Brevet 2026 français DOM-TOM, Antilles Guyane, Polynésie : corrigés complets (26 juin)

 

Corrige du sujet de francais brevet 2026

 

 

Découvre ici les corrigés complets du brevet de français 2026 pour les zones DOM-TOM, Antilles-Guyane et Polynésie française, pour l’épreuve du 26 juin.

Tu trouveras une analyse détaillée du texte, les réponses aux questions de compréhension et de langue, les exercices de réécriture ainsi que des propositions de rédaction entièrement rédigées, conformes aux attentes de l’épreuve.

 

 

 

 

 

Epreuve : DNB Général

Matière : Français parties 1 et 2

Centre : Antilles Guyane

Date : 26 juin 2026

Durée : 3h

 

 

Épreuve écrite de français 2026

Durée de l'épreuve : 3 heures

 

Sujet du DNB 2026

Deuxième partie

 

 

 

 

Le corrigé du brevet 2026

 

Compréhension et compétences d'interprétation (32 points)

 

1.

a) Parmi les titres suivants, recopiez celui qui correspond à l'ensemble du texte. (2 points)

La lecture est une demeure.

b) Vous justifierez votre choix en vous appuyant sur quatre éléments précis du texte. (4 points)

Ce titre résume le mieux le texte car Cristóbal découvre dans les livres un lieu stable où il peut enfin s'arrêter.

Premièrement, le narrateur explique que son enfance est marquée par « une suite de déplacements et de déménagements » (lignes 1-2), ce qui montre une vie instable.

Deuxièmement, lorsqu'il lit son premier roman, Cristóbal oublie complètement le voyage : « il oublia les aéroports et les gares, les trains et les valises » (lignes 7-8). La lecture lui permet donc d'échapper au mouvement.

Troisièmement, le texte affirme clairement : « pour Cristóbal, lire c'était rester » (ligne 12). Cette phrase résume toute sa conception de la lecture.

Enfin, la fin du texte compare les romans à « un havre sans départ ni exil » (ligne 25) puis à « une île entourée de terre » (ligne 26), deux images qui évoquent un refuge stable et protecteur.

2.

De la ligne 1 à la ligne 10, indiquez deux émotions contrastées qu'éprouve Cristóbal. Vous relèverez deux éléments précis pour justifier votre réponse. (4 points)

Au début du texte, Cristóbal éprouve d'abord une grande souffrance. Son enfance est présentée comme « un déchirement constant » (ligne 3), provoqué par les déménagements incessants.

Ensuite, grâce à la lecture, il ressent une émotion beaucoup plus positive. Lorsqu'il termine son roman, il est profondément bouleversé : « la gorge serrée et les yeux humides » (ligne 10). Malgré cette émotion intense, il éprouve également « l'émerveillement » (ligne 10), signe que la lecture lui apporte une expérience heureuse et enrichissante.

Ces deux émotions s'opposent : la douleur liée aux voyages laisse progressivement place à l'émerveillement suscité par les livres.

3.

a) Qu'est-ce qui permet à Cristóbal de « faire sa première rencontre avec l'immobilité » ? (1 point)

C'est la lecture de son premier roman qui lui permet de découvrir l'immobilité.

b) Expliquez cette citation en vous appuyant sur un passage précis du texte. (3 points)

Alors que les voyages obligent Cristóbal à changer constamment de lieu, la lecture lui permet de rester dans un univers fixe. Le passage « il oublia les aéroports et les gares, les trains et les valises » montre qu'il ne fait plus attention au déplacement réel puisqu'il est entièrement absorbé par son livre.

Par la lecture, il cesse donc de subir le mouvement permanent de son enfance et découvre un espace intérieur stable. Les livres deviennent ainsi le contraire des voyages.

4.

« Les romans sont une île entourée de terre. » (lignes 25-26)

Identifiez au moins une figure de style dans cette phrase et expliquez-la en prenant appui sur les lignes 19 à 26. (6 points)

Cette phrase repose d'abord sur une métaphore. Les romans sont comparés à une île, sans utiliser d'outil de comparaison. Habituellement, une île est entourée par la mer ; ici, Miguel Bonnefoy inverse cette image en écrivant qu'elle est « entourée de terre ». Cette inversion surprend le lecteur et souligne l'originalité de la réflexion.

Cette métaphore signifie que les livres constituent un refuge au milieu du monde réel. Les lignes précédentes développent cette idée : les livres possèdent « l'immobilité du métal et de l'agate » (ligne 19), ils représentent « la fondation invariable des hommes » (ligne 23) et offrent « un havre sans départ ni exil » (ligne 25).

Ainsi, les romans deviennent un lieu de stabilité où Cristóbal peut retrouver la paix alors que le monde extérieur est marqué par le changement permanent.

5.

Cristóbal préfère-t-il les voyages ou la lecture ? Vous organiserez votre réponse en comparant leurs effets. Deux éléments justifiés sont attendus. (6 points)

Cristóbal préfère clairement la lecture.

Les voyages ont d'abord un effet négatif. Ils provoquent « un déchirement constant » (ligne 3), un sentiment d'instabilité et d'arrachement. Son enfance est marquée par les déménagements successifs qui l'empêchent de s'attacher durablement à un lieu.

À l'inverse, la lecture produit un effet apaisant. Les livres restent toujours les mêmes, quel que soit le pays où il se trouve : « les romans de sa jeunesse ne changeaient pas » (ligne 15). Ils lui apportent « un apaisement plus rassurant que celui des noms des pays » (ligne 18). Les romans deviennent ainsi un refuge qui lui permet d'échapper au désordre de son existence.

Même si Cristóbal continue à voyager, c'est dans la lecture qu'il trouve la stabilité dont il a besoin.

6. Image (6 points)

Voici l'image proposée :

(Edward Hopper, Compartment C, Car 293)

L'image représente une femme assise seule dans le compartiment d'un train. Elle porte une robe sombre et un chapeau. Elle est absorbée par la lecture d'un livre ou d'un carnet posé sur ses genoux. À côté d'elle, on aperçoit la fenêtre du train qui laisse entrevoir un paysage extérieur. L'intérieur du wagon est calme, presque silencieux. La lumière éclaire la lectrice et crée une atmosphère paisible et intime.

Cette image entretient plusieurs liens avec le texte.

D'abord, comme Cristóbal, la voyageuse lit pendant un déplacement. Le train symbolise le voyage, tandis que le livre lui permet de s'isoler du monde extérieur. La lecture prend le dessus sur le déplacement lui-même.

Ensuite, Hopper montre une personne immobile au cœur du mouvement. Bien que le train avance, la femme paraît totalement absorbée par son livre. Cette impression rejoint l'idée développée par Miguel Bonnefoy : « lire c'était rester ». Grâce à la lecture, le personnage semble oublier le voyage et trouver un moment de calme.

Enfin, les deux œuvres mettent en valeur le caractère protecteur de la lecture. Chez Bonnefoy, les romans sont « un havre sans départ ni exil » ; chez Hopper, le compartiment devient un espace de solitude et de sérénité où la lectrice peut se retirer du monde.

Ainsi, le texte et l'image montrent tous deux que la lecture permet de créer un refuge intérieur capable de suspendre le temps et d'effacer le mouvement du voyage.

Grammaire et compétences linguistiques (18 points)

7. À quelles natures grammaticales appartiennent les mots « déchirement » (ligne 3) et « rapidement » (ligne 6) ? (1 point)

« déchirement » est un nom commun.

« rapidement » est un adverbe de manière.

8. « Il demeurait ainsi auprès de ses livres comme on serait resté auprès de bêtes. »

a) Quelle est la nature grammaticale du groupe de mots souligné ? (1 point)

Le groupe de mots « auprès de ses livres » est un groupe prépositionnel (ou complément circonstanciel de lieu introduit par la préposition « auprès de »).

b) Nommez et effectuez deux manipulations grammaticales pour justifier cette nature. (2 points)

Première manipulation : le déplacement.

Le groupe peut être déplacé dans la phrase :

« Auprès de ses livres, il demeurait ainsi. »

La phrase reste correcte.

Deuxième manipulation : la suppression.

« Il demeurait ainsi. »

La phrase conserve un sens grammatical, même si elle perd une précision de lieu.

Ces deux manipulations montrent qu'il s'agit d'un complément circonstanciel de lieu exprimé par un groupe prépositionnel.

9. « déracinements » (ligne 2)

a) Expliquez la formation du mot et donnez son sens en contexte. (2 points)

Le mot « déracinements » est construit à partir :

du radical « racine » ;

du préfixe « dé- », qui exprime l'idée de séparation ou d'éloignement ;

du suffixe « -ment », qui permet de former un nom d'action.

Dans le texte, « déracinements » désigne le fait d'être arraché à son lieu de vie, à ses habitudes ou à son environnement familial à cause des déménagements successifs.

b) Donnez deux mots de la même famille. (2 points)

Par exemple :

déraciner ;

enracinement.

On pouvait également proposer :

racine ;

enraciner ;

enraciné ;

déraciné.

10. Réécriture (10 points)

Consigne :

Réécrivez le passage suivant en commençant par :

« Ce furent des romans. Je... »

Corrigé

Ce furent des romans. Je les commençai lors d'un énième voyage avec mes parents et, rapidement, plongé dans la lecture, sans lever les yeux, j'oubliai les aéroports et les gares, les trains et les valises, car je les avais lus jusqu'à la fin sans m'en rendre compte, sans prêter attention aux gens autour.

Explications des transformations

Les principales modifications étaient les suivantes :

  • « Ce fut un roman » → « Ce furent des romans ».
  • « Il » → « Je ».
  • « le » → « les ».
  • « commença » → « commençai ».
  • « ses parents » → « mes parents ».
  • « il oublia » → « j'oubliai ».
  • « il l'avait lu » → « je les avais lus ».
  • Accord du participe passé : « lus », car il s'accorde avec le COD « les », placé avant l'auxiliaire.
  • « s'en rendre compte » → « m'en rendre compte ».

 

 

Vous traiterez à votre choix l’un des sujets suivants :

  • Sujet d’imagination
  • Lors d’un voyage, Venezuela, la mère de Cristóbal, écrit à une amie pour lui faire part du comportement de son fils, plongé dans ses lectures. Elle lui confie aussi ses sentiments, ses questions et évoque enfin sa propre relation à la lecture.
  • Rédigez cette lettre en prenant appui sur le texte de Miguel Bonnefoy.

 

Chère Isabel,

Je profite d'une escale pour t'écrire quelques lignes. Nous sommes encore sur la route, entre deux villes, deux pays, deux paysages qui défilent sans que nous ayons le temps de nous y attacher. Notre vie ressemble à une longue traversée dont je ne vois parfois plus le terme.

Cristóbal, lui, semble avoir trouvé une étrange façon de supporter cette existence. Depuis quelque temps, il ne quitte plus ses romans. Dès que nous montons dans un train ou dans un avion, il ouvre un livre et s'y plonge avec une telle concentration qu'il oublie tout ce qui l'entoure. Il ne regarde plus les paysages, n'écoute plus les annonces dans les gares et ne remarque même plus les voyageurs qui s'installent près de lui.

L'autre jour, lorsqu'il a terminé son roman, je l'ai vu refermer doucement le livre. Il avait les yeux brillants et la gorge serrée. J'ai compris qu'il venait de vivre une aventure bien plus forte que notre voyage. Je lui ai simplement dit : « Lire, c'est voyager. » Mais, en le regardant davantage, je me suis demandé si ce n'était pas tout le contraire. Pour lui, les livres semblent être le seul endroit où il peut enfin s'arrêter. Ils ne changent jamais, contrairement aux villes où nous passons sans cesse. Ils lui offrent un refuge que je suis incapable de lui donner.

Je t'avoue que cela me touche autant que cela m'inquiète. Est-il heureux dans cet univers de papier ? Ne risque-t-il pas de se couper du monde réel ? Ou bien a-t-il simplement trouvé une manière de supporter cette vie de déménagements et de départs continuels ? Je me pose beaucoup de questions. Peut-être que les livres lui donnent les racines que nos voyages lui refusent.

Pour ma part, j'ai toujours aimé lire. Les livres m'ont souvent apporté du réconfort dans les moments difficiles. Ils permettent de rencontrer des personnages, de réfléchir à sa propre vie et de découvrir d'autres horizons. Pourtant, je n'avais jamais compris à quel point ils pouvaient devenir un véritable refuge. En observant mon fils, je découvre une nouvelle façon de lire. Pour lui, un roman n'est pas seulement une histoire : c'est une maison où il peut enfin demeurer.

J'espère qu'un jour nos voyages seront moins nombreux et que Cristóbal pourra grandir dans un lieu où il se sentira pleinement chez lui. En attendant, je suis heureuse de voir que les livres lui offrent un peu de paix au milieu de notre existence mouvementée.

J'espère que tout va bien pour toi. Donne-moi de tes nouvelles lorsque tu en auras le temps. Elles me feront le plus grand plaisir.

Je t'embrasse affectueusement.

Venezuela

 

  • Sujet de réflexion
  • La littérature et l’art permettent-ils de voyager ?
  • Dans un développement organisé, vous illustrerez vos arguments en prenant appui sur votre culture générale (littérature, cinéma, musique…)

 

 

La plupart des personnes pensent qu'il faut partir loin pour voyager. Pourtant, il est aussi possible de découvrir des lieux, des époques ou des émotions grâce à un livre, un film ou une œuvre d'art. La littérature et les arts stimulent notre imagination et nous transportent dans des univers différents. Nous pouvons donc nous demander si la littérature et l'art permettent réellement de voyager.

Tout d'abord, la littérature permet de voyager en faisant découvrir des pays, des cultures et des époques sans quitter son fauteuil. En lisant un roman, le lecteur suit les personnages dans leurs aventures et imagine les paysages qu'ils traversent. Par exemple, dans Le Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne, Phileas Fogg parcourt de nombreux pays. Le lecteur visite ainsi l'Inde, le Japon ou les États-Unis tout en restant chez lui. De la même manière, les romans historiques nous transportent dans le passé et nous permettent de mieux comprendre d'autres civilisations. La lecture ouvre donc une fenêtre sur le monde.

Les autres formes d'art permettent également de voyager. Le cinéma nous fait découvrir des décors magnifiques ou des univers imaginaires. Par exemple, les films Le Seigneur des Anneaux emmènent les spectateurs dans la Terre du Milieu, un monde peuplé de créatures fantastiques. La musique peut aussi nous faire voyager grâce à ses rythmes et à ses sonorités. En écoutant une musique traditionnelle africaine, espagnole ou japonaise, nous découvrons une partie de la culture de ces pays. Enfin, la peinture nous invite parfois à contempler des paysages ou des scènes de vie qui nous transportent ailleurs. Les œuvres d'Edward Hopper, par exemple, racontent des histoires silencieuses qui laissent une grande place à l'imagination du spectateur.

Cependant, ce voyage est différent d'un véritable déplacement. Lire un livre ou admirer une œuvre ne permet pas de ressentir la chaleur d'un pays, de goûter sa cuisine ou de rencontrer ses habitants. Le voyage artistique est avant tout un voyage intérieur. Il développe notre imagination, notre sensibilité et notre réflexion. C'est ce que montre le texte de Miguel Bonnefoy : pour Cristóbal, les livres ne remplacent pas les voyages, mais ils lui offrent un refuge et une autre manière de parcourir le monde.

Pour conclure, la littérature et l'art permettent bien de voyager, même si ce voyage est avant tout imaginaire et personnel. Grâce aux livres, aux films, à la musique ou à la peinture, nous découvrons des lieux, des cultures et des émotions nouvelles. Ces voyages nourrissent notre curiosité et montrent que l'on peut partir très loin sans quitter la place où l'on se trouve. Comme le dit le texte étudié, la lecture est parfois le plus beau des voyages, non parce qu'elle nous emmène ailleurs, mais parce qu'elle transforme notre regard sur le monde.

 

 

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Sujets du brevet de français 2024 session juin 

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Sujets du brevet 2023 session de juin

Session septembre 2023

 

 

 

Epreuve : DNB Général

Matière : Français parties 1 et 2

Centre : Polynésie française

Date : 26 juin 2026

Durée : 3h

 

 

Épreuve écrite de français 2026

Durée de l'épreuve : 3 heures

 

Sujet du DNB 2026

Deuxième partie

 

 

 

 

Le corrigé du brevet 2026

 

 

Première partie : Travail sur le texte littéraire et l’image (50 points)

Compréhension et compétences d’interprétation (30 points)

1. À quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez avec au moins un élément du texte. (2 points)

Ce texte appartient au genre théâtral (ou texte dramatique). On le reconnaît à la présence des didascailes initiales (qui précisent le lieu et l'année : « Polynésie française. Tahiti. Pape’ete… ») et à l'alternance des répliques précédées du nom des personnages en gras (« Terai : », « Henri : »).

2. Dites où et quand se déroule l’action du texte. (2 points)

L'action se déroule en Polynésie française, plus précisément à Papeete (sur l'Avenue Bruat) à Tahiti. Elle se passe en 1980, un mercredi.

3. « La marche ». De quel type de « marche » s’agit-il ? Vous répondrez en vous appuyant sur les différents indices du texte. (2 points)

Il s'agit d'une marche de protestation, c'est-à-vis une manifestation pacifique et militante. Les indices qui le montrent sont l'utilisation d'un « pu » (instrument pour appeler au rassemblement), la fabrication de « banderoles » et de « petites pancartes » (ligne 26), ainsi que le but de l'action : « pour dire non » (ligne 10).

4. Pourquoi Terai a-t-il décidé de rejoindre Henri ? (2 points)

Terai a décidé de rejoindre Henri car il constate que son environnement se dégrade (« notre monde change à vue d’œil… Mais trop vite ») et parce qu'il a été touché par la démarche solitaire et courageuse d'Henri qui manifeste chaque mercredi.

5. « pour dire non à tout ça… » (ligne 10) : de quoi Terai parle-t-il ? (2 points)

Terai fait référence aux essais nucléaires réalisés en Polynésie française (comme indiqué dans le chapeau introductif du texte) et plus largement aux bouleversements économiques et sociétaux brutaux que cela entraîne à Tahiti.

6. Pourquoi peut-on dire qu’Henri et ses amis sont courageux ? Donnez deux raisons en vous appuyant sur le texte. (2 points)

On peut dire qu'ils sont courageux pour deux raisons principales :

Ils font face à l'hostilité et à la désapprobation générale : Ils subissent le regard critique de la population, la honte des proches (« Mes parents ont honte de moi ») et des agressions verbales (« plein de gens au bord de la route qui nous lancent des insultes »).

Ils manifestent en situation de forte minorité : Ils sont très peu nombreux (« au début j'étais presque seul », « on est pas beaucoup plus ») face à une majorité de personnes qui soutiennent la situation pour des raisons financières (« de bons salaires »).

7. « C’est déjà grand de marcher. » (ligne 27)

a) Comment comprenez-vous cette phrase ? Développez votre réponse. (4 points)

Henri cherche à valoriser l'action de Terai, qui se sent inutile ou timoré. Par cette phrase, il explique que chaque acte de résistance, aussi simple soit-il, a une valeur immense. Marcher, c'est refuser de se taire, c'est rendre visible une opposition et sortir de la passivité. Il n'y a pas besoin de faire de grands discours (« haranguer les foules ») pour agir concrètement et avec dignité.

b) « Il faut le faire. » Pourquoi Henri affirme-t-il cela ? (2 points)

Henri affirme cela car il croit en la force de l'exemple et de la persévérance. C'est en osant commencer à quelques-uns, de manière visible, qu'ils pourront éveiller les consciences et inciter d'autres personnes à les rejoindre plus tard (« comme ça, demain, on sera peut-être un peu plus nombreux »).

8. En parcourant l’ensemble du texte et en vous appuyant sur vos réponses précédentes, montrez par quels moyens variés Émilie Génaédig met en valeur la lutte d’Henri Hiro et d’autres Polynésiens en 1980. Vous rédigerez une réponse argumentée et structurée. (6 points)

Exemple de rédaction :

Émilie Génaédig met en valeur cette lutte à travers plusieurs procédés littéraires et dramatiques. Tout d'abord, elle utilise le genre théâtral pour donner une dimension vivante et humaine au combat. Le dialogue direct permet de confronter la détermination philosophique d'Henri aux doutes très réalistes et touchants de Terai, ce qui rend les personnages profondément humains et héroïques dans leur quotidien.

Ensuite, l'autrice insiste sur le contraste et l'isolement des manifestants. En montrant qu'ils luttent presque seuls contre l'opinion publique (attirée par l'argent des essais) et qu'ils subissent des insultes, elle érige leur démarche en un acte de pur dévouement moral.

Enfin, elle recourt à des symboles forts à travers les notes et les répliques : le paréo traditionnel et le pu ancrent la lutte dans la défense de l'identité et de la culture polynésienne face à la modernité destructrice. Par les mots de la fin d'Henri, l'autrice transforme une simple marche de rue en une leçon universelle de courage et d'espoir.

9. Décrivez et commentez l’image en la mettant en lien avec l’extrait des Champignons de Paris. (6 points)

(Note : L'image n'étant pas affichée dans votre énoncé, voici le commentaire méthodologique type attendu pour ce sujet du brevet, qui représente généralement Henri Hiro en paréo manifestant à Papeete).

L'image (souvent une photographie d'archive ou une illustration) représente Henri Hiro marchant dans les rues de Papeete. On peut y observer un homme vêtu d'un simple paréo traditionnel, avançant avec détermination, parfois en tenant un pu ou une pancarte.

Cette image fait directement écho au texte : elle illustre visuellement la solitude du manifestant évoquée à la ligne 11 (« j'étais presque seul ») ainsi que le dépouillement de sa démarche (le paréo face à l'urbanisation de l'Avenue Bruat). L'image renforce le message de la pièce en opposant la fragilité physique de l'homme nu à la force spirituelle et politique de son engagement.

Grammaire et compétences linguistiques (20 points)

10. « On est pas beaucoup plus. » (ligne 12). Réécrivez la phrase de façon plus correcte. (2 points)

À l'écrit et dans un niveau de langue correct, il ne faut pas oublier la première partie de la négation (ne).

« On **n’**est pas beaucoup plus. » (ou « Nous ne sommes pas beaucoup plus. »)

11. « J’étais presque seul. » (ligne 11). Donnez la fonction grammaticale de l’adjectif souligné. (1 point)

L'adjectif « seul » est attribut du sujet « J’ » (mis pour Henri), par l'intermédiaire du verbe d'état « étais » (être).

12. « J’aimerais bien être ailleurs » (ligne 23).

a) Quel est le temps du verbe conjugué ? (1 point) : Le verbe est conjugué au conditionnel présent.

b) Quelle est sa valeur ? (1 point) : Il exprime ici un souhait (ou un regret/un désir timide dans une situation inconfortable).

13. « courageux » (ligne 24) Donnez deux mots de la même famille. (2 points)

Courage (nom commun)

Courageusement (adverbe)

Encourager (verbe)

14. « cette marche » (ligne 16) / « je marche » (ligne 26). Montrez que dans ces deux phrases, le mot « marche » n’appartient pas à la même classe grammaticale. (3 points)

Dans « cette marche », le mot est précédé du déterminant démonstratif « cette » : c'est un nom commun (féminin singulier).

Dans « je marche », le mot est précédé du pronom personnel sujet « je » : c'est un verbe (le verbe marcher conjugué au présent de l'indicatif, à la 1ère personne du singulier).

Seconde partie : Réécriture (10 points)

« Nous ne faisons rien de grand pourtant, nous ne sommes pas en train de haranguer les foules, voilà, nous nous sommes contentés de peindre nos banderoles, nos petites pancartes (…) »

Vérification des modifications :

Je ne fais $\rightarrow$ Nous ne faisons

je ne suis $\rightarrow$ nous ne sommes

je me suis contenté $\rightarrow$ nous nous sommes contentés (accord du participe passé avec le sujet nous).

mes banderoles, mes petites pancartes $\rightarrow$ nos banderoles, nos petites pancartes

 

  • Sujet d’imagination
  • « C’est courageux d’être là avec nous. » Comme Terai, il vous est arrivé de trouver le courage d’affronter le regard des autres.
  • Racontez cette expérience sous la forme d’un récit dans lequel vous exprimerez vos sentiments.

 

Le cœur battant à tout rompre, je fixais la double porte de la salle de conférence. Derrière elle se trouvaient plus de cent personnes : mes camarades de classe, des professeurs, et des parents d'élèves. Ce jour-là, j’avais accepté de participer au concours d'éloquence du collège. Pourtant, à cet instant précis, l'idée même de monter sur scène me paraissait être la pire décision de ma vie.

Une boule d'angoisse me nouait l'estomac. Je sentais mes mains devenir moites et mes jambes fléchir, prêtes à se dérober. Le « regard des autres » me terrifiait. Dans mon esprit, ce public n'attendait qu'une chose : que je trébuche, que ma voix déraille ou que j'oublie mon texte. Je me sentais minuscule, vulnérable, exposé au jugement implacable de la foule. La tentation de faire demi-tour et de fuir par la sortie de secours était immense.

C’est alors que mon professeur de français s'est approché. Il a posé une main bienveillante sur mon épaule et m'a dit à voix basse : « C’est courageux d’être là avec nous. Tu as des choses importantes à dire, écoute-toi toi-même, pas leurs murmures. »

Ces mots ont agi comme un déclic. Une étrange vague de chaleur a remplacé le froid de la panique. J'ai réalisé que le courage ne consistait pas à ne pas avoir peur, mais à avancer malgré elle. J’ai pris une immense inspiration, j'ai redressé les épaules et j'ai poussé la porte.

Quand mon nom a été prononcé, j’ai marché vers le micro. Le silence s'est fait. Pendant les premières secondes, les dizaines de visages tournés vers moi m'ont donné le vertige. Puis, j'ai ancré mon regard sur un point au fond de la salle et j'ai commencé à parler. Ma voix, d'abord tremblante, s'est assurée au fil des phrases. Je ne voyais plus des juges sévères, mais des personnes qui m'écoutaient. En descendant de l'estrade, sous les applaudissements, une fierté immense m'a submergé. J'avais affronté mes démons et, pour la première fois, le regard des autres ne m'avait pas détruit : il m'avait porté.

 

  • Sujet de réflexion
  • « Notre monde change à vue d’œil… Il change… Mais trop vite. » Pensez-vous que le changement soit bénéfique pour la société ?
  • Vous développerez votre réponse dans un texte organisé, en vous appuyant sur des exemples littéraires, historiques ou encore sur vos expériences personnelles.

 

Notre époque est marquée par des mutations technologiques, culturelles et environnementales d'une rapidité sans précédent, ce qui pousse certains à affirmer que « notre monde change à vue d’œil […] mais trop vite ». Face à cette accélération, on peut se demander si le changement est fondamentalement bénéfique pour la société. Si la nouveauté apporte des progrès indispensables à l'évolution humaine, elle peut aussi engendrer des dérives et une perte de repères si elle n'est pas maîtrisée.

D'une part, le changement est le moteur indispensable du progrès social et humain. L'Histoire nous montre que refuser le changement revient souvent à stagner dans des injustices. Par exemple, les luttes pour les droits civiques ou l'évolution des droits des femmes au XXe siècle ont bousculé les traditions de l'époque, mais elles ont permis de construire une société plus juste et égalitaire. De même, sur le plan scientifique, les innovations médicales — comme la découverte des antibiotiques ou l'essor de la chirurgie moderne — ont radicalement amélioré l'espérance et la qualité de vie. Le changement est donc synonyme d'émancipation et d'amélioration des conditions de vie.

D'autre part, lorsque le changement se fait « trop vite », il peut devenir source d'angoisse, d'exclusion et de destruction. La vitesse des mutations technologiques actuelles, notamment avec l'intelligence artificielle ou la numérisation à outrance, laisse parfois de côté les générations plus âgées ou les personnes les moins formées, créant une fracture sociale. De plus, le changement frénétique lié à la surconsommation a des conséquences écologiques désastreuses, comme le rappelle la crise climatique actuelle. En littérature, les récits de science-fiction ou les dystopies, à l'image du roman Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley, nous alertent précisément sur les dangers d'une société qui change trop vite technologiquement au détriment de son humanité et de ses valeurs morales.

En conclusion, le changement est globalement bénéfique car il permet à la société d'évoluer, de corriger ses erreurs passées et d'innover. Cependant, pour qu'il reste positif, il doit être accompagné, réfléchi et régulé. Le défi de notre siècle n'est pas d'empêcher le monde de changer, mais de veiller à ce que ce changement se fasse au service de l'humain et du respect de sa planète, et non à leur détriment.

 

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Date de dernière mise à jour : 13/07/2026

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