Brevet 2026 français Asie Pacifique : corrigés complets (questions, dictée, réécriture, rédaction)

 

Corrige du sujet de francais brevet 2026

 

 

 

Découvre ici les corrigés complets du brevet de français 2026 pour la zone Asie-Pacifique.

Tu trouveras une analyse détaillée du texte, les réponses aux questions de compréhension et de langue, les exercices de réécriture ainsi que des propositions de rédaction entièrement rédigées. Ces corrigés te permettent de vérifier ton travail, de mieux comprendre les attentes de l’épreuve et de progresser efficacement.

 

 

 

 

Epreuve : DNB Général

Matière : Français parties 1 et 2

Centre : Asie Pacifique

Date : juin 2026

Durée : 3h

 

 

Épreuve écrite de français 2026

Durée de l'épreuve : 3 heures

 

Sujet du DNB 2026

Compréhension et compétences d’interpréation

Deuxième partie

 

 

Le corrigé du brevet 2026

 

I. COMPRÉHENSION ET COMPÉTENCES D’INTERPRÉTATION (32 points)

1) Quel est le métier du personnage principal ? Justifiez votre réponse à l’aide de deux citations. (4 points)

Le personnage principal exerce le métier de commandant de bord (ou capitaine de navire) dans la marine marchande. On peut le justifier grâce aux citations suivantes :

« Elle commande depuis plusieurs années, trois ans sur ce navire » (ligne 1) : le verbe commander atteste directement de sa fonction de direction à bord.

« Elle a fait le choix de la navigation » (ligne 10) ou « Depuis qu’elle est celle qui donne les ordres et décide de la carrière des autres » (lignes 28-29) : cela confirme son statut de plus haute autorité sur le bâtiment.

2) Qu’est-ce qui destinait le personnage principal à une vie en mer ? Deux éléments de réponse justifiés par des citations du texte sont attendus. (4 points)

Deux éléments majeurs destinaient ce personnage à faire carrière en mer :

L'hérédité et l'environnement familial : Elle a grandi dans cet univers en tant que « fille de commandant » (ligne 8). Son éducation l'a naturellement baignée dans ce milieu : « dès le départ elle en a trop appris sur les bateaux pour se détourner de la mer » (lignes 8-9).

Une connexion innée et charnelle avec l'élément marin : Le texte évoque un sentiment d'appartenance presque génétique ou identitaire à l'océan, comme le montre la formule : « Elle appartient à l’eau comme d’autres ont la fierté d’origines lointaines. » (lignes 9-10).

3) Lignes 15 à 31 : Quelles difficultés le personnage a-t-il rencontrées dans son parcours professionnel ? Trois éléments de réponse justifiés par des citations du texte sont attendus. (6 points)

Au cours de son parcours, le personnage a dû faire face à plusieurs obstacles majeurs :

La méfiance et les préjugés de ses pairs masculins : À ses débuts, elle a dû subir « les regards exigeants, parfois condescendants, méfiants » (lignes 15-16) des hommes qui l'ont précédée.

Le scepticisme quant à sa résistance et sa légitimité : L'équipage ne croyait pas en sa réussite et la dénigrait en secret : « On souriait quand elle tournait le dos, on ne donnait pas long de sa carrière, de sa santé. » (lignes 21-22).

Le sexisme de l'équipage remettant en cause ses capacités biologiques : Elle a été victime de stéréotypes de genre visant à l'exclure du métier, car ses collègues affirmaient « que pour le long cours elle n’avait pas les bras costauds, ni les bonnes hormones » (lignes 25-26).

4) Lignes 22 à 26 : de « On souriait quand elle tournait le dos » à « ni les bonnes hormones ». Quel est le principal obstacle rencontré par le personnage ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur l’identification précise et l’analyse de deux procédés d’écriture. (6 points)

Le principal obstacle rencontré est le sexisme systémique et les stéréotypes de genre d'un milieu professionnel exclusivement masculin, refusant d'admettre qu'une femme puisse commander un navire.

Deux procédés d'écriture mettent cet obstacle en valeur :

L'utilisation du pronom indéfini « On » répété en anafore : (« On souriait », « on ne donnait pas », « On disait »). Ce « on » représente une rumeur collective, une masse anonyme d'hommes ligués contre elle. Cela montre l'isolement de l'héroïne face à une mentalité partagée par tout son entourage maritime.

Le discours indirect libre : (« que le goût du métier d’homme finirait par lui passer », « que pour le long cours elle n’avait pas les bras costauds »). Ce procédé permet d'intégrer directement les moqueries, les clichés physiologiques et les propos machistes des marins dans le fil du récit, soulignant la violence des remarques quotidiennes qu'elle devait endurer.

5) En quoi le parcours du personnage principal constitue-t-il un exemple positif ? Vous développerez votre réponse en vous appuyant sur deux arguments justifiés par des citations du texte. (6 points)

Le parcours du personnage est un exemple positif de réussite et d'émancipation :

Elle incarne une valeur d'exemplarité par le travail, le mérite et la rigueur : Elle n'a bénéficié d'aucun passe-droit malgré son père commandant. Elle a construit sa légitimité pas à pas : « Elle n’a brûlé aucune étape, elle est étrangère à l’idée de privilège, à autre chose qu’au lent respect des procédures. » (lignes 16-17).

Elle prouve qu'une femme peut faire évoluer les mentalités d'un bastion masculin par sa réussite : Sa rigueur lui a permis de s'imposer définitivement : « Avec sérieux, de haute lutte, elle a conquis son autorité » (lignes 18-19). Désormais respectée de tous, le texte conclut sur sa victoire symbolique : « on ne dit plus rien, le féminin a fait son chemin dans les esprits » (lignes 29-30).

6) Quels liens pouvez-vous établir entre le texte et l’image image_07c8e8.jpg ? Trois éléments de réponse sont attendus. Chacun devra être justifié par des références au texte et à l’image. (6 points)

Plusieurs correspondances profondes unissent le texte de Mariette Navarro et la photographie de Bruce Beveridge (image_07c8e8.jpg) représentant le commandant Edward John Smith à bord du Titanic :

La fonction de commandement et la prestance : L'image montre un homme en uniforme blanc officiel, les bras croisés, incarnant l'autorité suprême à bord. Cela fait directement écho au texte où l'héroïne exerce la même fonction : « Elle commande depuis plusieurs années » (ligne 1) et a « conquis son autorité » (ligne 19).

Le contraste historique du genre (le "métier d'homme") : La photographie de 1911 montre un commandant âgé, barbu, correspondant exactement à l'archétype masculin traditionnel de la marine. C'est précisément ce stéréotype historique que l'héroïne affronte dans le texte face à ceux qui disaient « que le goût du métier d’homme finirait par lui passer » (lignes 23-24).

L'expérience et la densité acquises par la mer : L'homme de la photographie image_07c8e8.jpg affiche un visage marqué par l'expérience et un regard lointain tourné vers l'horizon. Cette assurance se retrouve chez l'héroïne du texte, dont les années passées à naviguer entre « des abstractions cosmiques et du soleil au visage » lui ont conféré « un âge, une densité » (lignes 12-13).

II. GRAMMAIRE ET COMPÉTENCES LINGUISTIQUES (18 points)

7) Lignes 18-19 : « Elle a découvert que le travail l’apaise, le temps rassurant du labeur. »

a. Quelle est la fonction grammaticale du groupe de mots souligné ? (1 point) Le groupe de mots « que le travail l’apaise » a pour fonction complément d'objet direct (COD) du verbe « a découvert ». Il s'agit d'une proposition subordonnée conjonctive complétive.

b. Justifiez votre réponse en nommant et en expliquant sur votre copie deux manipulations syntaxiques. (2 points)

La manipulation de remplacement / pronominalisation : On peut remplacer toute la proposition par le pronom personnel « le » ou « cela » placé avant le verbe : *« Elle l'*a découvert » ou « Elle a découvert cela ». Le remplacement par « cela » est la caractéristique propre du COD.

La manipulation de suppression : On ne peut pas supprimer ce groupe de mots (« Elle a découvert. » n'a plus de sens complet ici). Le fait qu'il soit non supprimable et directement rattaché au verbe confirme sa fonction de complément d'objet direct essentiel.

8) Lignes 17-18 : « [Elle n’a brûlé aucune étape], [elle est étrangère à l’idée de privilège, à autre chose qu’au lent respect des procédures]. »

a. Quelle est la relation logique entre les deux propositions placées entre crochets ? (1 point) La relation logique implicite entre ces deux propositions juxtaposées est une relation de cause (la seconde proposition explique la raison de la première). Note : Une interprétation de conséquence est également acceptable (la seconde est la suite logique de la première).

b. Réécrivez cette phrase en remplaçant la virgule par une conjonction de coordination ou de subordination qui exprime la même relation logique. (1 point)

En exprimant la cause (coordination) : « Elle n’a brûlé aucune étape, car elle est étrangère à l’idée de privilège... »

En exprimant la cause (subordination) : « Elle n’a brûlé aucune étape parce qu'elle est étrangère à l’idée de privilège... »

9) Ligne 31 : « le surnom d’autres marins célèbres. »

a. Expliquez la formation du mot « surnom ». (1 point) Le mot « surnom » est formé par dérivation. Il est composé du préfixe sur- (qui signifie "au-dessus" ou "en plus") et du radical nom (issu du latin nomen).

b. Expliquez le sens de ce mot. (1 point) Un « surnom » est un nom court, familier ou qualitatif, ajouté ou substitué au véritable nom d'une personne, souvent inspiré par un trait physique, un trait de caractère ou une action d'éclat.

c. Donnez un nom commun et un verbe de la même famille que le mot « surnom ». (1 point)

Nom commun : une nomination, un prénom, le nominalisme, la renommée.

Verbe : surnommer, nommer, renommer.

10) Réécrivez le passage suivant en remplaçant « Elle » par « Elles ». Vous ferez toutes les modifications nécessaires. (10 points)

« Elles n’ont brûlé aucune étape, elles sont étrangères à l’idée de privilège, à autre chose qu’au lent respect des procédures. Elles ont découvert que le travail les apaise, le temps rassurant du labeur. Avec sérieux, de haute lutte, elles ont conquis leur autorité. »

 

Sujet de réflexion : Selon vous, les obstacles renforcent-ils la détermination des individus ?

Face aux épreuves du quotidien ou aux grands défis de l'existence, l'être humain se retrouve souvent confronté à des barrières qui menacent de freiner ses projets. Si ces difficultés peuvent initialement décourager, on peut se demander si les obstacles, loin d'anéantir nos forces, ne constituent pas plutôt le moteur essentiel qui renforce la détermination des individus.

Dans un premier temps, il est indéniable que l'obstacle agit comme un révélateur et un puissant stimulant pour la volonté humaine. Lorsqu'un parcours est trop fluide, la motivation peut s'émousser ; à l'inverse, la confrontation à une résistance oblige l'individu à puiser dans ses ressources cachées et à structurer son effort. C'est précisément ce que montre le parcours de la capitaine dans le roman Ultramarins de Mariette Navarro. Face aux préjugés sexistes d'un équipage qui remettait en cause ses capacités physiques et hormonales, elle n'a pas abandonné. Au contraire, cette hostilité ambiante l'a poussée à redoubler de rigueur et à suivre un « lent respect des procédures » pour conquérir son autorité « de haute lutte ». L'obstacle est ici le terreau même sur lequel s'est forgée sa légitimité. De même, dans le domaine artistique, de grands créateurs ont sublimé la difficulté. On pense au compositeur Ludwig van Beethoven qui, frappé par une surdité précoce et totale — le pire obstacle pour un musicien —, a trouvé dans cette tragédie la rage de composer ses plus grands chefs-d'œuvre, notamment la Neuvième Symphonie. L'obstacle n'a pas brisé son génie, il l'a rendu plus farouche et impérieux.

Dans un second temps, le dépassement des embûches confère à l'individu une force morale et une maturité nouvelles, transformant la réussite en une victoire personnelle significative. Traverser l'épreuve permet de mesurer sa propre valeur et d'acquérir une confiance inébranlable. En littérature, les récits d'apprentissage reposent tous sur ce principe. Dans Le Vieil Homme et la Mer d'Ernest Hemingway, le vieux pêcheur Santiago subit quatre-vingt-quatre jours de malchance avant de harponner un espadon géant, puis de devoir lutter seul au milieu de l'océan contre les requins qui dévorent sa prise. Bien qu'il rentre au port avec un simple squelette de poisson, sa détermination est sortie grandie de ce combat titanesque : il a prouvé qu'un « homme peut être détruit, mais pas vaincu ». Au cinéma, le film Whiplash de Damien Chazelle illustre cette même dynamique, parfois poussée jusqu'à l'obsession. Le jeune batteur de jazz Andrew subit les humiliations et les exigences sadiques de son professeur. Loin de briser sa carrière, ces barrières psychologiques et physiques extrêmes poussent le jeune homme à s'entraîner jusqu'au sang pour atteindre l'excellence et prouver sa valeur absolue.

En conclusion, si les obstacles peuvent abattre les esprits les plus fragiles, ils s'avèrent indispensables pour fortifier la détermination des tempéraments courageux. Ils obligent à l'introspection, forcent à la créativité et donnent toute sa saveur au succès. L'épreuve est en réalité une école de la résilience, car, pour reprendre la formule célèbre du philosophe Friedrich Nietzsche : « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort ».

Sujet d’imagination : Le discours de la commandante

« Bonjour à toutes et à tous. Je vous remercie de m'accueillir aujourd'hui dans votre école. Quand je regarde vos visages, je me revois au même âge, assise sur ces mêmes bancs, dévorant des récits d'aventures maritimes et rêvant d'horizons lointains. En tant que fille de commandant, la mer était mon évidence. Pourtant, le jour où j'ai enfin réalisé mon rêve et que je suis montée sur la passerelle de mon premier navire pour ma première traversée à long cours, le décor de carte postale s'est évaporé pour laisser place à une réalité bien plus tempétueuse.

Je me souviens de chaque seconde de ce voyage inaugural. Je me souviens de l'épuisement physique, des nuits sans sommeil où je courais d'un bout à l'autre du pont, habitée par la peur de mal faire et l'obsession de tout contrôler. Mais la fatigue n'était rien à côté de la lourdeur des regards qui pesaient sur moi. Sur ce navire, j'étais une anomalie. Dès que je tournais le dos, je voyais les sourires en coin, j'entendais les chuchotements ironiques de mes propres officiers. Ils pariaient ouvertement sur mon échec, prédisant que ma santé fléchirait ou que la dureté du métier finirait par me faire regretter le confort de la terre ferme.

Le plus douloureux a été de réaliser à quel point les préjugés étaient ancrés dans la chair même de ces marins. Pour eux, commander un équipage et affronter les éléments exigeait des attributs exclusivement masculins. J'ai dû entendre qu'une femme n'avait pas "les bras costauds", ni "les bonnes hormones" pour le long cours. On voulait me renvoyer à terre, dans une maison, pour y commander ce que la tradition patriarcale estime être "du ressort des femmes". J'ai ressenti une immense solitude, une colère froide face à cette condescendance et cette méfiance systématiques. Une fois, une seule, la tension a été si forte que j'ai serré le poing, prête à me battre physiquement pour arracher le respect qu'on me refusait.

Mais j'ai choisi une autre arme : celle de la compétence absolue, du sérieux et du respect millimétré des procédures. Et c'est là le cœur du message que je veux vous transmettre aujourd'hui. Le travail des femmes à des postes à responsabilité n'est pas un privilège concédé, c'est une nécessité absolue pour notre société et une stricte justice.

Pourquoi devrions-nous nous priver de la moitié des talents de l'humanité sous prétexte de stéréotypes archaïques ? À un poste de commandement, ce qui compte, ce ne sont pas les muscles ou le genre, c'est l'esprit de décision, la capacité à gérer le stress, l'expertise technique et la force morale. Les femmes possèdent ces qualités au même titre que les hommes. En accédant aux responsabilités, elles apportent une densité nouvelle, un regard complémentaire qui enrichit les structures professionnelles. Diriger n'est pas une question de genre, c'est une question de compétence et de légitimité conquise par le labeur.

Regardez-moi aujourd'hui. Après des années à naviguer, le féminin a fini par faire son chemin dans les esprits de mes équipes. On ne chuchote plus sur mon passage, on obéit aux ordres parce qu'ils sont justes et précis. Alors, à vous les filles qui m'écoutez, je dis : ne laissez jamais personne vous dicter les limites de vos ambitions. Ne vous laissez jamais enfermer dans des cases géographiques ou sociales. Et à vous les garçons, apprenez à voir en vos camarades des égales, des futures partenaires de travail et, pourquoi pas, vos futures directrices ou commandantes. La mer appartient à ceux qui savent la naviguer, et l'avenir appartient à toutes les compétences, sans distinction. Merci à vous. »

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 16/06/2026

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