Commentaire littéraire et linéaire, questionnaire, Montaigne, Des Cannibales, I, 31 "Ils ont leurs guerres.. une sorte de barbarie "

Montaigne, "Essais", "Des Cannibales", I, 31 / parcours : Notre monde vient d'en trouver un autre. Séries générales et technologiques, EAF 2021-La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle

Montaigne

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  • Quiz 25 questions. Montaigne Des cannibales I,31, anthropophagie

    Quiz de 25 questions sur  Montaigne, les Essais, Des cannibales I,31, anthropophagie      Ils ont leurs guerres contre les nations qui sont au-delà de leurs montagnes, plus avant en la terre ferme, auxquelles ils vont tout nus, n’ayant autres armes que des arcs ou des épées de bois, apointées par un bout, à la mode des langues de nos épieux. C’est chose émerveillable que la fermeté de leurs combats, qui ne finissent jamais que par meurtre et effusion de sang; car, de routes et d’effroi, ils ne savent que c’est. Chacun rapporte pour son trophée la tête de l’ennemi qu’il a tué, et l’attache à l’entrée de son logis. Après avoir longtemps bien traité leurs prisonniers, et de toutes les commodités dont ils se peuvent aviser, celui qui en est le maître fait une grande assemblée de ses connaissants; il attache une corde à l’un des bras du prisonnier, par le bout de laquelle il le tient, éloigné de quelques pas, de peur d’en être offensé, et donne au plus cher de ses amis l’autre bras à tenir de même; et eux deux, en présence de toute l’assemblée, l’assomment à coups d’épée.     Cela fait, ils le rôtissent et en mangent en commun et en envoient des lopins à ceux de leurs amis qui sont absents. Ce n’est pas, comme on pense, pour s’en nourrir, ainsi que faisaient anciennement les Scythes; c’est pour représenter une extrême vengeance. Et qu’il soit ainsi, ayant aperçu que les Portugais, qui s’étaient ralliés à leurs adversaires, usaient d’une autre sorte de mort contre eux, quand ils les prenaient, qui était de les enterrer jusqu’à la ceinture, et tirer au demeurant du corps force coups de trait, et les pendre après, ils pensèrent que ces gens-ci de l’autre monde, comme ceux qui avaient semé la connaissance de beaucoup de vices parmi leur voisinage, et qui étaient beaucoup plus grands maîtres qu’eux en toute sorte de malice, ne prenaient pas sans occasion cette sorte de vengeance, et qu’elle devait être plus aigre que la leur, commencèrent de quitter leur façon ancienne pour suivre celle-ci.      Je ne suis pas marri que nous remarquons l’horreur barbaresque qu’il y a en une telle action, mais oui bien de quoi, jugeant bien de leurs fautes, nous soyons si aveugles aux nôtres. Je pense qu’il y a plus de barbarie à manger un homme vivant qu’à le manger mort, à déchirer par tourments et par géhennes un corps encore plein de sentiment, le faire rôtir par le menu, le faire mordre et meurtrir aux chiens et aux pourceaux ( comme nous l’avons non seulement lu, mais vu de fraîche mémoire, non entre des ennemis anciens, mais entre des voisins et concitoyens,et, qui pis est, sous prétexte de piété et de religion), que de rôtir et manger après qu’il est trépassé. Chrysippe et Zénon, chefs de la secte stoïque, ont bien pensé qu’il n’y avait aucun mal de se servir de notre charogne à quoi que ce fût pour notre besoin, et d’en tirer de la nourriture; comme nos ancêtres, étant assiégés par César en la ville de Alésia, se résolurent de soutenir la faim de ce siège par les corps des vieillards, des femmes et autres personnes inutiles au combat. Les Gascons, dit-on, en se servant de tels aliments Prolongèrent leur vie. Et les médecins ne craignent pas de s’en servir à toute sorte d’usage pour notre santé, soit pour l’appliquer au-dedans ou au-dehors, mais il ne se trouva jamais aucune opinion si déréglée qui excusât la trahison, la déloyauté, la tyrannie, la cruauté qui sont nos fautes ordinaires.      Nous les pouvons donc bien appeler barbares, eu égard aux règles de la raison, mais non pas eu égard à nous, qui les surpassons en toute sorte de barbarie. Leur guerre est toute noble et généreuse, et a autant d’excuse et de beauté que cette maladie humaine en peut recevoir; elle n’a autre fondement parmi eux que la seule jalousie de la vertu. Ils ne sont pas en débat de la conquête de nouvelles terres, car ils jouissent encore de cette uberté naturelle qui les fournit sans travail et sans peine de toutes choses nécessaires, en telle abondance qu’ils n’ont que faire d’agrandir leurs limites. Ils sont encore en cet heureux point de ne désirer qu’autant que leurs nécessités naturelles leur ordonnent; tout ce qui est au-delà est superflu pour eux.  

  • Quiz 20 questions sur l'étude EAF Des Coches III,6 Montaigne

    Quiz sur l'étude linéaire Montaigne, les Essais, III,6 Des Coches Support : "notre monde vient d'en trouver un autre... en habileté" Notre monde vient d'en trouver un autre (et qui nous garantit que c'est le dernier de ses frères, puisque les Démons, les Sibylles et nous, avons ignoré celui-ci jusqu'à cette heure ?) non moins grand, plein et fourni de membres que lui, toutefois si nouveau et si enfant qu'on lui apprend encore son a, b, c ; il n'y a pas cinquante ans qu'il ne savait ni lettre, ni poids, ni mesure, ni vêtements, ni céréales, ni vignes. Il était encore tout nu dans le giron de sa mère nourricière et ne vivait que par les moyens qu'elle lui fournissait. Si nous concluons bien quand nous disons que nous sommes à la fin de notre monde, et si ce poète fait de même au sujet de la jeunesse de son siècle, cet autre monde ne fera qu'entrer dans la lumière quand le nôtre en sortira. L'univers tombera en paralysie ; l'un des deux membres sera perclus, l'autre en pleine vigueur. Nous aurons très fortement hâté, je le crains, son déclin et sa ruine par notre contagion et nous lui aurons fait payer bien cher nos idées et nos techniques. C'était un monde enfant ; pourtant nous ne l'avons pas fouetté et soumis à notre enseignement en nous servant de l'avantage de notre valeur et de nos forces naturelles ; nous ne l'avons pas non plus séduit par notre justice et notre bonté, ni subjugué par notre magnanimité. La plupart de leurs réponses et des négociations faites avec eux témoignent qu'ils ne nous devaient rien en clarté d'esprit naturelle et pertinence. La merveilleuse magnificence des villes de Cuzco et de Mexico, et, entre plusieurs choses pareilles, le jardin de ce roi, où tous les arbres, les fruits et toutes les herbes, selon l'ordre et grandeur qu'ils ont en un jardin, étaient excellemment façonnés en or, comme, dans son cabinet, tous les animaux qui naissaient dans son État et dans ses mers ; et la beauté de leurs ouvrages en pierreries, en plume, en coton, dans la peinture, montrent qu'ils ne nous étaient pas non plus inférieurs en habileté.

  • Quiz Montaigne Cannibales "Or je trouve pour en revenir à mon propos"

    Quiz sur l'étude linéaire Montaigne, les Essais, I,31 Des Cannibales Support : "Or je trouve pour en revenir à mon propos...naïveté originelle." Or je trouve, pour revenir à mon propos, qu’il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté ; sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage. Comme de vrai, il semble que nous n’avons autre mire de la vérité et de la raison que l’exemple et l’idée des opinions et usances du pays où nous sommes. Là est toujours la parfaite religion, la parfaite police , parfait et accompli usage de toutes choses. Ils sont sauvages, de même que nous appelons sauvages les fruits que nature, de soi et de son progrès ordinaire, a produits : là où, à la vérité, ce sont ceux que nous avons altérés par notre artifice et détournés de l’ordre commun, que nous devrions appeler plutôt sauvages. En ceux-là sont vives et vigoureuses les vraies et plus utiles et naturelles vertus et propriétés, lesquelles nous avons abâtardies en ceux-ci, et les avons seulement accommodées au plaisir de notre goût corrompu . Et si pourtant , la saveur même et délicatesse se trouve à notre goût excellente, à l’envi des nôtres , en divers fruits de ces contrées-là sans culture. Ce n’est pas raison que l’art gagne le point d’honneur sur notre grande et puissante mère nature. Nous avons tant rechargé la beauté et richesse de ses ouvrages par nos inventions, que nous l’avons du tout étouffée. Si est-ce que, partout où sa pureté reluit, elle fait merveilleuse honte à nos vaines et frivoles entreprises, Et veniunt ederae sponte sua melius, Surgit et in solis formosior arbutus antris, Et volucres nulla dulcius arte canunt. Tous nos efforts ne peuvent seulement arriver à représenter le nid du moindre oiselet, sa contexture, sa beauté et l’utilité de son usage, non pas la tissure de la chétive araignée. Toutes choses, dit Platon, sont produites par la nature, ou par la fortune, ou par l’art ; les plus grandes et plus belles, par l’une ou l’autre des deux premières ; les moindres et imparfaites, par la dernière. Ces nations me semblent donc ainsi barbares, pour avoir reçu fort peu de façon de l’esprit humain, et être encore fort voisines de leur naïveté originelle.    

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Objet d'étude : La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle

 Montaigne, "Essais", "Des Cannibales", I, 31 / parcours : Notre monde vient d'en trouver un autre.

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À l’oral, l’épreuve reste en deux parties

Le commentaire devient linéaire complété par une question de grammaire

À l'issue de son temps de préparation :

1. Le candidat propose d'abord une lecture à voix haute juste, pertinente et expressive du texte choisi par l'examinateur, après l'avoir situé brièvement dans l'œuvre ou le parcours associé. Cette partie est notée sur 2 points ;

2. Le candidat propose une explication linéaire d'un passage d'une vingtaine de lignes, sélectionné par l'examinateur dans le texte, quand celui-ci excède cette longueur. Cette partie est notée sur 8 points.

3. Le candidat répond à la question de grammaire posée par l'examinateur au moment du tirage. Cette partie est notée sur 2 points. La question porte uniquement sur le texte : elle vise l'analyse syntaxique d'une courte phrase ou d'une partie de phrase.

3) Seconde partie de l'épreuve : présentation de l'œuvre choisie par le candidat parmi celles qui ont été étudiées en classe ou proposées par l'enseignant au titre des lectures cursives obligatoires, et entretien avec l'examinateur.

Durée : 8 minutes

Cette partie de l'épreuve, notée sur 8 points, évalue l'expression orale, en réclamant du candidat une implication personnelle dans sa  manière de rendre compte et de faire partager une réflexion sur ses expériences de lecture.

Coefficients

Baccalauréat général : 5

 

 
 

Problématique : En quoi Montaigne déplace t'-il le problème de l'ethnocentrisme? Explication linéaire

 

Support texte 

 

Commentaire linéaire – Montaigne, Essais, I, 31, « Des cannibales »

Commentaire lineaire  MontaigneCommentaire lineaire Montaigne (16.27 Ko)

 

Ils ont leurs guerres contre les nations qui sont au-delà de leurs montagnes, plus avant en la terre ferme, auxquelles ils vont tout nus, n'ayant autres armes que des arcs ou des épées de bois, apointées par un bout, à la mode des langues de nos épieux. C'est chose émerveillable que de la fermeté de leurs combats, qui ne finissent jamais que par meurtre et effusion de sang ; car, de déroutes et d'effroi, ils ne savent que c'est. Chacun rapporte pour son trophée la tête de l'ennemi qu'il a tué, et l'attache à l'entrée de son logis. Aprés avoir longtemps bien traité leurs prisonniers, et de toutes les commodités dont ils se peuvent aviser, celui qui en est le maître, fait une grande assemblée de ses connaissants ; il attache une corde à l'un des bras du prisonnier, par le bout de laquelle il le tient éloigné de quelques pas, de peur d'en être offensé, et donne au plus cher de ses amis l'autre bras à tenir de même ; et eux deux, en présence de toute l'assemblée, l'assomment à coups d'épée. Cela fait, ils le rôtissent et en mangent en commun et en envoient des lopins à ceux de leurs amis qui sont absents. Ce n'est pas, comme on pense, pour s'en nourrir, ainsi que faisaient anciennement les Scythes ; c'est pour représenter une extrême vengeance. Et qu'il soit ainsi, ayant aperçu que les Portugais, qui s'étaient ralliés à leurs adversaires, usaient d'une autre sorte de mort contre eux, quand ils les prenaient, qui était de les enterrer jusques à la ceinture, et tirer au demeurant du corps force coups de trait, et les pendre après, ils pensèrent que ces gens ici de l'autre monde, comme ceux qui avaient sexué la connaissance de beaucoup de vices parmi leur voisinage, et qui étaient beaucoup plus grands maîtres qu'eux en toute sorte de malice, ne prenaient pas sans occasion cette sorte de vengeance, et qu'elle devait être plu.s aigre que la leur, commencèrent de quitter leur façon ancienne pour suivre celle-ci. Je ne suis pas marri que nous remarquons l'horreur barbaresque qu'il y a en une telle action, mais oui bien de quoi, jugeant bien de leurs fautes, nous soyons si aveugles aux nôtres. Je pense qu'il y a plus de barbarie à manger un homme vivant qu'à le manger mort, à déchirer par tourments et par gênes un corps encore plein de sentiment, le faire rôtir par le menu, le faire mordre et meurtrir aux chiens et aux pourceaux (comme nous l'avons non seulement lu, mais vu de fraîche mémoire, non entre des ennemis anciens, mais entré des voisins et concitoyens, et, qui pis est, sous prétexte de piété et de religion), que de le rôtir et manger après qu'il est trépassé. Chrysippe et Zénon, chefs de la secte stoïque ; ont bien pensé qu'il n'y avait aucun mal de se servir de notre charogne à quoi que ce fut pour notre besoin, et d'en tirer de la nourriture ; comme nos ancêtres, étant assiégés par César en la ville de Alésia, se résolurent de soutenir la faim de ce siège par les corps des vieillards, des femmes et d'autres personnes inutiles au combat. “ Les Gascons, dit-on, s'étant servis de tels aliments, prolongèrent leur vie. ” . Et les médecins ne craignent pas de s'en servir à toute sorte d'usage pour notre santé ; soit pour l'appliquer au-dedans ou au-dehors ; mais il ne se trouva jamais aucune opinion si déréglée qui excusât la trahison, la déloyauté, la tyrannie, la cruauté, qui sont nos fautes ordinaires. Nous les pouvons donc bien appeler barbares, eu égard aux règles de la raison, mais non pas eu égard à nous, qui les surpassons en toute sorte de barbarie.

 

Questions sur les Essais

  • A quel genre littéraire les essais appartiennent-ils?
  • On trouve dans les Essais des éléments autobiographiques, par exemple des renseignements sur la vie de Montaigne, il affirme "je suis moi-même la matière de mon livre" mais les Essais ne peuvent pas être réduits à une autobiographie. Il s'agit de réflexions sur le monde et la condition humaine. On peut donc affirmer que les Essais ne sont pas classables dans un genre littéraire précis.
  • L'essai est-il un genre de l'argumentation directe ou indirecte?
  • Argumentation directe : l'essai est un ouvrage, de forme assez libre, dans lequel l'auteur expose ses opinions (cf. Montaigne, Les Essais)
  • Montaigne a t'-il écrit les Essais pour lui?
  • A qui s'adresse t'-il?
  • A l'humanité toute entière : sa réflexion porte sur l'homme en tant qu'il est porteur d'humanité.
  • Les Essais sont-ils devenus un livre universel?
  • Oui
  • Dans sa quête de la recherche de la réalité humaine, les Essais s'opposent -ils à tout système philosophique?
  • Oui

 

Recherches personnelles sur le genre biographique

** Définition du pacte autobiographique selon Philippe Lejeune : "l'autobiographie est un récit rétrospectif en prose qu'une personne réelle fait de sa propre existence lorsqu'elle met l'accent sur sa vie individuelle, en particulier sur l'histoire de sa personnalité"

  • Le pacte a t'-il des points communs avec le préambule des Confessions de Rousseau?
  • Proposez une définition de l'autobiographie
  • Quels sont les principaux critères de l'écriture autobiographique?
  • Les Essais sont un exemple d'autoportrait : citez un ature exemple d'autoportrait : Leiris, L'Äge d'homme
  • Citez un exemple de mémoires : Chateaubriand, les mémoires
  • Proposez une définition des essais

 

Ressources Gallica

Les EssaisDes CannibalesDes Coches
Les Essais, exemplaire de Bordeaux
Illustrations des Essais par Gustave Doré
Les vidéos pour la télévision scolaire parlant de Montaigne (Réseau Canopé)
Une vidéo Gallica sur la numérisation des "Essais" de Montaigne
Billet du blog Gallica "Comment Montaigne écrivait ses Essais : l’Exemplaire de Bordeaux"

Plan de l'étude :

 

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  • Considérations générales
  • Introduction
  • I - Description au service de l'argumentation
  • A - la pratique des cannibales
  • B - La perversion des sauvages
  • II - Le  jugement humain
  • L'intervention de Montaigne
  • Conclusion

 

  • Considérations générales :
  • De quoi est-il question dans "Des cannibales", I,31?
  • Dans «Des cannibales», I, 31, Montaigne nous fait une peinture du monde Européen et du Nouveau Monde, les Indiens par rapport aux Portugais. Il s'agit en fait d'une comparaison.
  • De quelle nature la comparaison est-elle?
  • Dans cette comparaison entre le monde Européen et le Nouveau Monde, Montaigne met essentiellement en rapport les mœurs.  Ceci dans le but de montrer la relativité des jugements et critiquer l'ethnocentrisme Européen. 
  • Qu'est-ce que le Nouveau monde?
  • Le Nouveau Monde désigne l'Amérique et l'Océanie, l'Australie. Puis ce qu'on appelait les Indes Occidentales était en fait un nouveau continent qui sera nommé Amérique. Le nouveau Monde s'oppose à l'ancien monde qui désignait alors l'Europe, l'Afrique et l'Asie. 
  • Quel est le contexte de l'histoire?
  • Le contexte historique est celui des guerres de religion et de l'expansion de l'Europe vers le Nouveau monde
  • Pourquoi Montaigne  rapporte t'-il cette comparaison ce contexte? Dans quel but?
  • Dans le but de critiquer l'ethnocentrisme Européen. Il faut se libérer des préjugés
  • En quoi consiste la première étape?
  • La première étape est une pratique sociale des Indiens
  • Expliquez et justifiez en citant le texte la pratique sociale des Indiens
  • Cela consiste à se venger. Capturer et tuer le prisonnier en le mangeant
  • En quoi consiste la deuxième étape?
  • La deuxième étape est une constatation de la part des Indiens de la supériorité des portugais en matière de torture.
  • Quel est le point de vue Montaigne adopte t'-il?
  • Il a le point de vue des Indiens. 
  • Comment les Indiens perçoivent-ils les Portugais?
  • Comme «les plus grands maîtres en malices et autres vices... «
  • Que font les Européens?
  • Ils se montrent très cruels, ils pendent, tirent, enterrent leurs victimes.
  • Quel est le point de vue des Indiens concernant la valeur et l'échelle des tortures?
  • Ils estiment que les Portugais sont les maîtres en matière de tortures diverses et que «cette sorte de vengeance devrait être plus aigre que la leur».
  • Quelle est la véritable question à se poser?
  • La véritable question à se poser = qui sont les vrais barbares? Les Indiens ou les Portugais? 
  • Que doit se demander le lecteur?
  • Ne jugeons-nous pas sur les préjugés? Ne faut-il pas se remettre en question et revoir le vrai sens du concept de barbare? Qu'est-ce que la vraie barbarie et qui des Indiens ou des Portugais est le plus barbare?
  • Concernant la troisième partie : Qui est le "je"? Qui est le "nous?
  • Le «je» est Montaigne tandis que le «nous» renvoie au lecteur et aux Européens. 
  • De quoi est-il question?
  • D'établir la véritable barbarie. Tuer et manger sa victime ou torturer et tuer? Celle des Indiens ou celle des Portugais?
  • A quoi Montaigne fait-il référence et pourquoi?
  • Montaigne fait référence aux guerres des religions.

 

Questions sur l'introduction du commentaire

De quel extrait ce texte est-il tiré?

  • Des cannibales, les Essais. 
  • Quand a t'-il été écrit?
  • Il a été écrit au XVIè
  • Dans quel contexte?
  • Au milieu des guerres de religions
  • Que montre t'-il?
  • Il montre que les Européens sont trop ethnocentriques
  • A quelle critique se rapporte t'-il?
  • Aux préjugés et à l'ethnocentrisme. 
  • Quelle est la visée de Montaigne?
  • Comment estimer qu'un peuple est plus barbare qu'un autre ?
  • De quel côté le débat est -il placé?
  • Du côté des barbares.
  • Montaigne déplace t'-il le problème de l'ethnocentrisme?
  • Oui, Montaigne déplace le problème de l'ethnocentrisme.
  • Relevez la citation qui reflète la thèse de Montaigne
  • «Or je trouve, pour revenir à mon propos, qu'il n'y a rien de barbare ou de sauvage dans cette nation... sinon que chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage».

 

Questions sur le passage en fonction du plan :

I -

A -

  • En quoi consiste la pratique des cannibales?
  • La pratique des cannibales est guerrière, elle a pour but la vengeance.
  • De quelle nature la description est-elle?
  • Elle consiste en une comparaison des deux pratiques guerrières. 
  • Vers quoi la première partie s'oriente t'-elle?
  • La première partie vers la thèse de Montaigne
  • Montaigne émet-il un jugement? Justifiez en citant
  • Montaigne n'émet aucun jugement. 
  • Quel est le ton du discours?
  • Le ton du discours est généralisateur.
  • Qu'analyse t'-il en premier lieu?
  • Dans un premier temps, Montaigne analyse les armes. Il les compare à celles des Européens.
  • Quelle est l'attitude des Indiens?
  • Les Indiens font preuve de courage et de détermination pendant les combats. Ils ne connaissent pas la peur = « fermeté de leurs combats »
  • Que marque l'expression "chose émerveillable"?
  • Cette expression se rapporte à la «fermeté de leurs combats » = elle marque la rareté de la force et la détermination du combat des Indiens.
  • Quel point de vue adopte t'-il pour expliquer le cannibalisme?
  • Il adopte le point de vue des Indiens.
  • Analysez l'intérêt social et l'intérêt symbolique : expliquez et justifiez votre réponse en vous appuyant sur le texte
  • D'un point de vue social, le cannibalisme permet le regroupement du groupe « Une grande assemblée au plus chers de ses amis, en commun». D'un point de vue symbolique, il satisfait l'instinct de vengeance «Pour représenter une extrême vengeance».
  • Comment Montaigne considère t'-il les sauvages?
  • Le cannibalisme est perçu comme un rituel qui permet au groupe de satisfaire sa vengeance dans le respect des règles et de la coutume. Par conséquent, Montaigne considère les Indiens cannibales comme des êtres raisonnables et soucieux du respect et de la survie du groupe. 
  • Que marque l'incise : "ce n'est pas comme on pense"?
  • Cette incise souligne et met en avant l'impact bien pensé et réfléchi du cannibalisme. Elle insiste ainsi sur l'aspect raisonnable de la communauté des Indiens et de leurs pratiques jugées barbares.
  • L'Indien est-il considéré par Montaigne du point de vue d'un groupe respectant le code et les normes de la société?
  • Oui c'est pourquoi à deux niveaux, social et symbolique, Montaigne insiste sur ces deux justifications de la pratique. 

B -

  • Comment qualifieriez-vous la description faite ici?
  • C'est une description des mœurs.
  • A travers quel regard?
  • La description se fait à travers le regard des sauvages.
  • Peut-on dire que l'expression "autre Monde" prenne toute sa valeur dans ce contexte?
  • Oui
  • Que vise Montaigne?
  • Montaigne ne porte aucun jugement, il tente de comprendre le fonctionnement de la société des Indiens. 
  • Comment les Portugais sont-ils décrits?
  • Les Portugais ne font pas l'objet d'une description sans jugement. Ils sont décrits de manière plus critique
  • Pourquoi?
  • Ils sont considérés comme les ennemis des sauvages.
  • Comment le jugement des Indiens est-il perçu? Expliquez et justifiez votre réponse
  • Ils portent un jugement de valeur concernant les pratiques des Portugais, ils les considèrent plus grands qu'eux en matière de torture = « plus grands maîtres qu'eux»
  • Relevez un jugement moral
  • Les Portugais sont capables de plus de «malice» que les Indiens. 

II -

  • Comment l'horreur s'exprime t'-elle?
  • Nous n'avons pas toujours conscience de notre propre barbarie.
  • Quel est le contre-argument? Citez pour justifier votre réponse
  • Le contre-argument remet l'homme en cause car il n'a pas conscience de «son propre aveuglement» concernant ses méthodes barbares.
  • Que marque l'intensif "si"?
  • Le «si» intensif met en avant l'erreur de jugement
  • Analysez l'expression "qui pis est"
  • Il s'agit d'évoquer les guerres de religions et d'inviter le lecteur à la réflexion.
  • Montaigne émet-il un jugement?
  • Il y a une prise de position de Montaigne qui invite le lecteur à une prise de conscience = le vrai barbare n'est pas l'Indien
  • Le lecteur est-il invité à partager son jugement?
  • Le lecteur est invité à réfléchir, à remettre en question les préjugés et à partager son jugement.
  • Que peut-on dire de cette société qui se dit civilisée?
  • La société qui se dit civilisée est plus barbare que la communauté des Indiens.
  • Quelle image Montaigne donne t'-il de la nature humaine?
  • La nature humaine se montre parfois plus juste et moins barbare dans des sociétés moins civilisées ou pas civilisées. Par conséquent, ce n'est pas la nature de l'homme qui est en cause ici mais le degré de civilisation qui conduit l'être humain vers de nouvelles règles de vie, mœurs. Il s'adapte à la société mais le paradoxe est que plus la civilisation évolue plus l'homme perd de son humanité. 
  • A quoi la notion de barbarie des indiens est-elle associée?
  • La barbarie des Indiens est associée à nos propres contradictions. L'ethnocentrisme Européen est en cause ainsi que les préjugés sur coutumes de l'autre monde.
  • Qu'est-ce que la vraie barbarie?
  • Les guerres de religions

 

Question de grammaire – Corrigé

Faites l’analyse logique de la phrase l. 11-12 : « Ce n'est pas, comme on pense, pour s'en nourrir, ainsi que faisaient anciennement les Scythes ; c'est pour représenter une extrême vengeance. »

Cette phrase est une phrase complexe. Elle comporte deux propositions juxtaposées.

La première proposition juxtaposée va de « Ce n’est pas » jusqu’à « Scythes ». Le verbe conjugué de cette proposition est « est », verbe « être » à la troisième personne du singulier et au présent de l’indicatif, dans le présentatif « C’est », ici niée par les outils de négation totale « ne…pas ».

La deuxième proposition juxtaposée va de « C’est pour » jusqu’à « vengeance ». Le verbe conjugué de cette deuxième proposition est aussi « est », là encore dans le présentatif « c’est ».

La juxtaposition est opérée par un point-virgule.

Dans la première proposition juxtaposée, on trouve deux propositions subordonnées.

La première est « comme on pense » et la deuxième est « ainsi que faisaient anciennement les Scythes ». Les outils de subordinations sont l’adverbe « comme » d’une part et la locution adverbiale « ainsi que » d’autre part. Les verbes conjugués de ces propositions sont « pense » d’une part et « faisaient » d’autre part.

Il s’agit d’une phrase difficile à analyser malgré son apparente facilité.

Identifier et reformuler une thèse exercice d'application Sujet : Identifiez et reformulez la thèse de l’auteur : Montaigne et la thèse de l’homme sauvage

Sujet : Identifiez et reformulez la thèse de l’auteur : Montaigne et la thèse de l’homme sauvage


Texte

Montaigne, Les Essais, chapitre 31
« des cannibales », 1580-1592


Montaigne s’interroge sur l’épithète « sauvage » par laquelle on désigne les peuples nouvellement découverts en Amérique au XVIème siècle.


Or, je trouve pour revenir à mon propos qu’il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage; comme de vrai, il semble que nous n’avons autre mire de la vérité et de la raison que l’exemple et idée des opinions et usances du pays où nous sommes. Là est toujours la parfaite religion,la parfaite police, parfait et accompli usage de toutes choses. Ils ont sauvages, de même que nous appelons sauvages les fruits que nature, de soi et de son progrès ordinaire, a produits; là où, à la vérité, ce sont eux que nous avons altérés par notre artifice et détournés de l’ordre commun, que nous devrions appeler plutôt sauvages.

Analyse :

La thèse

Dans l’extrait du chapitre 31 des Essais, intitulé «des cannibales », Montaigne formule très explicitement sa thèse: il refuse de considérer les indiens cannibales comme des barbares et des sauvages. Mais le jugement qui dénonce la barbarie de l’autre n’est que la projection des opinions et de la culture dans laquelle nous vivons. L’appellation « barbare » ne dit rien d’autrui. Elle ne fait que traduire notre intolérance. Il annonce une démarche argumentative personnelle; « je trouve mon propos » et les arguments qui tentent de convaincre fondent une réflexion sur l’emploi des mots, « chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage ». Ailleurs il nous précise « ils sont sauvages de même que nous appelons sauvages les fruits que nature, de soi et de son progrès ordinaire, a produits ». Le penseur dénonce l’ethnocentrisme,la croyance que le peuple dont nous faisons partie possède la vérité. Montaigne vide ensuite le terme « sauvage » de sa signification négative pour lui désigner positivement une proximité avec la nature. Les fruits sauvages sont riches de vertus que les fruits cultivés ont perdues; par analogie on peut supposer que les vertus des peuples sauvages sont restés intacts. La civilisation apparaît comme un processus de dégénérescence, comme un éloignement par rapport aux vertus naturelles. Ainsi, l’exemple du fruit débouche sur une généralisation, nous avons ici une supériorité de la nature sur la culture. La légitimité de la culture est donc remise en question. La barbarie devient le signe d’une plus grande proximité de l’homme avec la nature;Les barbares sont moins corrompus que nous.

Les enjeux de la thèse

Les enjeux du texte dépassent donc la thèse initiale. Il ne s’agit pas ici d’une apologie des indiens cannibales mais d’une réflexion sur les cultures. Montaigne à partir d’une réflexion sur le langage proclame la relativité des mœurs et le culte de la nature; il déstabilise ainsi les certitudes européennes par l’ironie, « parfaite religion » et le paradoxe, nous avons une réhabilitation du mot sauvage dans un raisonnement par analogie. Nous sommes aux origines du mythe de l’homme naturellement bon, du bon sauvage.

 
 

Questions de grammaires possibles à l'oral du bac de français 2021- CLXI, Lettres Persanes, Montesquieu, Roxane à Usbek - Trois questions - Analyse syntaxique d'une phrase

 
 

Date de dernière mise à jour : 21/04/2021

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