Conscience, humanité et subjectivité : Conscience, liberté et responsabilité - Conscience et phénoménologie

Les diverses orientations philosophiques-Terminologie grecque de la conscience- L’attitude philosophique de la conscience-La conscience et l’être au monde

Husserl

 
 

Conscience et subjectivité : Problèmes essentiels Conscience et humanité 

Conscience et subjectivité

Notions également traitées dans ce chapitre : Le sujet - La conscience et l'inconscient

 

A consulter 

Que signifie être conscient?

La conscience est-elle source d'illusion?

Bergson, commentaire philosophique, L’Énergie spirituelle

 Bergson extrait de Essai sur les données immédiates de la conscience- Commentaire philosophique
 

 

 

Problèmes essentiels

Conscience et humanité :

 L'homme est-il le seul être à posséder la conscience ? Qu'est-ce que le fait de posséder cette faculté implique ? En quoi cela fait-il de l'homme un sujet et donc un être qui n'est pas seulement un objet ?

Conscience et connaissance de soi :

En quoi notre conscience nous donne accès à une certaine connaissance de nous-mêmes ? Par quels moyens ? Dans quelles limites ?

Conscience et liberté :

Pourquoi la conscience fait de nous des êtres libres ? Au contraire, doit-on penser que la conscience de notre liberté n'est qu'une illusion ?

Conscience et bonheur :

Le fait de posséder la conscience nous rend-il nécessairement heureux ? N'est elle pas au contraire fondamentalement source d'angoisses, de troubles ? L'inconscience ne lui est-elle pas préférable ?

Conscience, humanité et subjectivité : Conscience, liberté et responsabilité

Conscience, humanité et subjectivité :

L'homme possède la conscience. La conscience est cette faculté qui fait que, lorsque nous agissons ou parlons, nous savons que nous agissons ou parlons. Nous avons une certaine connaissance de nos actes et de nos paroles. Étymologiquement en effet, le mot "conscience" en français vient du latin conscientia composé du préfixe con- (« avec ») et scientia («connaissance »). Cette faculté est souvent considérée comme la faculté fondamentale qui nous distingue des autres réalités naturelles, qui fait notre humanité et nous désigne comme des sujets :

- Kant, Le pouvoir de dire "Je".

- Hegel, L'homme est esprit. Cependant, comme l'a bien vu Pascal, cette faculté n'est pas seulement "positive" et la conscience de l'homme d'être sujet peut également être douloureuse :

- Pascal, Le roseau pensant.

Conscience, liberté et responsabilité :

"Etre sujet" cela ne signifie pas seulement savoir que l'on existe, et avoir conscience du monde qui nous entoure. Ou plutôt de ceci découle également le fait que nous sommes responsables de ce que nous faisons et disons. Nous sommes des sujets au sens psychologique ET au sens moral. Les deux textes qui suivent explorent les liens entre la conscience, la liberté et la responsabilité : - Kant : Subjectivité et liberté. -

Sartre : L'existence précède l'essence 

Qu'est-ce que signifie ici que l'existence précède l'essence ? Cela signifie que l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit après. L'homme, tel que le conçoit l'existentialiste, s'il n'est pas définissable, c'est qu'il n'est d'abord rien. Il ne sera qu'ensuite, et il sera tel qu'il se sera fait. Ainsi, il n'y a pas de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir. L'homme est non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu'il se veut, et comme il se conçoit après l'existence, comme il se veut après cet élan vers l'existence, l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait. Tel est le premier principe de l'existentialisme. C'est aussi ce qu'on appelle la subjectivité, et que l'on nous reproche sous ce nom même. Mais que voulons-nous dire par là, sinon que l'homme a une plus grande dignité que la pierre ou que la table ? Car nous voulons dire que l'homme existe d'abord, c'est-à-dire que l'homme est d'abord ce qui se jette vers un avenir, et ce qui est conscient de se projeter dans l'avenir. L'homme est d'abord un projet qui se vit subjectivement, au lieu d'être une mousse, une pourriture ou un chou-fleur ; rien n'existe préalablement à ce projet ; rien n'est au ciel intelligible, et l'homme sera d'abord ce qu'il aura projeté d'être. Non pas ce qu'il voudra être. Car ce que nous entendons ordinairement par vouloir, c'est une décision consciente, et qui est pour la plupart d'entre nous postérieure à ce qu'il s'est fait lui-même. Je peux vouloir adhérer à un parti, écrire un livre, me marier, tout cela n'est qu'une manifestation d'un choix plus originel, plus spontané que ce qu'on appelle volonté. Mais si vraiment l'existence précède l'essence, l'homme est responsable de ce qu'il est. Ainsi, la première démarche de l'existentialisme est de mettre tout homme en possession de ce qu'il est et de faire reposer sur lui la responsabilité totale de son existence.

 L'homme condamné à la liberté, Sartre 

Dostoïevski avait écrit : " Si Dieu n'existait pas, tout serait permis ". C'est là le point de départ de l'existentialisme. En effet, tout est permis si Dieu n'existe pas, et par conséquent l'homme est délaissé, parce qu'il ne trouve ni en lui, ni hors de lui une possibilité de s'accrocher. Il ne trouve d'abord pas d'excuses. Si, en effet, l'existence précède l'essence, on ne pourra jamais expliquer par référence à une nature humaine donnée et figée ; autrement dit, il n'y a pas de déterminisme, l'homme est libre, l'homme est liberté. Si, d'autre part, Dieu n'existe pas, nous ne trouvons pas en face de nous des valeurs ou des ordres qui légitimeront notre conduite. Ainsi, nous n'avons ni derrière nous, ni devant nous, dans le domaine lumineux des valeurs, des justifications ou des excuses. Nous sommes seuls, sans excuses. C'est ce que j'exprimerai en disant que l'homme est condamné à être libre. Condamné, parce qu'il ne s'est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre, parce qu'une fois jeté dans le monde il est responsable de tout ce qu'il fait. L'existentialiste ne croit pas à la puissance de la passion. Il ne pensera jamais qu'une belle passion est un torrent dévastateur qui conduit fatalement l'homme à certains actes, et qui, par conséquent, est une excuse. Il pense que l'homme est responsable de sa passion. L'existentialiste ne pensera pas non plus que l'homme peut trouver un secours dans un signe donné, sur terre, qui l'orientera ; car il pense que l'homme déchiffre lui- même le signe comme il lui plaît. Il pense donc que l'homme, sans aucun appui et sans aucun secours, est condamné à chaque instant à inventer l'homme.

 

 

Limites de la connaissance de soi et du statut de sujet : Mais aussi bien l'idée que la conscience de soi nous rend capables de nous connaître nous-mêmes, que l'affirmation de notre statut de sujet sont problématiques. Sommes-nous transparents à nous-mêmes ? La capacité que nous avons de nous connaître n'est-elle pas limitée ? Sommes-nous réellement sujets de nos actes et de nos paroles ?

 - Spinoza, L'illusion de la liberté.

Pouvons-nous définir ou saisir notre identité, notre "moi" ? Ces concepts ne sont-ils pas que des mots, des fictions, des abstractions sans correspondance dans le réel, dans notre expérience concrète ?

Une pierre reçoit d’une cause extérieure qui la pousse une certaine quantité de mouvement, par laquelle elle continuera nécessairement de se mouvoir après l’arrêt de l’impulsion externe. Cette permanence de la pierre dans son mouvement est une contrainte (...) parce qu’elle doit être définie par l’impulsion des causes externes; et ce qui est vrai de la pierre, l’est aussi de tout objet singulier, quelle qu’en soit la complexité, et quel que soit le nombre de ses possibilités : tout objet singulier, en effet, est nécessairement déterminé par quelque cause extérieure à exister et à agir selon une loi précise et déterminée.

Concevez maintenant (...) que la pierre, tandis qu’elle continue de se mouvoir, sache et pense qu’elle fait tout l’effort possible pour continuer de se mouvoir. Cette pierre, assurément, puisqu’elle n’est consciente que de son effort (...) croira être libre et ne persévérer dans son mouvement que par la seule raison qu’elle le désire. Telle est cette liberté humaine que tous les hommes se vantent d’avoir et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes qui les déterminent. C’est ainsi qu’un enfant croit désirer librement le lait, et un jeune garçon vouloir se venger s’il est irrité, mais fuir s’il est craintif. Un ivrogne croit dire par une décision libre ce qu’ensuite il aurait voulu taire. De même un dément, un bavard et de nombreux cas de ce genre croient agir par une libre décision de leur esprit, et non pas portés par une impulsion. Et comme ce préjugé est inné en tous les hommes, ils ne s’en libèrent pas facilement.

- Hume, Le moi comme fiction.

Il y a certains philosophes qui imaginent que nous avons à tout moment la conscience intime de ce que nous appelons notre moi ; que nous sentons son existence et sa continuité d'existence ; et que nous sommes certains, plus que par l'évidence d'une démonstration, de son identité et de sa simplicité parfaites. Pour ma part, quand je pénètre le plus intimement dans ce que j'appelle moi, je bute toujours sur une perception particulière ou sur une autre, de chaud ou de froid, de lumière ou d'ombre, d'amour ou de haine, de douleur ou de plaisir. Je ne peux jamais me saisir, moi, en aucun moment sans une perception et je ne peux rien observer que la perception. Quand mes perceptions sont écartées pour un temps, comme par un sommeil tranquille, aussi longtemps, je n'ai plus conscience de moi et on peut dire vraiment que je n'existe pas. Si toutes mes perceptions étaient supprimées par la mort et que je ne puisse ni penser ni sentir, ni voir, ni aimer, ni haïr après la dissolution de mon corps, je serais entièrement annihilé et je ne conçois pas ce qu'il faudrait de plus pour faire de moi un parfait néant.

Si quelqu'un pense, après une réflexion sérieuse et impartiale, qu'il a, de lui-même, une connaissance différente, il me faut l'avouer, je ne peux raisonner plus longtemps avec lui. (...) Peut-être peut-il percevoir quelque chose de simple et de continu qu'il appelle lui : et pourtant je suis sûr qu'il n'y a pas en moi de pareil principe.

Mais, si je laisse de côté quelques métaphysiciens de ce genre, je peux m'aventurer à affirmer du reste des hommes qu'ils ne sont rien qu'un faisceau ou une collection de perceptions différentes qui se succèdent les unes aux autres avec une rapidité inconcevable et qui sont dans un flux et un mouvement perpétuels. (...) L'esprit est une sorte de théâtre où diverses perceptions font successivement leur apparition ; elles passent, repassent, glissent sans arrêt et se mêlent en une infinie variété de conditions et de situations.

Il n'y a proprement en lui ni simplicité à un moment, ni identité dans les différents moments, quelque tendance naturelle que nous puissions avoir à imaginer cette simplicité et cette identité. La comparaison du théâtre ne doit pas nous égarer. Ce sont les seules perceptions successives qui constituent l'esprit ; nous n'avons pas la connaissance la plus lointaine du lieu où se représentent ces scènes ou des matériaux dont il serait constitué.

 

La conscience signifie cum-scientia au sens littéral. Le terme conscience est associé à celui de la réflexion. L’attitude philosophique de la conscience -Langage et vérité

Nous allons étudier le concept de conscience en philosophie générale. Nous verrons en quoi le terme de conscience est associé à celui de réflexion Quel sens peut avoir la conscience dans l’antiquité et dans la philosophie classique? Comment la comprendre au niveau phénoménologique? Quelles sont ses origines? Nous nous demanderons en quoi l’être humain est conscience et tenterons de définir ce qu’est un être conscient. De la conscience au sens de science avec soi même, nous verrons comment et en quoi, l’expérience de soi peut glisser dans une expérience morale. Nous analyserons également des différents niveaux de conscience depuis la conscience spontanée jusqu’à la  conscience réflexive. Nous tenterons de répondre à une série de questions comme qu’est-ce que le soi? Est-ce toute conscience? Un sujet particulier? Une introspection? Une ouverture sur le monde et si oui en quoi?

                                     Quelques notions sur la conscience

                                Les diverses orientations philosophiques

La conscience signifie cum-scientia au sens littéral. Le terme conscience est associé à celui de la réflexion. Sartre a démontré l’existence d’une  conscience irréfléchie, qui n’est pas conscience de soi. Dans l’antiquité, la conscience n’était pas la base de la métaphysique, comme connaissance de soi. Selon Descartes, on peut tout reconstruire à partir de la conscience, la conscience comme fond métaphysique est le « je », le « moi ». Elle est donc associée à la connaissance, au savoir. Pour Saint Augustin comme pour Descartes, la conscience est la base de la méthode et des réflexions métaphysiques, « je me trompe donc je suis », Descartes en a fait la base de tout son système. Montaigne estime que la science sans conscience n’est que ruine de l’âme. La connaissance est assimilée à la sagesse, la conscience n’est pas la base de la métaphysique, il faut y joindre une réflexion morale. Dans la philosophie classique, la conscience est le sujet pur isolé du monde par opposition aux modernes pour qui, elle est un mouvement vers le monde, un intentionnalisme. Dans la philosophie antique, la connaissance de soi est perçue comme première vérité métaphysique. Dans la phénoménologie, toute conscience est une connaissance, toute connaissance est un acte de conscience; La conscience n’existe que dans son acte. Husserl affirme que « toute conscience est conscience de quelque chose », c’est la recherche d’une conscience pure. Mais il y a une unité derrière la pluralité des visées que la conscience soit rêveuse, oublieuse, connaissante. Il s’agit des visées intentionnelles d’Husserl. La conscience est transcendantale, non au sens théologique, mais au sens d’aller vers, les visées intentionnelles nous tournent vers l’ego transcendantal. De ce fait, la conscience nous révèle  notre relation au monde. L’unité pure transcendantale conditionne toute expérience a priori. Cette conception s’oppose à la conception classique. L’unité pure transcendantale n’existe que chez le philosophe Husserl.

                              L’attitude philosophique de la conscience

                                             Langage et vérité

Nous allons tenter d’élucider le concept de conscience du point de vue de la philosophie, de l’attitude philosophique de la conscience et non du point de vue moral ou psychologique. En quoi l’être humain est il conscience? Qu’est-ce que l’être qui est conscient? La sensibilité de la philosophie chrétienne et moderne limite la conscience. Nous avons la conscience sensible qui la réduit à l’animalité; Le christianisme sensibilise l’homme, c’est un sentiment de soi, une conscience de soi. Dans la philosophie antique, la conscience signifie raison tandis que dans la philosophie moderne, la conscience est raison avec quelque chose qui n’est pas de l’ordre de la raison, est-ce une matière? Un corps? De l’animalité? La question reste ouverte. Nous savons que pour Descartes, le sujet est le héros philosophique en matière de philosophie de la conscience. Le « je » est le « je » théorique qui fonde  le savoir vrai, c’est le « je » épistémologique, celui de la connaissance.

                                  Terminologie grecque de la conscience

                            Problème de vocabulaire inhérent au concept

La conscience signifie « science avec ». « Avec », renvoie au savoir du savoir, c’est-à-dire, savoir qu’on sait. La conscience fait référence au sujet, « avec » un sujet, moi-même. La traduction de cum-scientia veut dire, complicité avec moi-même. La conscience se découvre dans son dédoublement, le « j e » se découvre avec lui-même. La conscience veut donc dire, science avec soi-même. La conscience de moi-même nous dirige vers une forme de culpabilité, la conscience de ma faute autrement appelée le surmoi dans le langage de la psychologie. C’est l’expérience de soi dans une expérience d’ordre moral.

                                 La conscience et l’être au monde

Connaître suppose un « je » qui connait la chose connue. L’être conscient du monde sous toutes ses formes et l’être au monde sont identiques en quelque sorte. Le monde et l’être au monde signifie être conscient du monde du fait d’être au monde. Mais quel est le statut de la conscience? La naïveté de la vie dans le sentiment d’être au monde peut nous ramener à un inconscient de la conscience, seul un être conscient peut être inconscient. En outre la conscience morale s’oppose à la conscience psychologique, non morale. Cette dernière ne se rapporte qu’à la conscience des faits, de l’expérience du monde, c’est la conscience empirique, l’’expérience de la présence du monde, des sentiments de la volonté. Tandis que le sentiment d’être au monde nous pose comme un état de la perception, un être dans la présence, c’est être présent dans un monde qui m’est présent. Le monde est vécu, est perçu comme un état de l’expérience mais pas encore comme une expérience.

                                    Conscience et phénoménologie

             « Avoir conscience c’est avoir conscience de quelque chose »

Pour Husserl, « toute conscience est conscience de quelque chose », « toute conscience est conscience d’objets, c’est-à-dire, d’autre chose que la conscience. Nous sommes en face de la conscience; Nous naissons au monde dans le percevoir, nous sommes projetés. L’intentionnalité définit la conscience comme le fait d’avoir une conscience spontanée par le seul fait de naître au monde dans le percevoir. L’intentionnalité est une direction, une intention. C’est la conscience de quelque chose qui se porte vers. Nous avons ici la manifestation de l’être ou des êtres dans leur totalité. C’est la traduction grecque de « phénomène » : apparaître. La conscience est par conséquent une apparition du monde, le monde est-ce qui paraît et paraître, c’est être au monde. Il y a donc réciprocité. Nous avons une scission entre le sujet qui a conscience et ce dont il a conscience, le sujet et l’objet de sa conscience. L’apparition du monde prend le sens suivant, c’est un état de ce dont l’homme a conscience et non pas le fait qu’il soit conscient d’être au monde. Il y a une antériorité au sein de laquelle j’émerge, « il y a un monde ». Ainsi la conscience spontanée est une ouverture sur le monde, c’est un aller et retour vers l’origine. Mais l’être conscient peut il se tourner vers son acte de perception? L’objet qui se réfléchit n’a pas conscience de lui-même. Or, la conscience est celle qui peut réfléchir et se découvrir comme conscience réfléchie.

La conscience est nécessairement et intentionnellement conscience de quelque chose. Husserl

Edmund Husserl (8 avril 1859 - 26 avril 1938) est un philosophe autrichien de naissance puis prussien, fondateur de la phénoménologie, qui eut une influence majeure sur l'ensemble de la philosophie du XXe siècle.

La conscience est nécessairement et intentionnellement conscience de quelque chose.

Et, cette idée est précisément une des thèses centrales d’un courant philosophique qui s’appelle la phénoménologie, dont l’initiateur est Husserl.

"La perception de cette table est, avant comme après, perception de cette table. Ainsi, tout état de conscience en général est, en lui-même, conscience de quelque chose, quoi qu’il en soit de l’existence réelle de cet objet et quelque abstention que je fasse, dans l’attitude transcendantale qui est mienne, de la position de cette existence et de tous les actes de l’attitude naturelle. Par conséquent, il faudra élargir le contenu de l’ego cogito transcendantal, lui ajouter un élément nouveau et dire que tout cogito ou encore tout état de conscience "vise" quelque chose, et qu’il porte en lui-même, en tant que "visé" (en tant qu’objet d’une intention), son cogitatumrespectif.Chaque cogito, du reste, le fait à sa manière. La perception de la "maison" "vise" (se rapporte à) une maison - ou, plus exactement, telle maison individuelle - de la manière perceptive ; le souvenir de la maison "vise" la maison comme souvenir ; l’imagination, comme image ; un jugement prédicatif ayant pour objet la maison "placée là devant moi" la vise de la façon propre au jugement prédicatif ; un jugement de valeur surajouté la viserait encore à manière, et ainsi de suite.Ces états de conscience sont aussi appelés états intentionnels. Le mot intentionnalité ne signifie rien d’autre que cette particularité foncière et générale qu’a la conscience d’être conscience de quelque chose, de porter, en sa qualité de cogito, son cogitatum en elle-même. "

E. Husserl, Méditations cartésiennes.

La conscience intentionelle

“Toute conscience est conscience de quelque chose” car il n'y a pas de pensée de "rien" = la conscience "contient" toujours des objets = Toute conscience, toute pensée contient un cogitatum

la conscience n’est pas réduite à "je pense"

la conscience ne se réduit jamais à une conscience pure de tout contenu, elle est toujours conscience de quelque chose, visée de quelque chose qui se distingue d’elle, d’un objet. Cette caractéristique de la conscience s’appelle l’intentionnalité de la conscience

“de” : preposition de mouvement, être en relation avec quelque chose

 

I- Rappel de  la définition :  singulier/particulier

II- Généralisation

III- Universalisation

 

A consulter 

Comment utiliser les repères philosophiques? singulier / particulier / général / universel. Bac philosophie 2020 perspective 2021
 

 

On a toujours conscience (avant, pendant, après) de quelque chose.

Même si un objet n’existe pas on en a quand même conscience.

Que le monde existe ou pas la conscience est conscience de…

—> La conscience a une dynamique mais elle vise aussi  avec une intention.

=> Deux consciences en relation entrent en conflit et cela  sera même un conflit à mort

Dire “je”, sujet, c’est-à-dire qu’il y a une relation avec un objet, mais Descartes ne l’a pas vu.

—> A chaque cogito il y a un cogitatum

toute conscience réfléchie fonctionne comme cela.

|—> Tournée vers l’extérieur

si je suis sujet c’est que je suis relation

La conscience n'est pas passive, elle est active, elle est consciente des objets qu'elle vise

—> C’est l’essence de la conscience : Elle est relation, intention

Conscience : “La pensée  est un domaine dans lequel le moi est maître chez lui. Là ou il y a l’âme, il y a la pensée et conscience de soi” Descartes

(Husserl, Alain, Kant, Socrate, Sartre,…)

Non-Conscience : “Le moi n’est plus maître dans sa propre maison” Freud

Conscience : On se rend compte des choses, maître de la nature mais aussi maiîre de soi-même

Si on a pas conscience on ne peut pas  rendre compte des choses à l’extérieur de nous et en nous, nous ne contrôlons rien.

—> On a l’impression mais c’est l’inconscient qui nous contrôle

Synthèse de la conscience Husserlienne et de ses trois principes

La conscience transcendantale

L'intentionnalité

Il désigne le caractère fondamentalement orienté de la conscience vis-à-vis d'un objet, quel qu'il soit. L'intentionnalité est le fait d'« être conscient de ». La conscience n'a pas le même mode d'être que des objets physiques. Ainsi, la structure de l'intentionnalité distingue le psychique du physique.

La réduction phénoménologique

Puis-je percevoir l'etre dans sa stricte objectivité ? Ma subjectivité ne m'empêche-t'elle d'accéder à l'être ?

  1. Husserl ne nie pas l'antériorité du monde dans chaque affirmation scientifique sur ce monde.
  2. Mais cette antériorité suffit-elle à rendre l'existence du monde incontestable, indubitable ?

 

Pour sortir de ce paradoxe, Husserl avance la notion d'épochè, qu'il emprunte, une fois encore, à la tradition philosophique : le terme grec a été utilisé par les Sceptiques dans le sens de « suspension du jugement ». L'épochè consiste à « mettre entre parenthèses » tout acquis préalable (jugement, opinion, croyance, hypothèse, etc.) sur un vécu de conscience quel qu'il soit, ou mieux encore, tout ce qui ne se donne pas dans l'expérience

Cette notion d'épochè est définie, dans les Méditations cartésiennes, comme « la méthode universelle et radicale par laquelle je me saisis comme moi pur, avec la vie de conscience pure qui m'est propre, vie dans et par laquelle le monde objectif tout entier existe pour moi, tel justement qu'il existe pour moi ». Cette méthode résulte de l'évidence apodictique d'un ego cogito qui est universel par sa présence chez tous les êtres pensants. Cette filiation cartésienne repose sur le doute hyperbolique qui laisse place à la certitude d'un être premier : l'ego constitutif. Je ne puis douter que je doute, donc je suis.

La réduction phénoménologique consiste à ne pas croire naïvement à ce que nous offre le monde. Le monde dépasse la simple conscience que j'en ai. À la manière de Descartes, nous devons suspendre notre jugement à propos de l'existence du monde, découvrant alors la certitude de l'existence du sujet (de l'ego transcendantal).

Le cogito ou le sujet transcendantal

C'est dans le cogito que Husserl trouve le fondement absolu de sa philosophie : c'est une notion qu'il emprunte à Descartes

Toutefois, Husserl radicalise le cogito cartésien, en en faisant non plus un premier axiome, mais le fondement même de tous les axiomes. Ce cogito est le moi transcendantal, c'est-à-dire le moi pur qui est dévoilé par la réduction phénoménologique. Ce moi transcendantal est distinct du moi psychologique, en tant que la psychologie étudie les phénomènes psychiques de manière objective, dans l'attitude du monde.

Pourquoi est-ce un fondement absolu ?

  • parce que c'est un principe auquel toute expérience revient, qui fonde toute expérience ;
  • parce qu'il n'est pas lui-même fondé (sans quoi l'on risquerait une régression à l'infini de principe en principe) ;
  • parce qu'il est universel, c'est-à-dire partagé par tous les humains, et en tout temps.

 

Le cogito est pure intentionnalité pour Husserl qui reproche à Descartes d'avoir fait du cogito un axiome duquel seront déduits les substances pensantes, étendues et Dieu. Ce n'est pas suffisant de faire du cogito un axiome, il est pour Husserl le fondement de tous les axiomes

Descartes « réifie » le cogito :

  1. En faire un axiome apodictique, c'est en faire une « chose du monde », c'est l'inscrire dans une attitude naturelle qui doit rester constamment en suspens chez Husserl.
  2. En faire une res cogitans : le moi pur n'est pas une chose puisqu'il ne se donne pas à lui-même comme les choses lui sont données.

 

Husserl :

Puisque le cogito est le fondement absolu, alors :

la phénoménologie est une science de la conscience : c'est la science des phénomènes : de ce qui apparaît à la conscience. Il faut donc revenir aux choses mêmes, la connaissance est connaissance des essences.

Pour atteindre les idées, il faut éliminer les éléments empiriques. La réduction eidétique (du grec eidos qui signifie idée ou essence) consiste donc à éliminer les éléments empiriques pour atteindre ces réalités ultimes que sont les essences

Husserl n'invente pas le mot phénoménologie (on le trouve par exemple chez Hegel), il lui donne une signification nouvelle. La phénoménologie se veut une " science rigoureuse ". Elle est la science des phénomènes c'est à dire de ce qui apparaît dans l'expérience. Il faut décrire la façon dont les choses se donnent à la conscience, la façon dont elles apparaissent

 

 

Descartes

La connaissance. La raison,la vérité = Le rationalisme- Croyance et opinion- L'empirisme-Dossier le réel et le virtuel

La connaissance. La raison,la vérité=Le rationalisme- Croyance et opinion- L'empirisme-Dossier le réel et le virtuel -Le rationalisme cartésien « Je pense donc je suis »-Y a-t-il un sens à débattre de la vérité?Faut-il démontrer pour savoir ?Faut-il toujours dire la vérité?Bac de philosophie 2020, perspective bac 2021

Kant

La raison comme moyen privilégié d'ordonner le Réel, programme bac de philosophie 2020 perspective 2021, la connaissance

La raison comme moyen privilégié d'ordonner le Réel, programme bac de philosophie 2020 perspective 2021, la connaissance-La raison pour ordonner le monde réel - La relation Raison et Réel -Formes historiques de la relation-La méthode mathématique = la démonstration-Méthode herméneutique = l'interprétation

 

Questionnaire sur Husserl et sa philosophie - La conscience Husserlienne, toute conscience est conscience de quelque chose

 

1 -

Qui est Husserl?

2 -

Quels sont les trois principes de la conscience transcendantale?

3 -

Qu’est-ce qu’une conscience intentionnelle?

4 -

Expliquez le terme « l’intentionnalité »

5 -

Qu’est-ce que la réduction phénoménologique?

6 -

Reformulez ces deux phrases

Husserl ne nie pas l'antériorité du monde dans chaque affirmation scientifique sur ce monde.

Mais cette antériorité suffit-elle à rendre l'existence du monde incontestable, indubitable ?

7 -

Que signifie « épochè »?

8  -

D’où vient cette notion?

9 -

Sur quoi repose la filiation cartésienne d’Husserl?

10 -

En quoi consiste le cogito Husserlien? Ou sujet transcendantal?

11 -

Le cogito est-il le fondement absolu de la philosophie d’Husserl?

12 -

Est-ce le cas chez Descartes?

13 -

Expliquez les différences entre le cogito Husserlien et cartésien

14 -

Proposez une définition de la phénoménologie

15 -

Faut-il éliminer les éléments empiriques pour atteindre l’essence selon Husserl

16 -

Husserl invente t’-il le terme de phénoménologie?

Questionnaires bac pour vous entraîner

1 -

Que signifie conscience?

L’étymologie du mot, littéralement « savoir (scientia) avec (cum) » suggère l’idée d’un accompagnement.

La conscience signifie «

 science avec ». « Avec », renvoie au savoir du savoir, c’est-à-dire, savoir qu’on sait.

Grâce à la conscience, l’homme a une représentation du monde et le place en sujet parmi les autres hommes, il a ainsi le sentiment de son existence.

2 -

Les philosophes classiques accordaient-ils une place importante à la conscience?

Oui, une place centrale

Socrate : « Connais-toi toi-même »

Descartes : «  Qu’est-ce donc que je suis? Une chose qui pense, une chose qui doute, qui connait, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi et qui sent ».

 

3 -

Pascal récuse t’-il l’idée de conscience au sens cartésien de substance « substance pensante »?

Oui, la conscience chez Pascal est associée à la métaphore du roseau représentative de la « grandeur de l’homme «  car c’est «un roseau pensant».

Blaise Pascal (1623-1662) Pensées, fragment 347 de l'édition de Brunschvicg

"L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser: une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C'est de là qu'il faut nous relever et non de l'espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser: voilà le principe de la morale."

4 -

Qu’est-ce que la  conscience spontanée ou immédiate?

Je suis dans le monde mais la conscience ne se pose pas comme objet de son investigation, elle reste indifférenciée

« J’existe, et j’ai des sens par lesquels je suis affecté. Voilà la première vérité qui me frappe et à laquelle je suis forcé d’acquiescer ». Rousseau, L’Emile.

5 -

Qu’est-ce que la conscience réfléchie?

C’est la conscience de soi, celle qui dit « je ». Le sujet se saisit lui-même en tant que conscience. Il y a retour de la conscience sur elle-même, différenciation vis-à-vis de son objet

6 -

Chez Descartes, la conscience est-elle associée à la connaissance de soi?

Oui selon Descartes la conscience est relative à la métaphysique, elle est le « je donc associée à la connaissance, au savoir :

«je me trompe donc je suis », Descartes en a fait la base de tout son système.

7 -

Quelle est la différence majeure concernant la conscience entre les classiques et les modernes?

Pour les philosophes classiques, contrairement aux penseurs modernes, la conscience n’est pas un mouvement vers le monde, elle est le sujet pur isolé du monde. Les philosophes modernes pensent la conscience comme une conscience ouverte sur le monde, un intentionnalisme = phénoménologie

8 -

Quelle conception Husserl en phénoménologie a t’-il?

Husserl affirme que «

 toute conscience est conscience de quelque chose ». Il y a toujours une visée appelée intentionnelle. Donc la conscience étant toujours tournée vers autre chose qu’elle-même, elle nous révèle notre relation au monde.

Nous sommes en face de la conscience; Nous naissons au monde dans le percevoir, nous sommes projetés dans le monde que la conscience nous fait découvrir.

Nous sommes au monde dans le percevoir, c’est à ce niveau une conscience spontanée. L’intentionnalité est la visée de notre conscience qui se tourne vers autre chose qu’elle-même.

La conscience peut ainsi se définir comme une apparition du monde = phénomène = apparaître.

9 -

Le monde est-il ce qui paraît et paraître, est-ce être au monde?

Oui, le monde est-ce qui paraît et paraître, c’est être au monde. Il y a donc réciprocité. Il y a le sujet qui a conscience et ce dont il a conscience = le sujet et l’objet de la conscience.

10 -

Le monde est-il premier par rapport à la conscience? N’est-il qu’un état de ce dont l’homme a conscience?

Le monde est premier, il y a une antériorité manifeste du monde, il y a le monde, il y a un monde et la perception que l’homme en a. On peut donc poser en premier lieu, le monde et en second lieu l’état de ce dont l’homme a conscience

11 -

De ce fait, peut-on dire que la conscience spontanée soit une ouverture sur le monde?

Oui la conscience spontanée est toujours une ouverture sur le monde.

12 -

Définir la phénoménologie

La phénoménologie est "la science de ce qui apparaît à la conscience" : elle fait voir, son savoir est un « savoir voir ».

L’âge d’or de la phénoménologie en France se situe dans la période qui va de 1940 à 1960, avec pour représentants Sartre et Merleau-Ponty.

Texte de Friedrich Hegel


  L'homme est un être doué de conscience et qui pense, c'est-à dire que, de ce qu'il est, quelle que soit sa façon d'être, il fait un être pour soi. Les choses de la nature n'existent qu'immédiatement et d'une seule façon, tandis que l'homme parce qu'il est esprit, a une double existence ; il existe, d'une part, au même titre que les choses de la nature, mais d'autre part , il existe aussi pour soi, il se contemple, se représente à lui-même, se pense et n'est esprit que par cette activité qui constitue un être pour soi.

Cette conscience de soi l'homme l'acquiert de deux manières : Primo théoriquement, parce qu'il doit se pencher sur lui-même pour prendre conscience de tous les mouvements, replis, penchants du coeur humain et d'une manière générale se contempler, se représenter ce que la pensée peut lui assigner comme essence, enfin se reconnaître exclusivement, aussi bien dans ce qu'il tire de son propre fond que dans les données qu'il reçoit de l'extérieur.

Deuxièmement, l'homme se constitue pour soi par son activité pratique, parce qu'il est poussé à se trouver lui-même, à se reconnaître lui-même dans ce qui lui est donné immédiatement, dans ce qui s'offre à lui extérieurement. Il y parvient en changeant les choses extérieures, qu'il marque du sceau de son intériorité et dans lesquelles il retrouve ses propres déterminations. L'homme agit ainsi, de par sa liberté de sujet, pour ôter au monde extérieur son caractère farouchement étranger et pour ne jouir des choses que parce qu'il y retrouve une forme extérieure de sa propre réalité.

Ce besoin de modifier les choses extérieures est déjà inscrit dans les premiers penchants de l'enfant ; le petit garçon qui jette qui jette des pierres dans le torrent et admire les ronds qui se forment dans l'eau, admire en fait une oeuvre où il bénéficie du spectacle de sa propre activité.

Hegel, Esthétique

 Questionnaire sur le texte de Hegel : la conscience

1 -

Que définit Hegel dans le premier paragraphe?

Il définit la spécificité de l'homme = la conscience de soi

2 -

De quelle autre conscience la conscience de soi se distingue t'-elle?

Elle se distingue de la conscience immédiate que nous avons du monde

3 -

Peut-on dire de la conscience de soi soit réflexive?

Oui la conscience de soi est réflexive "pour soi". C'est ce qui constitue la pensée.

4 -

L'homme est-il un être pour soi chez Hegel?

Oui, l'homme est un être pour soi, il a une conscience, il pense, il fait un être pour soi

5 -

Donnez une définition précise de l'être pour soi

l'être pour soi est un être doué d'une conscience de soi, il s'oppose à l'être en soi qui désigne les choses de la nature.

"Les choses de la nature n'existent qu'immédiatement et d'une seule façon, tandis que l'homme parce qu'il est esprit, a une double existence ; il existe d'une part au même titre que les choses de la nature, mais d'autre part, il existe aussi pour soi, il se contemple, se représente à lui-même, se pense et n'est esprit que par cette activité qui constitue un être pour soi. "

On a donc une distinction entre l'en soi et le pour soi, l'être pour soi et l'être en soi.

6 -

Quelles sont les deux façons d'être au monde évoquées par Hegel dès le début du texte?

Celle des choses de la nature et celle de l'homme.

L'animal vit dans une relation d'extériorité à lui-même par opposition à l'homme

7 -

Comment l'homme vit - il son rapport au monde?

Dans une double relation. Il vit en tant qu'être naturel dans une relation immédiate au monde, à la nature mais il est aussi capable de dépasser cette immédiateté, de s'objectiver dans sa relation à la nature. Il sort de l'immédiateté.  Il y a donc un mouvement de mise à distance du monde, un retour sur soi qui est la conscience de soi, l'activité de la pensée propre à l'homme.

8 -

Comment la conscience de soi se constitue t'-elle?

De deux façons :

- théoriquement : par la connaissance spéculative, l'homme se prend lui-même comme objet de ses pensées= introspection, retour sur soi

- Pratiquement : par son activité pratique, il se découvre à ce niveau dans ce qui s'offre à lui

"il est poussé...". L'homme est perçu comme un être de désir qui le pousse à agir et à se confronter à la réalité extérieure.

La conscience de soi est double : théorique et pratique

L'homme pour survivre doit travailler et donc transformer les choses de la nature. Il a en outre la capacité de s'observer dans cette activité de transformation par le travail et d'évaluer la finalité de son activité.

"Il y parvient en changeant les choses extérieures qu'il marque du sceau de son intériorité et dans lesquelles il retrouve ses propres déterminations. "

9 -

L'homme en transformant la nature, humanise t'-il le milieu dans lequel il vit?

Oui car en utilisant les lois de la nature, il produit un milieu artificiel dans lequel il se retrouve lorsqu'il observe le produit de son travail.

10 -

Peut-on ainsi affirmer que l'activité pratique permette à l'homme de se réaliser absolument dans son être et dans ses œuvres?

Oui au sens de conscience de soi. L'homme est un être agissant capable de réfléchir, de revenir sur ses pensées, de se connaître et de  s'évaluer dans son travail et ses activités.

Il est celui  "qui bénéficie du spectacle de sa propre activité". 

La pensée n'est donc pas uniquement l'activité théorique de l'homme mais elle suppose et comprend l'activité pratique par laquelle l'homme s'inscrit dans l'humanité qui s'émancipe du règne de la nature en tant que conscience libre de se donner ses propres fins.

 

Vocabulaire général associé aux principales références de ce cours : Exemples de sujets

Vocabulaire

Vocabulaire général associé aux principales références de ce cours :

Conscience (distinguer conscience psychologique et conscience morale) - Médiat/immédiat - Caractère empirique/caractère intelligible de l'homme - Introspection - Déterminisme Vocabulaire de base de la psychanalyse : Inconscient - Refoulement - Résistances - Lapsus - Actes manqués - Symptômes psychiques - Traumatisme psychique - Ça, Moi, Surmoi - Associations libres.

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Exemples de sujets

La conscience de soi est-elle une connaissance ?

La conscience est-elle une donnée ?

La conscience est-elle source d'illusions ?

Suis-je ce que j'ai conscience d'être ?

La question "Qui suis-je ?" admet-elle une réponse exacte ?

Peut-on ne pas être soi-même ? La conscience garantit-elle l'autonomie du sujet ?

Toute prise de conscience est-elle libératrice ?

Peut-on dire que plus on est conscient, plus on est libre ?

La conscience rend-elle heureux ? La conscience fait-elle la grandeur ou la misère de l'homme ?

Le bonheur est-il dans l'inconscience ?

La conscience de soi suppose-t-elle autrui ?

La conscience de soi doit-elle quelque chose à la présence d'autrui ?

Est-ce dans la solitude que l'on prend conscience de soi?

 

 

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Date de dernière mise à jour : 14/12/2019