Montesquieu, lettres Persanes, commentaire littéraire, 24, 29, 30, 37, CLXI  étude linéaire, questions de grammaire

EAF 2021, Montaigne, les Essais, Des cannibales, I, 31, commentaire littéraire et questionnaires

Objet d'étude : La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle

Montaigne

Quiz ton bac

  • Quiz 25 questions. Montaigne Des cannibales I,31, anthropophagie

    Quiz de 25 questions sur  Montaigne, les Essais, Des cannibales I,31, anthropophagie      Ils ont leurs guerres contre les nations qui sont au-delà de leurs montagnes, plus avant en la terre ferme, auxquelles ils vont tout nus, n’ayant autres armes que des arcs ou des épées de bois, apointées par un bout, à la mode des langues de nos épieux. C’est chose émerveillable que la fermeté de leurs combats, qui ne finissent jamais que par meurtre et effusion de sang; car, de routes et d’effroi, ils ne savent que c’est. Chacun rapporte pour son trophée la tête de l’ennemi qu’il a tué, et l’attache à l’entrée de son logis. Après avoir longtemps bien traité leurs prisonniers, et de toutes les commodités dont ils se peuvent aviser, celui qui en est le maître fait une grande assemblée de ses connaissants; il attache une corde à l’un des bras du prisonnier, par le bout de laquelle il le tient, éloigné de quelques pas, de peur d’en être offensé, et donne au plus cher de ses amis l’autre bras à tenir de même; et eux deux, en présence de toute l’assemblée, l’assomment à coups d’épée.     Cela fait, ils le rôtissent et en mangent en commun et en envoient des lopins à ceux de leurs amis qui sont absents. Ce n’est pas, comme on pense, pour s’en nourrir, ainsi que faisaient anciennement les Scythes; c’est pour représenter une extrême vengeance. Et qu’il soit ainsi, ayant aperçu que les Portugais, qui s’étaient ralliés à leurs adversaires, usaient d’une autre sorte de mort contre eux, quand ils les prenaient, qui était de les enterrer jusqu’à la ceinture, et tirer au demeurant du corps force coups de trait, et les pendre après, ils pensèrent que ces gens-ci de l’autre monde, comme ceux qui avaient semé la connaissance de beaucoup de vices parmi leur voisinage, et qui étaient beaucoup plus grands maîtres qu’eux en toute sorte de malice, ne prenaient pas sans occasion cette sorte de vengeance, et qu’elle devait être plus aigre que la leur, commencèrent de quitter leur façon ancienne pour suivre celle-ci.      Je ne suis pas marri que nous remarquons l’horreur barbaresque qu’il y a en une telle action, mais oui bien de quoi, jugeant bien de leurs fautes, nous soyons si aveugles aux nôtres. Je pense qu’il y a plus de barbarie à manger un homme vivant qu’à le manger mort, à déchirer par tourments et par géhennes un corps encore plein de sentiment, le faire rôtir par le menu, le faire mordre et meurtrir aux chiens et aux pourceaux ( comme nous l’avons non seulement lu, mais vu de fraîche mémoire, non entre des ennemis anciens, mais entre des voisins et concitoyens,et, qui pis est, sous prétexte de piété et de religion), que de rôtir et manger après qu’il est trépassé. Chrysippe et Zénon, chefs de la secte stoïque, ont bien pensé qu’il n’y avait aucun mal de se servir de notre charogne à quoi que ce fût pour notre besoin, et d’en tirer de la nourriture; comme nos ancêtres, étant assiégés par César en la ville de Alésia, se résolurent de soutenir la faim de ce siège par les corps des vieillards, des femmes et autres personnes inutiles au combat. Les Gascons, dit-on, en se servant de tels aliments Prolongèrent leur vie. Et les médecins ne craignent pas de s’en servir à toute sorte d’usage pour notre santé, soit pour l’appliquer au-dedans ou au-dehors, mais il ne se trouva jamais aucune opinion si déréglée qui excusât la trahison, la déloyauté, la tyrannie, la cruauté qui sont nos fautes ordinaires.      Nous les pouvons donc bien appeler barbares, eu égard aux règles de la raison, mais non pas eu égard à nous, qui les surpassons en toute sorte de barbarie. Leur guerre est toute noble et généreuse, et a autant d’excuse et de beauté que cette maladie humaine en peut recevoir; elle n’a autre fondement parmi eux que la seule jalousie de la vertu. Ils ne sont pas en débat de la conquête de nouvelles terres, car ils jouissent encore de cette uberté naturelle qui les fournit sans travail et sans peine de toutes choses nécessaires, en telle abondance qu’ils n’ont que faire d’agrandir leurs limites. Ils sont encore en cet heureux point de ne désirer qu’autant que leurs nécessités naturelles leur ordonnent; tout ce qui est au-delà est superflu pour eux.  

  • Quiz 20 questions sur l'étude EAF Des Coches III,6 Montaigne

    Quiz sur l'étude linéaire Montaigne, les Essais, III,6 Des Coches Support : "notre monde vient d'en trouver un autre... en habileté" Notre monde vient d'en trouver un autre (et qui nous garantit que c'est le dernier de ses frères, puisque les Démons, les Sibylles et nous, avons ignoré celui-ci jusqu'à cette heure ?) non moins grand, plein et fourni de membres que lui, toutefois si nouveau et si enfant qu'on lui apprend encore son a, b, c ; il n'y a pas cinquante ans qu'il ne savait ni lettre, ni poids, ni mesure, ni vêtements, ni céréales, ni vignes. Il était encore tout nu dans le giron de sa mère nourricière et ne vivait que par les moyens qu'elle lui fournissait. Si nous concluons bien quand nous disons que nous sommes à la fin de notre monde, et si ce poète fait de même au sujet de la jeunesse de son siècle, cet autre monde ne fera qu'entrer dans la lumière quand le nôtre en sortira. L'univers tombera en paralysie ; l'un des deux membres sera perclus, l'autre en pleine vigueur. Nous aurons très fortement hâté, je le crains, son déclin et sa ruine par notre contagion et nous lui aurons fait payer bien cher nos idées et nos techniques. C'était un monde enfant ; pourtant nous ne l'avons pas fouetté et soumis à notre enseignement en nous servant de l'avantage de notre valeur et de nos forces naturelles ; nous ne l'avons pas non plus séduit par notre justice et notre bonté, ni subjugué par notre magnanimité. La plupart de leurs réponses et des négociations faites avec eux témoignent qu'ils ne nous devaient rien en clarté d'esprit naturelle et pertinence. La merveilleuse magnificence des villes de Cuzco et de Mexico, et, entre plusieurs choses pareilles, le jardin de ce roi, où tous les arbres, les fruits et toutes les herbes, selon l'ordre et grandeur qu'ils ont en un jardin, étaient excellemment façonnés en or, comme, dans son cabinet, tous les animaux qui naissaient dans son État et dans ses mers ; et la beauté de leurs ouvrages en pierreries, en plume, en coton, dans la peinture, montrent qu'ils ne nous étaient pas non plus inférieurs en habileté.

  • Quiz Montaigne Cannibales "Or je trouve pour en revenir à mon propos"

    Quiz sur l'étude linéaire Montaigne, les Essais, I,31 Des Cannibales Support : "Or je trouve pour en revenir à mon propos...naïveté originelle." Or je trouve, pour revenir à mon propos, qu’il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté ; sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage. Comme de vrai, il semble que nous n’avons autre mire de la vérité et de la raison que l’exemple et l’idée des opinions et usances du pays où nous sommes. Là est toujours la parfaite religion, la parfaite police , parfait et accompli usage de toutes choses. Ils sont sauvages, de même que nous appelons sauvages les fruits que nature, de soi et de son progrès ordinaire, a produits : là où, à la vérité, ce sont ceux que nous avons altérés par notre artifice et détournés de l’ordre commun, que nous devrions appeler plutôt sauvages. En ceux-là sont vives et vigoureuses les vraies et plus utiles et naturelles vertus et propriétés, lesquelles nous avons abâtardies en ceux-ci, et les avons seulement accommodées au plaisir de notre goût corrompu . Et si pourtant , la saveur même et délicatesse se trouve à notre goût excellente, à l’envi des nôtres , en divers fruits de ces contrées-là sans culture. Ce n’est pas raison que l’art gagne le point d’honneur sur notre grande et puissante mère nature. Nous avons tant rechargé la beauté et richesse de ses ouvrages par nos inventions, que nous l’avons du tout étouffée. Si est-ce que, partout où sa pureté reluit, elle fait merveilleuse honte à nos vaines et frivoles entreprises, Et veniunt ederae sponte sua melius, Surgit et in solis formosior arbutus antris, Et volucres nulla dulcius arte canunt. Tous nos efforts ne peuvent seulement arriver à représenter le nid du moindre oiselet, sa contexture, sa beauté et l’utilité de son usage, non pas la tissure de la chétive araignée. Toutes choses, dit Platon, sont produites par la nature, ou par la fortune, ou par l’art ; les plus grandes et plus belles, par l’une ou l’autre des deux premières ; les moindres et imparfaites, par la dernière. Ces nations me semblent donc ainsi barbares, pour avoir reçu fort peu de façon de l’esprit humain, et être encore fort voisines de leur naïveté originelle.    

Quiz

 Montaigne, "Essais", "Des Cannibales", I, 31 / parcours : Notre monde vient d'en trouver un autre.

 

Objet d'étude : La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle

 Montaigne, "Essais", "Des Cannibales", I, 31 / parcours : Notre monde vient d'en trouver un autre.

Séries générales et technologiques, EAF 2021

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Lecture du texte : I, 31

 

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MONTAIGNE Des Cannibales chapitre 31

Montaigne s’intéresse avec curiosité à la découverte de l’Amérique. Il se passionne pour les récits des colons ou des missionnaires et les témoignages directs?: inaugurant un discours d’anthropologue, il décrit la vie des sauvages en s’efforçant de dépasser les préjugés. Non seulement leur civilisation soutient la comparaison avec la nôtre, mais elle remet en question la notion même de civilisation?: les plus barbares ne sont pas ceux que l’on croit?! L’examen de la vie de l’autre, de les relativiser, et autorise ainsi une satire de la société du temps.

Montaigne raconte à la fin du chapitre, sa rencontre avec trois brésiliens présentés à Rouen au roi Charles IX, en 1562.

Trois d’entre eux, ignorant combien coûtera un jour à leur repos et à leur bonheur la connaissance des corruptions de deçà, et que de ce commerce naîtra leur ruine, comme je présuppose qu’elle soit déjà avancée, bien misérables de s’être laissé piper au désir de la nouvelleté et avoir quitté la douceur de leur ciel pour venir voir le nôtre, furent à Rouen, du temps que le feu roi Charles neuvième y était. Le Roi parla à eux longtemps?; on leur fit voir notre façon, notre pompe, la forme d’unie belle ville. Après cela, quelqu’un en demanda leur avis, et voulut savoir d’eux ce qu’ils y avaient trouvé de plus admirable?; ils répondirent trois choses, d’où j’ai perdu la troisième, et en suis bien marri?; mais j’en ai encore deux en mémoire. Ils dirent qu’ils trouvaient en premier lieu fort étrange que tant de grands hommes, portant barbe, forts et armés, qui étaient autour du Roi (il est vraisemblable qu’ils parlaient des Suisses de sa garde), se soumissent à obéir à un enfant, et qu’on ne choisisse plutôt quelqu’un d’entre eux pour commander?; secondement (ils ont une façon de leur langage telle, qu’ils nomment les hommes moitié les uns des autres) qu’ils avaient aperçu qu’il y avait parmi nous des hommes pleins et gorgés de toutes sortes de commodités, et que leurs moitiés étaient mendiants à leurs portes, décharnés de faim et de pauvreté?; et trouvaient étrange comme ces moitiés ici nécessiteuses pouvaient souffrir une telle injustice, qu’ils ne prissent les autres à la gorge, ou missent le feu à leurs maisons.

Je parlai à l’un d’eux fort longtemps?; mais j’avais un truchement qui me suivait si mal et qui était si empêché à recevoir mes imaginations par sa bêtise, que je n’en pus tirer guère de plaisir.

Sur ce que je lui demandai quel fruit il recevait de la supériorité qu’il avait parmi les siens (car c’était un capitaine, et nos matelots le nommaient roi), il me dit que c’était marcher le premier à la guerre?; de combien d’hommes il était suivi, il me montra une espace de lieu, pour signifier que c’était autant qu’il en pourrait en une telle espace, ce pouvait, être quatre ou cinq mille hommes?; si, hors la guerre, toute son autorité était expirée, il dit qu’il lui en restait cela que, quand il visitait les villages qui dépendaient de lui, on lui dressait des sentiers au travers des haies de leurs bois, par où il pût passer bien à l’aise.

Tout cela ne va pas trop mal?: mais quoi, ils ne portent point de hauts-de-chausses?!

 

Plan de l'étude :

I - Une argumentation presque scientifique

A - Un texte démonstratif ou une démonstration

B - l'objet de l’introduction

II - La valorisation des chefs cannibales.

A - Un système de vie positif

B - C’est un peuple de raison qui a un jugement raisonné

III - Montaigne critique sa propre culture

A - L’opposition entre deux civilisations

B - Une critique des exagérations de la culture des Européens

 

Commentaire :

Introduction :

Nous allons étudier un extrait des Essais, I.31 de Montaigne, Michel de Montaigne est né en 1533-1592, intitulé des cannibales. Les Essais forment un ensemble de 107 chapitres répartis en 3 livres. Montaigne écrit cet ouvrage afin de mieux se connaître, en mettant son jugement à l’épreuve sur toutes sortes de sujets.

A la lecture du chapitre 31 du livre I, nous comprenons que les hommes rejettent facilement ce qui ne correspond pas à leurs mœurs. On a ainsi appelé «?Barbares Cannibales?» les habitants du Brésil, qui ne connaissent ni lettres, ni sciences mais qui ignorent aussi les vices. La fin du chapitre inverse cette perspective en présentant 3 brésiliens venus visiter la France et qui ont été choqués par l’inégalité des conditions entre les hommes. D’où la question à laquelle nous répondrons?:

Problématique : Comment Montaigne parvient-il grâce à la vision pure et innocente du barbare à expliquer et à critiquer sa propre société?

 

I - Une argumentation presque scientifique

A - L’objet de l’introduction

Montaigne s’interroge sur les mœurs des indiens et des Européens

Particulièrement sur la culture : civilisation européenne

Dès les premières phrases, il affirme que la France n’est pas si glorieuse;

Deux civilisations s’opposent la modernité représentée par la France.

- Une modernité représentée par le vice et la corruption

- La civilisation barbare : simple, naturelle

Montaigne présente le vrai visage de la France.

Il critique sa propre culture

La France est peu tolérante envers les autres cultures.

B - Un texte démonstratif ou une démonstration

Il observe, il est témoin de la venue des indigènes.

Cet essai ressemble à une expérience.

Le raisonnement est vigoureux : on le voit à travers la typographie, la disposition des paragraphes.

Présence de connecteurs logiques, ce qui témoigne d’une progression dans la réflexion, cette dernière se fait par étapes successives.

La présence du dialogue (paroles rapportées) sonne comme une preuve scientifique car il s’appuie sur des faits réels

On peut presque l’associer à un scientifique.

II - La valorisation des chefs cannibales.

A - Un système de vie positif

- Les indiens sont courageux. Ils marchent les premiers à la guerre.

Ils sont simples, respectueux.

Leur organisation politique fonctionne, elle n’est pas centrée sur elle-même ou sur un individu.

Ils sont justes, n’aiment pas l’inégalité.

B - C’est un peuple de raison qui a un jugement raisonné

Ils font preuve de raison car ils sont capables de porter un jugement sur la politique européenne.

Enfant : cela n’est pas normal qu’un enfant soit au pouvoir

Ils ont la capacité de nuancer leurs propos.

Le langage semble soutenu, élaboré, recherché.

III - Montaigne critique sa propre culture

A - L’opposition entre deux civilisations

Il oppose l’orgueil des chefs européens à la simplicité des chefs cannibales.

Il oppose l’intelligence des indiens à la bêtise des européens qui sont trop superficiels et cherchent trop l’apparence et les richesses.

Il oppose un monde paradisiaque à un monde de vices.

B - Une critique des exagérations de la culture des Européens

Montaigne en réalité critique le principe de la monarchie qui se fonde sur l’hérédité à travers ses Essais. Le fait que le fils du roi soit obligatoirement le futur roi.

Il critique la société fondée sur le paraître.

Conclusion et ouverture :

Montaigne a réussi à nous convaincre et à nous persuader. Il semble sceptique sur sa propre culture et prend le parti des Indiens. Sa réflexion se retrouvera plus tard au 18ème siècle. Ce n’est pas tant pour valoriser la culture indienne mais pour véhiculer un message à dimension philosophique de tolérance.

Il dénonce l’ethnocentrisme, c'est-à-dire, la croyance que le peuple dont nous faisons partie possède la vérité, la justice et les bonnes mœurs

On peut rapprocher ce texte de «?supplément au voyage de Bougainville?» de Diderot. Il s’agit de déplacer la vision ethnocentriste.

 

Ressources Gallica

Les EssaisDes CannibalesDes Coches
Les Essais, exemplaire de Bordeaux
Illustrations des Essais par Gustave Doré
Les vidéos pour la télévision scolaire parlant de Montaigne (Réseau Canopé)
Une vidéo Gallica sur la numérisation des "Essais" de Montaigne
Billet du blog Gallica "Comment Montaigne écrivait ses Essais : l’Exemplaire de Bordeaux"

Questionnaire pour étudier le commentaire bac

Questions en fonction du plan du commentaire :  toutes les réponses sont dans le commentaire

 

Considérations générales :

  • De quoi est-il question dans "Des cannibales", I,31?
  • De quelle nature la comparaison est-elle?
  • Qu'appelle t'-on le Nouveau monde?
  • Quel est le contexte de l'histoire?
  • De quel extrait ce texte est-il tiré?
  • Quand a t'-il été écrit?
  • Dans quel contexte?
  • Que montre t'-il?
  • A quelle critique se rapporte t'-il?
  • Quelle est la visée de Montaigne?
  • Peut-on dire que Montaigne a un discours d'anthropologue
  • De quelles natures les réflexions des Essais sont-elles?

 

 

Questions sur le passage en fonction du plan :

 

Questions sur l’introduction :

Que signifie l’expression «?Barbares cannibales?»?

Comment cette perspective est-elle inversée?

 

I -

A -

Sur quels mœurs Montaigne s’interroge t’-il?

Quelle image Montaigne donne t’-il de la France?

Quelle sont les deux civilisations en opposition?

Peut-on affirmer que Montaigne présente le vrai visage de la France?

Comment le concept de tolérance est-il abordé concernant la France et les autres cultures?

B -

A quoi cet essai s’apparente t’-il?

De quelle nature le raisonnement est-il?

Que pouvez-vous dire de la typographie?

Que marquent les connecteurs logiques?

Comment la réflexion s’opère t’-elle?

Quelle valeur donner à l’idée de «?preuve scientifique?»?

 

II -

A -

En quoi peut-on parler d’un système de vie positif?

Quel portrait moral Montaigne fait-il des Indiens?

Comment leur organisation fonctionne t’-elle?

Comment le concept d’égalité est-il compris et respecté par les Indiens?

B -

Quel argument nous permet d’affirmer que les Indiens appartiennent à un peuple de raison?

Que pensent-ils de la politique Européenne? Citez pour justifier votre réponse

Les Indiens semblent-ils capables de nuancer leurs propos? Justifiez votre réponse en citant le texte.

Que pouvez-vous dire de leur langage?

 

III -

A -

Montaigne critique t’’-il sa propre culture?

Comment la critique s’oriente t’-elle?

Quelle image donne t’-il des chefs Européens et des chefs cannibales?

Sur quel aspect l’opposition repose t’-elle?

Quelles sont toutes les oppositions mises en avant entre ces civilisations?

Ces deux civilisations sont-elles alors perçues comme irrémédiablement antithétiques?

A quoi les vices des Européens sont-ils associés?

Quelle image avons-nous du monde paradisiaque des Indiens?

B -

En quoi et comment Montaigne critique t’-il le principe de la monarchie?

Quel argument essentiel est-il dénoncé?

Selon Montaigne quelles sont les exagérations de la culture Européenne?

Comment pourriez-vous résumer les faiblesses des Européens? Pourquoi en fait sont-ils jugés vicieux? Superficiels?

De quelle nature l’argumentation du texte est-elle?

 

La découverte du nouveau monde : réflexion et déplacement de la visée ethnocentrique

 

A quel siècle cette réflexion sera t’-elle de nouveau dans l’esprit des penseurs?

Quels penseurs se pencheront sur cette réflexion? A travers quelles œuvres?

Quel message Montaigne tente t’-il de faire passer? Peut-on parler d’une tentative d’ouverture d’esprit du lecteur? En quoi?

Donner une définition de la tolérance

Donnez une définition de l’ethnocentrisme?

Quel est le point de vue de Diderot dans «?Supplément au voyage de Bougainville?»?

Quel est le point de vue de Montesquieu dans les lettres persanes, lettre 30?

Identifier et reformuler une thèse exercice d'application Sujet : Identifiez et reformulez la thèse de l’auteur : Montaigne et la thèse de l’homme sauvage



Sujet : Identifiez et reformulez la thèse de l’auteur : Montaigne et la thèse de l’homme sauvage


Texte

Montaigne, Les Essais, chapitre 31
« des cannibales », 1580-1592


Montaigne s’interroge sur l’épithète « sauvage » par laquelle on désigne les peuples nouvellement découverts en Amérique au XVIème siècle.


Or, je trouve pour revenir à mon propos qu’il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage; comme de vrai, il semble que nous n’avons autre mire de la vérité et de la raison que l’exemple et idée des opinions et usances du pays où nous sommes. Là est toujours la parfaite religion,la parfaite police, parfait et accompli usage de toutes choses. Ils ont sauvages, de même que nous appelons sauvages les fruits que nature, de soi et de son progrès ordinaire, a produits; là où, à la vérité, ce sont eux que nous avons altérés par notre artifice et détournés de l’ordre commun, que nous devrions appeler plutôt sauvages.

Analyse :

La thèse

Dans l’extrait du chapitre 31 des Essais, intitulé «des cannibales », Montaigne formule très explicitement sa thèse: il refuse de considérer les indiens cannibales comme des barbares et des sauvages. Mais le jugement qui dénonce la barbarie de l’autre n’est que la projection des opinions et de la culture dans laquelle nous vivons. L’appellation « barbare » ne dit rien d’autrui. Elle ne fait que traduire notre intolérance. Il annonce une démarche argumentative personnelle; « je trouve mon propos » et les arguments qui tentent de convaincre fondent une réflexion sur l’emploi des mots, « chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage ». Ailleurs il nous précise « ils sont sauvages de même que nous appelons sauvages les fruits que nature, de soi et de son progrès ordinaire, a produits ». Le penseur dénonce l’ethnocentrisme,la croyance que le peuple dont nous faisons partie possède la vérité. Montaigne vide ensuite le terme « sauvage » de sa signification négative pour lui désigner positivement une proximité avec la nature. Les fruits sauvages sont riches de vertus que les fruits cultivés ont perdues; par analogie on peut supposer que les vertus des peuples sauvages sont restés intacts. La civilisation apparaît comme un processus de dégénérescence, comme un éloignement par rapport aux vertus naturelles. Ainsi, l’exemple du fruit débouche sur une généralisation, nous avons ici une supériorité de la nature sur la culture. La légitimité de la culture est donc remise en question. La barbarie devient le signe d’une plus grande proximité de l’homme avec la nature;Les barbares sont moins corrompus que nous.

Les enjeux de la thèse

Les enjeux du texte dépassent donc la thèse initiale. Il ne s’agit pas ici d’une apologie des indiens cannibales mais d’une réflexion sur les cultures. Montaigne à partir d’une réflexion sur le langage proclame la relativité des mœurs et le culte de la nature; il déstabilise ainsi les certitudes européennes par l’ironie, « parfaite religion » et le paradoxe, nous avons une réhabilitation du mot sauvage dans un raisonnement par analogie. Nous sommes aux origines du mythe de l’homme naturellement bon, du bon sauvage.

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Date de dernière mise à jour : 21/04/2021

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