Hugo Crépuscule Les Contemplations, II, XXVI, commentaire littéraire bac de l'EAF 2022

- Objet d'étude : La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle Victor Hugo, "Les Contemplations", livres I à IV / parcours : Les Mémoires d'une âme. Bac de l'EAF 2022-

Hugo

Crépuscule  - Les contemplations livre II, lecture de la poésie

Objet d'étude : La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle, séries générales et technologiques 

Comment répondre en 2 minutes à la question de grammaire ? Episode POESIE.

3 questions de grammaire sur 3 énoncés d'Apollinaire, Hugo et Baudelaire.

Comprendre le contexte historique et culturel de HUGO.

Comprendre l'influence de l'Histoire et du contexte littéraire sur la création des Contemplations.

La portée du titre de l'oeuvre de Victor HUGO

Découvrez comment exploiter à l'oral et à l'écrit la symbolique du titre "Les Contemplations".

PARCOURS HUGO

Découvrez dans cet épisode ce que vous devez retenir du parcours "Mémoires d'une âme".

 

 

 Victor Hugo, "Les Contemplations", livres I à IV / parcours : Les Mémoires d'une âme.

Victor Hugo (1802-1885), « Crépuscule », Les Contemplations , II, XXVI (1856)
 

 

Vous pouvez aussi consulter

V. Hugo, Elle était déchaussée, Les Contemplations

Livre I, Aurore au programme bac de français 2021

Commentaire littéraire de Melancholia, Hugo, les Contemplations

livre III, programme EAF 2021

A consulter 

Questionnaires sur Victor Hugo et le romantisme 

 

Crépuscule  - Les contemplations livre II

 

L'étang mystérieux, suaire aux blanches moires,

Frissonne; au fond du bois, la clairière apparaît;

Les arbres sont profonds et les branches sont noires;

Avez-vous vu Vénus à travers la forêt?

Avez-vous vu Vénus au sommet des collines?

Vous qui passez dans l'ombre, êtes-vous des amants?

Les sentiers bruns sont pleins de blanches mousselines;

L'herbe s'éveille et parle aux sépulcres dormants.

Que dit-il, le brin d'herbe? et que répond la tombe?

Aimez, vous qui vivez! on a froid sous les ifs.

Lèvre, cherche la bouche! aimez-vous! la nuit tombe;

Soyez heureux pendant que nous sommes pensifs.

Dieu veut qu'on ait aimé. Vivez! faites envie,

O couples qui passez sous le vert coudrier.

Tout ce que dans la tombe, en sortant de la vie,

On emporta d'amour, on l'emploie à prier.

Les mortes d'aujourd'hui furent jadis les belles.

Le ver luisant dans l'ombre erre avec son flambeau.

Le vent fait tressaillir, au milieu des javelles,

Le brin d'herbe, et Dieu fait tressaillir le tombeau.

La forme d'un toit noir dessine une chaumière;

On entend dans les prés le pas lourd du faucheur;

L'étoile aux cieux, ainsi qu'une fleur de lumière,

Ouvre et fait rayonner sa splendide fraîcheur.

Aimez-vous! c'est le mois où les fraises sont mûres.

L'ange du soir rêveur, qui flotte dans les vents,

Mêle, en les emportant sur ses ailes obscures,

Les prières des morts aux baisers des vivants.

 

Crépuscule fait partie du 2ème livre des Contemplations, donc dans la partie "rose" intitulée "Autrefois",

Le paysage mis en scène dans Crépuscule relève à la fois de la nature et de la mort. Il revêt une dimension intemporelle

 

 

Victor Hugo : 

Victor-Marie Hugo, né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris, est un écrivain, dramaturge, poète, homme politique, académicien et intellectuel engagé français considéré comme le plus important des écrivains romantiques de langue française et un des plus importants écrivains de la littérature française. 
Son œuvre est très diverse : romans, poésie lyrique, drames en vers et en prose, discours politiques à la Chambre des Pairs, correspondance abondante. 
Victor Hugo a fortement contribué au renouvellement de la poésie et du théâtre en tant que chef de file du mouvement romantique. Il a aussi permis à de nombreuses générations de développer une réflexion sur l'engagement de l'écrivain dans la vie politique grâce à ses multiples engagements qui le condamneront à l'exil. 
 

 

 

Pour l’entretien : éléments conservés

Études d’ensemble ou éléments de synthèse :

- Quatre études d’ensemble: exprimer la douleur, rappeler le souvenir, réfléchir au sens de la vie, organiser le recueil

- Rappels sur la versification

- Rappels des principales figures de style

 

 

Consignes de correction académiques du commentaire de Victor Hugo, Crépuscule, les Contemplations

CORRECTION PROPOSEE

 

E.A.F. - SESSION 2014

Sujets et consignes de correction académiques à consulter en plus de la correction proposée par le site www.sujetscorriges.fr  dès la sortie de l'épreuve

Eaf 2014 s es corrigéEaf 2014 s es corrigé (127.08 Ko)

 

Correction du commentaire 

Plan 1 :

I. Un cadre contradictoire

a) Un décor naturel et mystérieux

b) Un cadre lugubre : sépulcres, tombe et tombeau

c) Des signes de vie de plus en plus larges

II. Une invitation à l’amour dans la prosopopée centrale

a) Un dévoilement progressif du destinateur et du destinataire

b) Le mode injonctif : une pressante objurgation à aimer

c) Les arguments (convaincants) des morts

III. La vision du poète

a) Le glissement insensible de la parole des morts à la parole du poète

b) Une conception mystique (animisme, dessein divin)

c) La force et la beauté du verbe (de la poésie) hugolien

Conclusion :

Reprenant un topos, le carpe diem, doublé d'un éloge de l'amour à la fois charnel et mystique, Hugo l'aborde de façon originale, belle et puissante.

Ronsard invitait les belles à cueillir le jour en s'imaginant vieilles, Hugo va plus loin en nous transportant dans la vision des morts.

Plan 2 :

I.Une mise en scène saisissante.

a) Une structure didactique : un décor de théâtre, cadre d’une prosopopée

b) Un remarquable catalogue des « topoï » romantiques (le titre, nature omniprésente, protectrice et inquiétante)

c) Un appareil funèbre, un topos lui aussi du courant romantique, jusqu’au romantisme noir de la fin du siècle : « suaire», « blanches moires », « frissonner », « ombre », « sépulcre », « ifs », « froid », « les mortes d’aujourd’hui », le «tombeau », les « prières des morts »…

II.Une méditation existentielle.

a) Une étrange et double prosopopée : un procédé classique et spectaculaire : un dialogue merveilleux et fantastique

b) Une structure dialectique chère au poète : une bipolarité qui est sans doute la figure la plus significative et la plus récurrente de la sensibilité hugolienne. On soulignera le jeu des antithèses, et la synthèse du vers final.

c) Une pressante objurgation : une leçon de vie, ardente et passionnée,

III.Une vision du monde cohérente, pragmatique et passionnée.

a) Un panthéon éclectique : le monde est habité (animise, panthéisme)

b) Un hymne à l’amour, seule valeur fondatrice.

Conclusion : Intérêt majeur du poème (une grande fresque romantique, puissamment lyrique, méditation philosophique sur l’urgence (et le devoir) de vivre intensément, et ouverture : le thème de la perméabilité des mondes (ici les vivants et les morts) sera reprise par les Symbolistes et plus tard (privé de sa dimension transcendante) par les Surréalistes. 

Correction proposée du site, sujets nationaux et les corrigés, année 2014 séries ES et S, session juin. Objet d'étude, la poésie

I – Le paysage et les notations funèbres : une ode à la nature

Cadre dominé par les éléments funèbres et sinistres.

le décor (calme absolu et froid profond)

Connotations macabres du cadre. étang/ suaire – branches/ noires – sentiers/mousseline blanche.

Insistance des métaphores

Mort suggérée par l'image de la nuit tombante.

Identification : brume = drap funèbre « les sépulcres » sont dormant.

Réalités macabres : noir, tombe, sépulcre, faucheur = dimension sinistre accentuée du poème

Mort = quasi permanente. Le faucheur, le ver luisant

Omniprésence encore mise en avant par les rimes : "Tombe/tombe", "faucheur/ fraîcheur". combat entre la vie (« Que dit-il, le brin d’herbe ? ») et la mort (« et que répond la tombe ») Le jour étant la vie, l’amour (« Aimez, vous qui vivez ! », « Lèvre, cherche la bouche », « on emporta d’amour »…) et la nuit personnifiant la mort (« on a froid sous les ifs. », « la nuit tombe ; », « on l’emploie à prier »)

II – Une méditation sur le temps qui passe

Le message délivré par ce poème est en fait un appel à la vie, à cueillir le jour (carpe diem…) en ayant conscience de sa fragilité, lui qui cède si rapidement la place à la nuit.

Profiter du temps par l'amour comme foi naturelle et divine

III – L'urgence d'aimer : une ode à l'amour

Opposition vie/ mort Brièveté de la vie chiasme (« mortes – aujourd’hui – jadis – belles») la métaphore du vers 11 (nuit tombe»« la) la hantise de la mort y côtoie l'appel à l'amour l’incitation à l’amour charnel un précepte religieux : l'amour au sens d'une loi divine

« Aimez, vous qui vivez ! on a froid sous les ifs. Lèvre, cherche la bouche ! aimez-vous ! la nuit tombe ; Soyez heureux pendant que nous sommes pensifs. Dieu veut qu’on ait aimé. … »

Il a donc intégré l’amour charnel dans sa religion personnelle en tant qu’acte « religieux », de la contemplation et de communication.

Le propos du poème

- On attend que le candidat ait perçu que le poème est un appel à vivre et à aimer, lancé par les morts, montré en exemple par la nature, soutenu par la volonté divine ; lien avec le thème du carpe diem dont l’amour est ici un élément essentiel.

- Un contresens majeur sur cette signification du poème interdit l’attribution de la moyenne (8/16) La construction du poème

- On attend que le candidat ait repéré, sans commettre de contresens

- Le jeu des oppositions qui répondent symboliquement au passage de la vie à la mort, au passage de l’action (parole, mouvement, baisers, sensualité) des vivants à la prière immobile des morts.

- On valorise

- la prise en compte du titre et la symbolique du crépuscule (au vers 11 « aimez-vous ! la nuit tombe »).

- la prise en compte de la situation d’énonciation

• dans sa progression (adresse aux promeneurs au vers 6, puis aux vivants au vers 10)

• dans son ambiguïté dans les trois dernières strophes : effet de recul, de surplomb, de généralisation, d'élargissement ; l'absence de guillemets ménage cette ambiguïté ; on glisse, à partir du vers 18, de la prosopopée des morts s'adressant aux vivants vers la parole plus générale du poète aux lecteurs (les « prières des morts » au dernier vers sont le complément d'objet du verbe « mêle », et non plus le sujet grammatical du discours direct central).

Figures et musicalité dans le poème

- On valorise

- le repérage de figures de style, et la justesse de leur interprétation : personnification, prosopopée, synecdoque, chiasme, etc.

- la prosodie et la métrique : par exemple l'allitération aux vers 4 et 5 ; l'harmonie de certains vers aux quatre accents réguliers et soutenue par les parallélismes (vers 3 et vers final) ; l'enjambement des trois vers conclusifs qui soutient la grandeur mystique du propos (les prières des morts et les baisers des vivants font partie de l'harmonie du monde) ; la diérèse au vers 1. 

On pénalisera :

- une mauvaise compréhension du texte

- l’absence d’organisation dans le commentaire et / ou la simple paraphrase du texte - l’absence d’une analyse s’appuyant sur l’étude de l’écriture

- un simple catalogue des procédés d’écriture

Questions de grammaires possibles à l'oral du bac de français 2020- CLXI, Lettres Persanes, Montesquieu, Roxane à Usbek - Trois questions - Analyse syntaxique d'une phrase

Date de dernière mise à jour : 03/08/2021

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