On a reproché à Baudelaire de «tout peindre, de tout mettre à nu » dans son recueil Les Fleurs du Mal. Qu'en pensez-vous ?

Objet d'étude : La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle - Œuvre : Baudelaire, Les Fleurs du Mal Parcours : alchimie poétique : la boue et l’or.

Baudelaire

Problématique : La volonté d'embrasser tout le réel, jusqu'au plus ignoble, est-elle digne de reproche ou bien relève-t-elle d'une vision plus haute de la poésie ?

Sujet à traiter

 

Objet d'étude : La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle

Œuvre : Baudelaire, Les Fleurs du Mal

Parcours : alchimie poétique : la boue et l’or.

Sujet à traiter 

On a reproché à Baudelaire de « tout peindre, de tout mettre à nu » dans son recueil Les Fleurs du Mal.

Qu’en pensez-vous ?

Vous répondrez à cette question dans un développement organisé en vous appuyant sur le recueil de Charles Baudelaire, sur les textes que vous avez étudiés dans le cadre du parcours associé et sur votre culture personnelle.

*** La citation est extraite du réquisitoire prononcé par le procureur Pinard lors du procès intenté à Baudelaire en 1857 à la parution des Fleurs du Mal. Baudelaire est condamné pour « offense à la morale publique, la morale religieuse et aux bonnes mœurs » à verser 300 francs d’amende, et six poèmes sont censurés. Après la fin de l’audience, Baudelaire clame qu’il s’agit d’un malentendu. Le scandale que provoque Les Fleurs du Mal fait écho aux autres procès en réalisme qui sont intentés au XIXe siècle à des écrivains (Flaubert accusé par le même Pinard pour Madame Bovary, Zola accusé d’écrire une « littérature putride ») ou à des peintres (Courbet pour L’Enterrement à Ornans ou Manet pour Olympia). Pour traiter le sujet, il convient d’expliciter d’abord la citation : en quoi Baudelaire cherche-t-il à « tout peindre », et pourrait-on le ranger dans une veine réaliste, voire hyperréaliste ? Au-delà, comment pouvons-nous comprendre le second élément de l’accusation : « tout mettre à nu » ? Tenant ensuite à distance cette accusation, et nous souvenant des enjeux du parcours associé, nous en viendrons à montrer que le recueil des Fleurs du mal ménage une effraction de la modernité, et que Baudelaire transfigure la réalité bien plus qu’il ne la dépeint, donné tout entier à un projet poétique singulier et sans doute révolutionnaire.

Correction proposée

 

 

Baudelaire, Les Fleurs du mal

On a reproché à Baudelaire de «tout peindre, de tout mettre à nu » dans son recueil Les Fleurs du Mal. Qu'en pensez-vous ?

 

Problématique : La volonté d'embrasser tout le réel, jusqu'au plus ignoble, est-elle digne de reproche ou bien relève-t-elle d'une vision plus haute de la poésie ?

I La poésie de Baudelaire fait de toute la réalité son objet, y compris ce qui devrait rester cacher

A) Baudelaire peint toute la réalité, y compris la plus prosaïque (les "Tableaux parisiens")

B) Dimension morale de ce reproche : certaines choses devraient rester à l'abri du regard (les vices)

II Cette aspiration à peindre toute la réalité sans distinction de sujets nobles ou ignobles contrevient à une certaine vision de la poésie

A) Vision d'une poésie devant se consacrer à des sujets nobles, les beaux-arts, les sujets mythologiques (par exemple dans la poésie du mouvement parnassien)

B) L'usage de termes dans la poésie propres à désigner le réel d'une manière enveloppante et raffinée

III Baudelaire davantage que de mettre à nu touche à l'essence des choses grâce aux correspondances

A) "Tout peindre" c'est peindre non seulement l'ensemble de la réalité prosaïque mais dans ce qu'elle permet d'élévation vers de plus hautes réalités

B) C'est la peinture des choses les plus laides qui permet les correspondances les plus élevées

 

A consulter également la correction académique du bac général de français 

 

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Sujet 1 

 

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