esprit sur lui-même.

2 -

Quel modèle de réflexion trouvons-nous chez Descartes?

En premier lieu, nous pouvons citer comme modèle le doute cartésien qui est exposé dans les méditations. Nous savons que le doute est le point de départ de la réflexion philosophique qui nous amène au cogito ergo sum, il est à la base d'une longue réflexion et a pour caractéristiques d'être tant méthodique qu’hyperbolique

3 -

Quel modèle Platon propose t’-il?

Dans l'ensemble de ses dialogues, Platon, philosophe ayant écrit environ 32 dialogues tous aporétiques, c'est-à-dire, qu'ils se terminent par une  question, la conclusion reste ouverte, il fait ainsi de la philosophie un véritable questionnement, il considère que le point de départ de la réflexion philosophique est l'étonnement, il met en scène un certain nombre d'interlocuteurs en face de Socrate. Ainsi, une question apporte des éléments de réponses qui soulèvent à leur tour d'autres questions. Chaque affirmation d'un interlocuteur donne lieu grâce à l'interrogation socratique, à une autre interrogation. Socrate pose l'ironie comme point de départ philosophique; Il est l'incarnation de l'humilité philosophique au sens où il affirme, «je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais rien». L'attitude des interlocuteurs qui croient savoir s'oppose à celle d'un Socrate qui avoue qu'il sait qu'il ne sait pas.

4 -

Quelle maxime socratique illustre l’éveil de la conscience?

Nous retiendrons les maximes les plus représentatives de Socrate,, «je sais que je ne sais pas», et «connais toi toi même», qui illustre l'éveil de l'esprit à la conscience philosophique.

5 -

De quelle nature l’ignorance socratique est-elle si l’on se réfère à l’adage « je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien »?

Son ignorance est une ignorance qui se sait, qui se connait. Elle entre en contradiction avec l'ignorance qui s'ignore de ses interlocuteurs; Nous sommes ici en présence d'un pseudo-savoir, d'un faux-savoir. Ce cheminement socratique de la pensée est rendu possible grâce à la dialectique;

6 -

Définir la dialectique

nous entendons par dialectique, la confrontation de deux thèses opposées, une thèse et une antithèse. Il faut examiner les contradictions d'une théorie. Mettre en avant les contradictions de chacun jusqu'au moment ou il va être révélé à lui-même dans son ignorance dialectique.

7 -

Quel est le modèle de réflexion philosophique proposé par Socrate?

La matière de la réflexion n'est pas le savoir de Socrate mais le jeu des questions et réponses vers lequel il s'engage afin de susciter la réflexion chez ses élèves interlocuteurs. Nous sommes en pleine quête philosophique avec la méthode infaillible pour parvenir à la sagesse appelée la maïeutique.

8 -

Définir la maieutique

Il faut entendre par maïeutique «l'art d'accoucher les esprits du vide dont ils sont pleins» ainsi que nous l'affirme Platon dans son dialogue intitulé Le Théétète. Socrate est comme sa mère qui était sage-femme, il accouche les esprits en les aidant à mettre au jour les contradictions qu'ils portent en eux-mêmes. Il fait accoucher les esprits de leur pseudo-savoir.

9 -

Définir le pseudo-savoir

Un faux savoir

 

 III : Socrate et la méthode philosophique

1 -

Quelle est la méthode  philosophique de Socrate?

La méthode philosophique de Socrate est l'ironie. Elle est l'aptitude de celui qui interroge en feignant l'ignorance. Il faut mettre en question l'interrogé.  Cette méthode socratique s'appelle la maïeutique mais il y a trois étapes :

2 -

Quelles sont les trois étapes de la méthode Socratique?

              a -La maïeutique

L'art d'accoucher, monter le vide de celui qui croit savoir.

               b- l'elenctique

C'est l'étape de la réfutation. Montrer les contradictions, c'est l'art de la catharsis. La méthode cathartique ou purificatrice.

               C – l'anatreptique

C'est le renversement. Tout se  ramène en fait à la maïeutique. Socrate est toujours face à un interlocuteur. Nous pouvons citer Nietzsche qui affirmait, «la vérité commence à deux».

3 -

Quelle est la différence entre l’ignorance de Socrate et celle de son interlocuteur?

La pédagogie socratique est particulière. Il faut faire prendre conscience  à l'interlocuteur de son ignorance qui s'ignore. En opposition, l'ignorance socratique se sait, elle a conscience d'elle-même. Cette prise de conscience amène au mutisme, c'est-à-dire, au silence.

4 -

Quelle est la valeur de la méthode?

La méthode socratique permet de passer du vrai au faux, nous sommes renvoyés à la nécessité de passer du sensible à l’intelligible qui était le souci premier de Platon ainsi que le suggère le « mythe de la caverne ». Il s’agit pour l’homme de saisir l’idée en soi des choses, c’est-à-dire l’essence. Il nous faut sortir du monde empirique et celui des opinions pour un monde philosophique d’idées.

Questionnaire sur le syllogisme

1 -

Qu’est-ce qu’un syllogisme?

C’est un raisonnement logique basé sur trois propositions, une mineure, une majeure et une conclusion.

On part de la théorie du discours. Un syllogisme consiste à démontrer une conclusion à partir de premières prémisses. Il est toujours vrai d’un point de vue formel mais peut-être faux d’un point de vue matériel.

2 -

Donnez deux  exemples et précisez si la nature de la vérité du syllogisme

tous les philosophes pensent

or Socrate est un philosophe

donc Socrate pense.

Nous avons ici une vérité formelle et matérielle mais le syllogisme peut être faux d’un point de vue matériel. Il faut démontrer une conclusion à partir de données. Un syllogisme ne se sert que de ces deux premières prémisses pour faire sa démonstration, la conclusion n’annonce rien de plus qui n’est déjà implicite dans les deux premières prémisses.

La conclusion résulte nécessairement des deux propositions;

 

           Tous les hommes sont mortels : majeure

           Or Socrate est un homme        : mineure = moyen terme

           Donc Socrate est mortel          : conclusion

Ce syllogisme est vrai tant d’un point de vue formel que d’un point de vue matériel.

En fait nous pouvons parler d’un raisonnement tautologique, rien de plus n’est dit dans la conclusion qui ne soit déjà contenu dans les deux premières propositions, à savoir, la majeure et la mineure.

Questionnaire : le vocabulaire en philosophie

*** Les notions essentielles à retenir

Définir les termes suivants :

Contingent

Contrat social

Cosmos

Critère

Destinée

Déterminisme

Dialectique

Dogmatisme

Immanence

Idéalisme

Matérialisme

Nécessaire

 Lexique de vocabulaire :
Contingent : ce qui peut ne pas être, ce qui n'est pas nécessaire.

Contrat social : convention qui lie plusieurs personnes et qui crée des obligations. Le contrat social désigne, depuis Hobbes et Rousseau, le passage de l'état de nature à l'état civil, étant bien entendu que cet état de nature n'a jamais existé : c'est une hypothèse de travail qui permet de mieux cerner ce que devrait être la société civile.

Cosmos : du grec kosmos, « ordre, harmonie ». C'est l'univers considéré comme un tout organisé.

Critère : du grec kriterion, « ce qui sert à juger ». C'est une norme qui permet de reconnaître les valeurs (cf. le problème du critère de la vérité).

Destinée : ce qui constitue la fin de tout homme, pris en particulier.

Déterminisme : principe de base de toutes les sciences de la nature : tout phénomène a une cause, toute cause a un effet.
En métaphysique, doctrine qui nie le libre arbitre de l'homme. Tout est soumis à la nécessité (cf. Les stoïciens et Spinoza). En psychanalyse, Freud postule l'existence d'un déterminisme psychique : tous les phénomènes psychiques sont produits par une cause, il n'y a pas de hasard.

Dialectique : chez Socrate et Platon, mouvement de l'esprit qui s'élève du sensible à l'intelligible. Chez Kant, la dialectique transcendantale est ce mouvement de la raison qui outrepasse ses limites et produit des illusions (moi, le monde, Dieu).
Chez Hegel, mouvement de l'esprit qui dépasse une contradiction pour aboutir à une synthèse.

Dogmatisme ( # scepticisme) : en philosophie, doctrine qui soutient que l'homme est capable d'atteindre la vérité. En grec, dogma : « opinion, doctrine ».
Dans le langage courant, attitude qui consiste à affirmer sans preuve, de façon péremptoire et intransigeante.

Immanence ( transcendance) : selon le principe d'immanence, « tout est intérieur à tout » ou « un au-delà de la pensée est impensable ».

Idéalisme : doctrine philosophique qui accorde aux idées une existence propre et en fait l'unique véritable réalité.

Matérialisme : doctrine philosophique qui n'accorde la véritable réalité qu'à la matière (# spiritualisme).

Nécessaire (# contingent ) : ce qui ne peut pas ne pas être, dont le contraire implique une contradiction.

 

 

Descartes

La connaissance. La raison,la vérité = Le rationalisme- Croyance et opinion- L'empirisme-Dossier le réel et le virtuel 

La connaissance. La raison,la vérité=Le rationalisme- Croyance et opinion- L'empirisme-Dossier le réel et le virtuel -Le rationalisme cartésien « Je pense donc je suis »-Y a-t-il un sens à débattre de la vérité?Faut-il démontrer pour savoir ?Faut-il toujours dire la vérité?Bac de philosophie 2020, perspective bac 2021

Lexique de termes grecs à connaître pour le bac de philosophie  

 

Philosophie

A

  • analogia (ἀναλογία) : ressemblance, analogie 
  • apeiron (ἄπειρον) : illimité, infini (terme péjoratif dans la philosophie grecque) 
  • aretè (ἀρετή) : l'excellence
  • ataraxie (ἀταραξία) : absence de trouble (« bonheur », tranquillité de l'âme), chez Épicure

C

  • Cosmos = le monde 

D

  • dianoia (διάνοια) : pensée discursive, réflexion, pensée développée dans le temps (cf. noûsnoèsis)
  • dikè (Δίκη) : la Justice. Elle est une des quatre vertus platoniciennes, avec la Sagesse, le Courage, et la Tempérance
  • doxa (δόξα) : opinion, croyance, sens commun

E

  • eidos (εἶδος) : idée, forme
  • épistémé (ἐπιστήμη) : savoir - science 
  • eudaimonia (εὐδαιμονία) : le bonheur 

H

  • hubris (ὕβρις) : démesure

 

Kairos

K

  • kairos (καιρός) : moment propice/opportun, occasion

 

Logos

L

  • logos (λόγος) : parole, raison, discours, langage, argument, définition

M

  • mimèsis (μίμησις) : imitation (concept esthétique chez Platon et Aristote). 

N

  • noèsis (νόησις) : (activité du noûs, de l'intellect) intellection, pensée
  • nomos (νόμος) : loi, convention, règle
  • noûs (νοῦς) : intellect, esprit

O

  • ousia (οὐσία) : substance, essence 

 

Physis

P

  • paideia (παιδεία) : éducation
  • philia (φιλία) : amitié, amour
  • physis (φύσις) : la nature - [épanouissement, venue-au-jour, jaillissement] (de phuein : croître)
  • pistis (πίστις)  : foi, croyance
  • polis (πόλις) : cité, ville, société
  • praxis (πρᾶξις) : la pratique, l'action (par opposition à la théorie)

S

  • sophia (σοφία): sagesse ; elle est une des quatre vertus platoniciennes, avec la Justice, le Courage, et la Tempérance

T

  • tekhnè (τέχνη) : savoir-faire, art
  • theôria (θεωρία) : théorie, contemplation

 

Lexique de citations sur la philosophie

"Dans le fond le métier de penser est une lutte contre les séductions et apparences. Toute la philosophie se définit par là finalement. Il s'agit de se délivrer d'un univers merveilleux, qui accable comme un rêve, et enfin de vaincre cette fantasmagorie."

(Emile Chartier, dit Alain / 1868-1951 / Quatre-vingt-un Chapitres sur l'esprit et les passions / 1917)
"Qu’on ne dise donc plus que la théologie est une reine, dont la philosophie n’est que la servante : car les théologiens eux-mêmes témoignent par leur conduite qu’ils regardent la philosophie comme reine, et la théologie comme une servante : et de là viennent les efforts, et les contorsions, qu’ils livrent à leur esprit, pour éviter qu’on ne les accuse d’être contraires à la bonne philosophie. Plutôt que de s’exposer à cela, ils changent les principes de la philosophie ; dégradant celle-ci ou celle-là, selon qu’ils y trouvent leur compte."

(Pierre Bayle / 1647-1706 / Commentaires philosophiques sur ces paroles de Jésus-Christ : "Contrains-les d'entrer", 1688)

"…si la description de l'essence relève de la philosophie proprement dite, seul le roman permettra d'évoquer dans sa réalité complète, singulière, temporelle, le jaillissement originel de l'existence."

(Simone de Beauvoir / 1908-1986 / Littérature et métaphysiques, Temps modernes 1/4/1946)

"Peut-on être un saint sans Dieu, c'est le seul problème concret que je connaisse."

(Albert Camus / 1913-1960 / La Peste)

"Un philosophe se sauve de la médiocrité seulement par le scepticisme ou par la mystique, ces deux façons de désespérer de la connaissance."

(Emile Michel Cioran / 1911-1995 / Des larmes et des saints / 1937)

"Le philosophe est le spécialiste des généralistes."

(Auguste Comte / 1798-1857)

"La philosophie doit prendre le relais de la religion, sans textes sacrés, sans le Coran, la Bible ou le livre du Bouddha."

(André Comte-Sponville / né en 1952)
"Philosopher, c’est penser sans preuves, mais point penser n’importe quoi, ni n’importe comment."

(André Comte-Sponville / né en 1952)

"La philosophie n’a donc pas en vue le bonheur. Elle a en vue la seule vérité. Or, il est très possible que la vérité soit douloureuse, soit pénible, soit destructrice du bonheur ou le rende impossible. La religion, à la différence de la philosophie, est sous la catégorie de l’utile. Elle promet le bonheur et dit ce qu’il faut faire et ce qu’il faut être pour mériter ou pour l’obtenir. Dès lors, l’illusion est plus importante que la vérité si elle procure le bonheur."

(Marcel Conche / né en 1922 / Le sens de la philosophie)
"Le mépris des sciences humaines était un des premiers caractères du christianisme. Il avait à se venger des outrages de la philosophie ; il craignait cet esprit d'examen et de doute, cette confiance en sa propre raison, fléau de toutes les croyances religieuses. La lumière des sciences naturelles lui était même odieuse et suspecte ; car elles sont très dangereuses pour le succès des miracles ; et il n'y a point de religion qui ne force ses sectateurs à dévorer quelques absurdités physiques. Ainsi le triomphe du christianisme fut le signal de l'entière décadence et des sciences et de la philosophie."

(Condorcet / 1743-1794 / Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain / 1795)
"Toute société qui n'est pas éclairée par des philosophes est trompée par des charlatans."

(Condorcet / 1743-1794)

"Ce qui caractérise le philosophe et le distingue du vulgaire, c'est qu'il n'admet rien sans preuve, qu'il n'acquiesce point à des notions trompeuses et qu'il pose exactement les limites du certain, du probable et du douteux."

(Denis Diderot / 1713-1784 / Lettre à Sophie Volland - 26 septembre 1762)

"Il n'appartient qu'à l'honnête homme d'être athée. Le méchant qui nie l'existence de Dieu est juge et partie ; c'est un homme qui craint et qui sait qu'il doit craindre un vengeur (…) L'homme de bien au contraire, qui aimerait tant à se flatter d'une rémunération future de ses vertus, lutte contre son propre intérêt. L'un plaide pour lui-même, l'autre plaide contre lui ; le premier ne peut jamais être certain du véritable motif qui détermine sa façon de philosopher ; le second ne peut douter qu'il ne soit entraîné par l'évidence dans une opinion si opposée aux espérances les plus douces et les plus flatteuses dont il pourrait se bercer."

(Denis Diderot / 1713-1784 / rapporté dans "Mémoires pour servir à l'histoire de la philosophie au XVIIIe siècle, de Jean Philibert Damiron)

"Il faut à la fois rire, vivre en philosophe, diriger sa propre maison, et encore nous servir de tout ce qui nous est propre, et ne jamais cesser de prononcer les formules issues de la droite philosophie."

(Épicure / 341-270 avant JC / Sentences vaticanes)

"Les théologiens et les philosophes, qui font de Dieu l'auteur de la nature et l'architecte de l'univers, nous le font paraître absurde et méchant. Ils le disent bon parce qu'ils le craignent, mais ils sont forcés de convenir qu'il agit d'une façon atroce. Ils lui prêtent une malignité rare, même chez l'homme. Et c'est par là qu'ils le rendent adorable sur terre. Car notre misérable race ne vouerait pas un culte à des dieux justes et bienveillants. [...] Sans le purgatoire et l'enfer, le bon Dieu ne serait qu'un pauvre sire."

(Anatole France / 1844-1924 / Les dieux ont soif, 1912)

"Lorsqu’il s'agit de questions de religion, les hommes se rendent coupables de toutes les malhonnêtetés possibles. Les philosophes étirent la signification des mots jusqu'à ce que ceux-ci conservent à peine quelque chose de leur sens d'origine, ils appellent Dieu quelque vague abstraction qu'ils se sont créée et les voilà désormais, à la face du monde, déistes, croyants en Dieu, ils peuvent s'enorgueillir d'avoir reconnu un concept de Dieu plus élevé plus pur, bien que leur Dieu ne soit plus qu'une ombre sans substance…"

(Sigmund Freud / 1856-1839 / L'avenir d'une illusion)

"Rien ne paraît plus surprenant à ceux qui contemplent les choses humaines d’un œil philosophique, que de voir la facilité avec laquelle le grand nombre est gouverné par le petit, et l’humble soumission avec laquelle les hommes sacrifient leurs sentiments et leurs penchants à ceux de leurs chefs. Quelle est la cause de cette merveille ? Ce n’est pas la force ; les sujets sont toujours les plus forts. Ce ne peut donc être que l’opinion. C’est sur l’opinion que tout gouvernement est fondé, le plus despotique et le plus militaire aussi bien que le plus populaire et le plus libre."

(David Hume / 1711-1776 / Essais politiques)

"Ayant eu la destinée, très rare en mon pays, de n'avoir jamais cru en Dieu, même dans mon enfance, j'ai toujours vu dans la création d'une vraie philosophie sociale le seul fondement possible d'une régénération générale de la morale humaine et dans l'idée de l'humanité, la seule qui put remplacer celle de Dieu."

(John Stuart Mill / 1806-1873 / Lettre à Auguste Comte / 17 décembre 1842)
"La vie de tous les jours, l'emploi de son corps et de son temps, l'usage des plaisirs et les techniques de soi, voilà le fond de toute quête philosophique".

(Michel Onfray / né en 1959)

"Elle [la philosophie] fait sienne la profession de foi de Prométhée : "Je hais tous les dieux." Cette profession de foi est sa propre devise qu'elle oppose à tous les dieux du Ciel et de la Terre qui ne reconnaissent pas pour divinité suprême la conscience que l'homme a de soi."

(Karl Marx / 1818-1883 / Différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Epicure)
"Les philosophes n'ont fait qu'interpréter diversement le monde, il s'agit maintenant de le transformer."

(Karl Marx / 1818-1883 / Thèse sur Feuerbach)

"[…] Je ne crois pas, pour ma part, que la philosophie puisse prouver la vérité des dogmes religieux ou montrer qu'ils sont erronés, mais depuis Platon, la plupart des philosophes ont considéré le fait de donner des "preuves" de l'immortalité et de l'existence de Dieu comme faisant partie de leur domaine. Ils ont critiqué les preuves de leurs prédécesseurs – saint Thomas a rejeté les preuves de saint Anselme, et Kant, celles de Descartes –, mais ils les ont remplacées par de nouvelles, de leur composition. Pour rendre leurs preuves valables, ils ont dû falsifier la logique, unir le mysticisme aux mathématiques et prétendre que les préjugés, profondément enracinés, étaient des intuitions venues du ciel."

(Bertrand Russell / 1872-1970 / Histoire de la philosophie occidentale / 1946)

"Ils [les philosophes] admettent volontiers que l'intellect humain est incapable de trouver des réponses définitives à de nombreuses questions fort importantes pour l'humanité, mais ils refusent de croire qu'il existe une "plus haute" façon de connaître, grâce à laquelle nous pouvons découvrir des vérités cachées à la science et à l'intellect."

(Bertrand Russell / 1872-1970 / Histoire de la philosophie occidentale / 1946)

"La philosophie tire sa valeur de son incertitude même."
 

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Commentaires (2)

Pr S. Feye
Bonjour,
Peut-être ceci pourrait-il vous intéresser.
https://www.youtube.com/watch?v=kBCDU_PnavQ
Cordialement

Pr Stéphane Feye
prepabac
Bonjour et merci pour votre lien. Bonne visite du site

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Date de dernière mise à jour : 11/11/2019