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Les annales du bac de français, sujets nationaux et les corrigés, année 2014 séries technologiques. Objet d'étude le roman

Bac

 

Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours

Les corrigés du bac de français, sujets nationaux

Année 2014, session juin, séries technologiques

 

 

 

Objet d’étude :

Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours

Le sujet comprend :

 

Texte A : Honoré de Balzac, Eugénie Grandet, 1834.

Texte B : Victor Hugo, L’Homme qui rit, Deuxième Partie, Livre Deuxième, chapitre I, 1869.

Texte C : Albert Cohen, Mangeclous, chapitre I, 1938.

Texte D : Marc Dugain, La Chambre des officiers, 1998. 

 

 

A consulter 

Au bac 2013, les bacheliers de la session juin, séries technologiques ont travaillé sur la poésie 

Les annales du bac de français, sujets nationaux et les corrigés, année 2013 séries technologiques. Objet d'étude, la poésie
 

Les sujets corrigés des épreuves de français 2012 des séries technologiques : objet d'étude, la poésie 

Les annales du bac de français, sujets nationaux et les corrigés, année 2012 séries technologiques

 

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CORRECTION PROPOSEE

 

E.A.F. - SESSION 2014 séries technologiques 

Sujets et consignes de correction académiques à consulter en plus de la correction proposée par le site www.sujetscorriges.fr 

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Correction des questions du corpus

QUESTION 1 :

Qu'est-ce qui permet de rapprocher ces portraits de personnages ?

Pistes de réponse :

Dénominateur aux personnages des textes du corpus :

Ils sont laids = la laideur.

La Grande Manon : une femme qui ressemble à un homme

Mangeclous : personnage maigre, malade

Personnages victimes de la guerre dans le texte d'Adrien Fournier.

Gwynplaine : monstre de foire qui se donne en spectacle. Il est le seul personnage qui attire les regards des autres.

QUESTION 2 :

Quels effets ces portraits cherchent-ils à produire selon vous sur le lecteur ?

Pistes de réponse :

Ces portraits cherchent à attirer le lecteur en suscitant certaines émotions :

Nous avons de la pitié et de la compassion dans les textes A, C et D – La Grande Manon est une « pauvre fille ». Mangeclous est malade et dans le texte D, le lecteur s'identifie au personnage :

Dans le texte B : le personnage est un bateleur, exposé aux regards des autres : Gwynplaine : son métier à pour but de faire rire. Il sacrifie son physique dans ce sens.  Oxymore : « une bouche s'ouvrant jusqu'aux oreilles, des oreilles se repliant jusque sur les yeux »

La laideur en portrait pour susciter à travers ces protraits pitié, compassion et rire.

 

 
 

Correction du commentaire

COMMENTAIRE DU TEXTE C (Albert Cohen,Mangeclous)

I – Le portrait d'un personnage à la fois comique et repoussant

1 – Un personnage comique

surnom comique du personnage = éponyme

le comique renforcé par les oppositions : « mange » et description physique du personnage rachitique.

Description physique du personnage = renforce le comique avec les termes «  profonde rigole » sur son crâne qui lui sert à ranger des objets divers.

Le ridicule est encore mis en avant avec la métaphore : « la selle »

2 – Un personnage repoussant

Personnage repoussant du fait de son aspect physique qui ainsi que le suggère l'accumulation « visage décharné », « pieds nus, tannés, fort sales, osseux, poilus et veineux », met en avant un vocabulaire à la hauteur de l'intention de l'auteur : dépréciatif.

L'aspect repoussant est valorisé de manière très superficielle par des détails concernant sa tenue vestimentaire «  redingote crasseuse » ainsi que par le champ lexical de la maladie «  toux », « tuberculeux ».

3 – Un personnage attachant

contraste : après le portrait du personnage repoussant, l'auteur se plait à en faire un personnage attachant : on le découvre ayant de l'humour voire d'ironie

II – Un personnage hors-norme qui prend une dimension mythique et légendaire

1 – Un personnage hors-norme

On voit le personnage évoluer.  Il est dans la lutte et aujourd'hui combat la maladie « tuberculeux depuis un quart de siècle mais fort gaillard ».  Paradoxalement, on assiste à une évolution du personnage qui  a réussi à faire de ses points faibles des points forts. Il est devenu un personnnage hors-norme.

2 – Une dimension légendaire et mythtique

Les surnoms nous renseignent sur ce point

Mangeclous, « on l'appelait Mangeclous »

Il n'est pas un personnage ignoré ainsi que le suggère le pronom indéfini. L'oxymore « son appétit était célèbre dans tout l'Orient » renforce et confirme cette idée. Une dimension légendaire ? Pourquoi ? Le personnage devient grandiose, présent, imposant, impressionnant, il est quasi légendaire et mythique.

 

Correction de la dissertation




certains personnages apparaissent, dans un roman tels qu’ils seraient s’ils existaient dans la réalité, avec leurs qualités et leurs défauts. On peut donc se demander si le fait de montrer les faiblesses de ces personnages conduit nécessairement le lecteur à les mépriser. En d’autres termes, le fait d’insister particulièrement sur les faiblesses d’un personnage oblige-t-il le lecteur à ne pas apprécier ce dernier au point de le trouver méprisable, voire parfois détestable ? Dans un premier temps, on se demandera pourquoi, le fait de montrer les faiblesses d’un personnage peut le rendre méprisable, puis, pourquoi, au contraire, ses faiblesses peuvent le rendre plus attachant ou véritable. 


Souvent le fait de montrer les faiblesses d’un personnage peut le rendre méprisable. En effet, il est particulièrement difficile d’aimer ou d’admirer quelqu’un pour ses défauts. Dans Pierre et Jean, Maupassant nous dépeint le portrait de M. Roland d’une façon très dure ; il est grossier, laid, mal proportionné, n’a pas la moindre influence sur sa famille en tant que père de famille et est tellement naïf qu’il n’a pas compris que Jean, qui lui est si peu ressemblant, n’était pas son fils. Maupassant insiste sur ses défauts sans nous révéler une seule petite qualité, ce qui fait de ce personnage quelqu’un de méprisable à cause de ses faiblesses. 

Mais il y a aussi des personnages qui ont tant de défauts qu’ils font souffrir leur entourage, et le lecteur prend alors partie pour la famille du personnage, c’est le cas de M. de Mortsauf, dans Le Lys de la Vallée de Balzac. Son onomastique désigne très bien le caractère de cet homme hypocondriaque. Il passe chaque seconde de sa vie à se plaindre d’un nouveau malaise, d’une nouvelle maladie, il est tellement centré sur lui-même qu’il ne voit pas l’état de santé de sa femme se détériorer. De plus, il n’apprécie rien, est très colérique et peut dire des infamies. Le lecteur a alors pitié de sa femme qui doit le supporter et trouve le personnage détestable et méprisable. 

Enfin, il y a des personnages si ridicules qu’ils deviennent méprisables. Par exemple, dans Pierre et Jean de Maupassant, M. Beausire n’a apparemment pas été gâté par la nature puisqu’il est « court sur pattes ». Maupassant le disqualifie très souvent, ce qui le rend ridicule. Arnolphe, dans L’école des femmes, de Molière est lui aussi tourné au ridicule à cause de son obsession pour le cocuage et sa solution miraculeuse qui échoue, d’ailleurs. Il se croit supérieur aux autres hommes mais est en réalité complètement ridicule ce qui le rend méprisable. 



Après avoir vu comment les faiblesses d’un personnage peuvent le rendre méprisable aux yeux du lecteur, il serait intéressant de voir comment, au contraire, ces faiblesses peuvent se transformer en qualités et rendre le personnage plus appréciable. Tout d’abord, les défauts d’un personnage, nuancés, peuvent le rendre plus humain. Le lecteur peut alors d’identifier à lui. C’est le cas pour Pierre, dans Pierre et Jean de Maupassant. Tout au long du roman et dans un chapitre en particulier, il doute. Sa mère est-elle coupable ? Il essaye d’enquêter et de rester objectif mais face à un tel secret il ne peut empêcher sa colère d’éclater, il voudrait tuer tout le monde, « son père, sa mère, le mort ». Son acharnement pour trouver la vérité et ses crises de colère logiques le rendent tout à fait humain et le lecteur, loin de le mépriser, le comprend et l’apprécie. 

De plus, il y a des personnages qui grâce à leurs faiblesses deviennent touchants. Dans Une Vie, de Maupassant, Jeanne, elle aussi, doute, elle croyait à l’amour avec un grand A mais se rend compte que ce n’était que légende. Elle souffre durant toute l’œuvre, d’abord à cause de son mari puis, ensuite, à cause de son fils. Elle est même en proie à des crises de folie. Mme de Clèves, dans La Princesse de Clèves souffre elle aussi énormément, son amour impossible, son désespoir de faire souffrir et même tuer son mari et surtout cette honte de ne pas pouvoir être une femme noble et respectable la rendent, tout comme Jeanne, très touchante. Le lecteur ne peut que vouloir aider cette femme qui malgré toutes ses faiblesses essaye de relever la tête et de continuer de vivre. Loin de les mépriser, le lecteur les admire. 

Enfin, les faiblesses de certains personnages font pitié au lecteur de façon à ce qu’il ne puisse qu’apprécier ces personnages. Par exemple, lorsqu’Aurélien, dans Aurélien d’Aragon raconte sa première rencontre avec Bérénice et qu’il dit l’avoir « trouv[ée] franchement laide » ce qui, pour une rencontre amoureuse semble d’assez mauvais augure, le lecteur peut prendre pitié de cette femme face à la dureté des mots d’Aurélien. De la même manière, lorsque le lecteur découvre Agnès dans L’école des femmes, il prend pitié de cette jeune fille qui, par manque d’éducation, est d’une naïveté telle qu’elle révèle tous les secrets de son amour à Arnolphe qui lui ne cherche qu’à la posséder. Là non plus, le lecteur ne peut mépriser ces femmes qui ne peuvent se défendre, bien au contraire. 


On peut donc dire que le fait de montrer les faiblesses d’un personnage peut conduire le lecteur à le mépriser, cependant, lorsque celles-ci sont nuancées, elles peuvent aussi le rendre plus attachant et plus appréciable afin que le lecteur puisse s’y identifier ou vouloir l’aider. Cependant, dans des mouvements littéraires plus anciens, comme le classicisme ou le romantisme, le caractère des personnages était toujours amélioré de façon à ce qu’il plaise au plus grands nombre, par souci de perfection sans doute?

 
 

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Date de dernière mise à jour : 05/06/2019