5e L'être humain est-il maître de la nature?Le jardin-La figure de l’arbre, la littérature au service de la cause écologiste

Différents types de littérature sur la nature -Le jardin, source d'imaginaire et de réflexion-La figure de l’arbre-L'Homme qui plantait des arbres Giono-MIKAËL OLLIVIER Maison verte-

Nature

L'être humain est-il maître de la nature ? 

Pour aller plus loin = Corpus et pistes de lectures cursives - Exemples de mise en œuvre sur Eduscol

le jardin, à travers les époques, met en scène un rapport particulier de l’homme à la nature, le jardin est une représentation de la relation que l’homme entretient avec la nature.

La représentation du jardin du Moyen Âge au XVIIe siècle - la question d’un raffinement, d’un accomplissement, d’une maitrise parfaite de l’homme sur la nature

À travers l’espace du jardin, se pose toujours la question d’un raffinement, d’un accomplissement, d’une maitrise parfaite de l’homme sur la nature ; c’est pourquoi, dans ses origines, est-il toujours question de la transposition d’un espace divin, comme nous le rappelle l’étymologie de paradis, et les jardins présents dans le texte biblique

  • Le jardin, reflet de la perfection divine
  • Jardin marial, cloître
  • • Maitre anonyme, le jardinet du Paradis
  • • Fra Angelico, l’Annonciation, tempera sur bois, 194 x 194cm, Madrid, musée du Prado.

Le jardin, reflet de la perfection divine Jardin • Maitre anonyme, le jardinet du Paradis • Fra Angelico, l’Annonciation, tempera sur bois

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Le jardin, reflet de la civilisation et de son raffinement • Miniatures persanes, jardins de l’Alhambra

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Le jardin courtois-•« le narrateur découvre le jardin », illustration du Roman de la Rose, manuscrit, BnF-« Oiseuse devant la porte du jardin »-« la cueillette »

Le jardin, représentation d’une nature travaillée et maîtrisée par l’homme

  • Le jardin, représentation d’une nature travaillée et maîtrisée par l’homme
  • • Le Mois de mars, enluminure du bréviaire Mayer van den Bergh, vers 1510, Flandre, 22,4 x 16cm, Anvers, Musée Mayer van den Bergh ;
  • • « le mois de mars », les Très Riches Heures du duc de Berry, enluminure, musée du Louvre ;
  • • « le mois de juin », les Très Riches Heures du duc de Berry, enluminure, musée du Louvre ;
  • • « le mois d’octobre », les Très Riches Heures du duc de Berry, enluminure, musée du Louvre ;
  • • Paolo Uccello, St Georges terrassant le dragon, peinture sur panneau de bois, 131X103cm, musée Jacquemart-André.

Le jardin classique, maitrise parfaite de l’homme sur la nature, reflet du pouvoir monarchique de droit divin

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Analyse et réflexion autour de photographies pour répondre à la question "L'être humain est-il maître de la nature ?"

L’homme est-il maitre de la nature ?

Corpus : La figure de l’arbre

L’homme entretient un rapport particulier avec l’arbre, fait à la fois de fascination et de respect. À travers cette relation se joue toute la maitrise que l’homme veut imposer à la nature, et les limites de celle-ci. L’arbre, qu’il soit cultivé ou abattu pour en faire un matériau de construction, devient dès les origines le symbole d’une emprise de l’homme sur la nature et du progrès de la civilisation. Le lit fabriqué par Ulysse est ainsi à l’image de l’intelligence de l’homme et de la civilisation grecque naissante. De la même façon, l’architecte Pouillon dans un récit historique fait revivre la construction de l’abbaye du Thoronet et la façon dont les moines construisent le monastère au milieu d’une nature sauvage. L’abattage du chêne devient le symbole de cette colonisation de la nature. Mais l’arbre sacrifié par l’homme garde toute sa noblesse, empreint qu’il est d’un rapport profond, essentiel à son environnement. Figure tutélaire de la Nature, force païenne de vie et de destruction, dépassant les limites temporelles de l’existence humaine, il devient objet de fascination pour l’homme, d’adoration et parfois de crainte

  • Corpus et pistes de lectures cursives sur Eduscol
  • La figure de l'arbre
  • Homère, L’Odyssée, chant XXIII, traduction de P. Jaccottet, 1982.
  • Fernand Pouillon, Les pierres sauvages, 1964.
  • Paul Claudel, Connaissance de L’Est, 1907.
  • Hermann Hesse, Narcisse et Goldmund, 1947.
  • Jean Giono, Un roi sans divertissement, 1948.
  • Paul Claudel, Préface à L’Odyssée, 1949.

L'Homme qui plantait des arbres, Jean Giono - un manifeste à part entière de la cause écologiste. un modèle de conscience écologique

L'Homme qui plantait des arbres est une nouvelle écrite en 1953 par l'écrivain français Jean Giono pour « faire aimer à planter des arbres », selon ses termes. Dans ce court récit, le narrateur évoque l'histoire du berger Elzéard Bouffier, qui fait revivre sa région, en Haute Provence, entre 1913 et 1947, en plantant des arbres. Bien qu'il s'agisse d'une fiction, la nouvelle parvient à inciter le lecteur à croire à l'existence réelle du berger et de sa forêt.

Écrite à la suite d'un concours du magazine américain Reader's Digest, la nouvelle a eu un retentissement mondial. Elle est aujourd'hui considérée comme un manifeste à part entière de la cause écologiste. En effet, le berger ne parvient pas seulement à créer une forêt : celle-ci a des conséquences sociales et économiques, qui permettent aux villages des alentours d'accueillir de nouvelles familles alors qu'ils étaient menacés de désertification. Avant même l'invention de la notion de développement durable, la nouvelle en donne ainsi une illustration poétique.

La nouvelle véhicule de nombreux messages : écologiques, humanistes, politiques. L'histoire d'Elzéard Bouffier est en effet considérée dans la littérature écologiste comme une parabole de l'action positive de l'homme sur son milieu et de l'harmonie qui peut s'ensuivre. La nouvelle est également une ode au travail, à l'opiniâtreté, à la patience, à l'humilité, et à la ruralité.

 Il retrouve l'unité du cosmos, à travers les thèmes de la régénération naturelle et de la créativité humaine bienveillante. Les thèmes de la patience devant la nature (« Mais la transformation s'opérait si lentement qu'elle entrait dans l'habitude sans provoquer d'étonnement. »), des cycles des saisons (« Le vent aussi dispersait certaines graines. En même temps que l'eau réapparaissaient les saules, les osiers, les prés, les jardins, les fleurs et une certaine raison de vivre. »), du regard (« Il avait suivi son idée, et les hêtres qui m'arrivaient aux épaules, répandus à perte de vue, en témoignaient. ») et du silence (« J'étais littéralement privé de parole et, comme lui ne parlait pas, nous passâmes tout le jour en silence à nous promener dans sa forêt. ») sont des thèmes écologiques. La nouvelle présente donc une conception de l'unité du cosmos, et la contrée revivifiée par l'action d'Elzéard Bouffier ressemble à un lieu idyllique traditionnel de la littérature.

 

L'action de l'homme sur son environnement

5e l homme et son environnement

l’homme peut  avoir un impact destructeur sur la nature, à trop vouloir la dominer. La littérature s’inquiète alors des conséquences possibles et les dénonce.

 

  • Le récit d'anticipation s'empare de la question de l'écologie 
  • MIKAËL OLLIVIER, Nouvelles re-vertes, « Maison verte », in © Éditions Thierry Magnier, 2008.

 

  Voilà, tout est fait, je crois. Papa va être content quand il va rentrer du travail. Reste plus qu’à vérifier la liste.  
  Porter le verre au conteneur. o.k
  Arroser le potager avec l’eau des bacs de récupération. ok
  Retourner le compost1. FAIT.
  Il y a deux ans, nos parents ont décidé d’obtenir le label Maison verte qui, selon la nouvelle directive gouvernementale, leur octroierait2 50 % de réduction sur leurs impôts locaux et jusqu’à 65 % sur la taxe d’habitation. Nos voisins d’à côté, les Giraud, l’ont obtenu l’an passé, comme les Ledoux, en face. Notre village est « à la pointe », dit toujours papa quand on a des invités, l’un des premiers à avoir été classé VFD, pour Village de France Durable.
  Il était temps que l’on s’y mette aussi.
  Vider le bac à sciure3 des toilettes. FAIT.
  Ramasser le bois mort du jardin. OK.
  Papa et maman ont beaucoup investi ces deux dernières années : une chaudière à granulés de bois, des panneaux solaires sur le toit du garage, un système de récupération des eaux qui permet non seulement d’arroser le potager bio mais aussi d’alimenter la salle de bains et le lavabo de la cuisine, une douche à débit limité, du double vitrage à toutes les fenêtres et une isolation complète des combles4 en laine de chanvre.
  Chaque matin, sur une ardoise de la cuisine, nos parents inscrivent la liste des tâches que ma sœur et moi devons effectuer en rentrant de l’école. Au collège, la prof d’écocivisme ne cesse de nous répéter que c’est avec des gestes simples et quotidiens que l’on peut préserver la planète. Depuis cette année, l’écocivisme est coefficient 3 au bac. Autant que l’anglais et la physique nucléaire.
  Changer l’ampoule fluocompacte5 du salon. FAIT.
  Nourrir les poules. OK.
  Tuer un lapin pour dimanche. OK.
  Faire vos devoirs. OK.
  Avec les économies qu’ils feront sur les impôts quand on aura le label Maison verte, mes parents comptent acheter une voiture électrique, ce qui nous éviterait de prendre le car pour aller à la gare TGV quand on part en vacances. Par contre, papa continuera d’aller au travail en tandem6 avec M. Giraud. Il faut dire que, comme tout le monde dans le quartier, il travaille à la centrale nucléaire qui n’est qu’à deux kilomètres de la maison. De toute façon, il aura quarante-cinq ans dans deux ans et sera à la retraite.
  Charger le four à bois. OK.
  Cueillir une tomate pour dîner (portez-la à deux pour ne pas vous faire mal au dos). FAIT.
  Prendre vos cachets d’iode7. OK.
  Tout est fait. Le soir tombe, c’est l’heure que je préfère de la journée. Les oiseaux s’appellent dans le jardin, les derniers rayons de soleil étirent les ombres et embrasent le panache8 de la tour de refroidissement de la centrale. 
  J’entends le porche qui grince. Papa revient du travail. J’aime, chaque soir, quand il traverse la cour et qu’il scintille dans la pénombre9.

 

MIKAËL OLLIVIER, Nouvelles re-vertes, « Maison verte », in © Éditions Thierry Magnier, 2008.


1. Engrais naturel obtenu par la décomposition de matières organiques.
2. Accorderait.
3. Poussière de bois, utilisée dans les toilettes sèches.
4. Espace situé sous les toits.
5. Ampoule à basse consommation.
6. Double vélo comportant deux places.
7. L’iode limite les effets de la radioactivité sur le corps humain.
8. Le sommet.
9. L’obscurité.

Questions :
1-    Quel est le cadre spatio-temporel de cette nouvelle ? Justifiez.
2-    Quels sont le narrateur et le point de vue dans le récit ? Justifiez.
3-    Quelles sont les activités traditionnelles de la vie à la campagne présentes dans ce texte ?
4-    Quelles sont les tâches écologiques accomplies par les personnages ?
5-    Quelle sorte d’enfants nous est présentée dans ce récit ?
6-    Quelles sont les motivations des personnages à agir de façon écologique ?
7-    Quand les enfants doivent-ils accomplir toutes leurs tâches ?
8-    A quel âge le père sera-t-il à la retraite ? Pourquoi, à votre avis ?
9-    Expliquez l’effet produit par les derniers mots de la nouvelle. Finalement quelle thèse est défendue par le texte ?
10-     Quels étaient les indices dans le texte qui pouvaient laisser comprendre que cette vie n’est pas idéale ?

  • Exercice
  • Questions réponses sur le texte 
  • Sujet
  •  d'après vous, les innovations technologiques ont-elles toujours un effetpositif sur la société?
  • Vous répondrez à cette question de façon argumentée, en prenant en considération différents plans(scientifique, politique, moral...), et en vous appuyant sur des exemples que vous analyserez.

L'ÉCOLOGIE ET LA CRÉATION ARTISTIQUE - 24 SEPT. 2020

Date de dernière mise à jour : 24/07/2021

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